« Les bonnes âmes de Sarah Court » – Craig Davidson

Connaissez-vous Sarah Court? Ce n’est sans doute pas là que vous passerez vos prochaines vacances.

C’est un petit lotissement comme il en existe partout dès qu’un bout terrain, même pourri,devient constructible…Cinq maisons plantées dans un coin de l’Ontario, au nord des chutes du Niagara. Cinq maisons banales, les vies de cinq familles toutes aussi paumées, écrites dans cinq chapitres…tous noirs par leur titre et aussi leur histoire. 

« Certains qualifient ce patelin de repaire de laideur abritant quelques très belles personnes ; d’autres estiment au contraire qu’il s’agit d’un lieu d’une beauté singulière abritant quelques irréductibles salauds. »  

Dans ces familles vivant entourées d’écureuils courant dans les prairies, on trouvera un batelier spécialisé dans la recherche des corps de ceux qui tentent la descente des chutes, un neurochirurgien alcoolique ne pouvant plus exercer, la fille d’un artificier mort dans l’explosion de sa maison, un orphelin, et j’en passe. 

Aucun d’eux n’est banal.

Tous aussi paumés les uns que les autres, des personnages qui se croisent, interagissent sur plusieurs générations…pas toujours aisés à suivre, loin de là, surtout quand on les découvre dans des situations paraissant parfois improbables. 

J’ai eu l’impression de me promener dans un puzzle…de découvrir des parts de personnages, dont on apprend au fil des pages les liens avec les autres…des personnages qu’on abandonne, puis qu’on retrouve bien des pages plus tard…des personnages dont les histoires interagissent avec celles d’autres.

J’avoue que je n’ai pas été totalement séduit par ces pages et ces personnages, presque tous déglingués et déjantés. Ni non plus par cette construction paraissant décousue et hachée.

Je n’ai pu m’attacher qu’à deux personnages, un gamin obèse et Patience.

Les caractères des personnages sont cependant assez finement décrits, sans aucune complaisance toutefois.

Le projet me séduisait, mais la construction déconcertante, le glauque parfois de certaines situations, de certaines parts de leurs passés, de de certains personnages ne m’ont pas permis de trouver totalement le plaisir attendu. Plaisir partiel toutefois.

Je ne souhaite pas rester sur cette impression tranchant avec d’autres commentaires, une impression peut-être due à des préoccupations personnelles qui me tracassaient l’esprit au moment de cette lecture… je vais sans doute relire ce titre dans quelques semaines ou mois, et faire plus ample connaissance avec l’auteur. 

Peut-être suis-je passé à côté, attiré par une quatrième de couverture et une proposition de découverte d’un auteur, et d’un coin de notre monde auxquelles je n’ai pu résister. 

Merci à Babelio et à Masse critique. Merci aux éditions Albin Michel 

Editions Albin Michel – Collection Terres d’Amérique – 2019 – Traduction : Eric Fontaine


Présentation de Craig Davidson


Quelques lignes (Les numéros de pages sont ceux des épreuves non corrigées qui m’ont été transmises par l’éditeur)

  • « Certaines créatures vivent à la manière des étoiles : une vive et puissante combustion qui réduit en cendres les êtres qu’il côtoient, amis aussi eux-mêmes. Leurs vies sont des brasiers au cœur desquels ils trouvent leur bonheur. Ils se consument à petit feu jusqu’à ce qu’il ne reste que le désir des flammes. » (P. 40)
  • « Le seul détail inquiétant, lorsqu’on n’a pas connu ses parents, c’est qu’on ne se connaît pas vraiment soi-même. On ne sait jamais de quoi on est capable, parce qu’on ignore tout de ses racines. Les travers de leurs ramifications. Ce qu’elles touchent et ce qu’elles n’atteignent pas.  » (P. 83) 
  • « ….un cerveau endommagé c’est une vieille voiture à la casse qui, lorsqu’on tourne la clé de temps en temps, arrive à redémarrer. » (P. 160) 
  • « On dit que la seule façon de briser de telles chaînes, c’est de quitter l’endroit où elles ont été forgées. Et pourtant, toute ville n’est rien d’autre qu’une boîte sans couvercle, pas vrai? Si vous choisissez de na pas sortir de la boîte, peut-on pour autant qualifier l’endroit de piège? » (P. 312)

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