"La vie secrète des arbres" – Peter Wohlleben

« La lecture, une porte ouverte sur un monde enchanté »…c’est ainsi que François Mauriac définissait ce plaisir…

Double plaisir avec « La vie secrète des arbres » de Peter Wohlleben.

Plaisir d’enfant d’abord, celui que j’eus ainsi que mes petits-enfants, plaisir de tourner ces grandes pages de beau papier glacé, plaisir d’être surpris par la beauté des photos de sous-bois, d’arbres torturés ou majestueux, plaisir de partager le regard de Peter Wohlleben, garde forestier, plaisir de ces sous-bois, de ce monde enchanté qu’est la forêt..

Plaisir également de découvrir ce texte, de découvrir d’un monde que je pensais, connaître parce que j’aime m’y promener.

Comme beaucoup, je n’en connaissais que les odeurs, le calme de ce monde que je foule depuis des années, comme beaucoup, à la recherche de champignons, d’odeurs ou de sérénité…

J’ignorais qu’« Une poignée de terre forestière contient plus d’organismes vivants qu’il y a d’êtres humains sur Terre. Une cuillère à café contient déjà à elle seule un kilomètre de filaments de champignons. Tous ces organismes ont une action sur le sol; ils le modifient, l’amendent, lui donnent sa valeur pour les arbres. »

Oui ce monde est trop méconnu.

J’en ignorais le fonctionnement. Je ne savais pas, et je ne suis pas le seul, que le peuple des arbres communique, par ses racines, s’entraide, entre aînés et plus jeunes, entre bien-portants et malades, surpris d’apprendre qu’ils échangent entre eux, s’avertissant des dangers, qu’ils pensent et sont doués d’une forme de mémoire. 

Peter Wohlleben nous le prouve.

Et surtout, depuis cette lecture, je ne vois plus du tout ni ce monde de la forêt, ni ces arbres isolés de nos villes avec le même regard. J’ai appris la souffrance des arbres urbains enfermés sous le bitume de nos rues et de nos places, bloqués dans leur développement par les sols compactés, par nos réseaux divers, isolés les uns des autres.

Je suis passé de surprise en surprise, de découverte en découverte : de la profondeur du sous-sol au sommet de leur frondaisons, ils vivent grâce à la présence de milliers d’animaux, d’insectes de bactéries… sans eux pas de vie…Sans ces inter-actions et cette réciprocité, pas de forêt.

Un livre écrit pas un passionné-expert qui nous confirme tout l’intérêt que nous devrions porter à la protection de ces forêts et de notre environnement pour la vie de notre monde et notre avenir.

Les hommes et les arbres ont tant de points communs !

« L’exploitation du bois doit se faire dans le respect des besoins spécifiques des arbres. Cela signifie qu’ils doivent pouvoir satisfaire leurs besoins d’échange et de communication, qu’ils doivent pouvoir croître dans un véritable climat forestier, sur des sols intacts, et qu’ils doivent pouvoir transmettre leurs connaissances aux générations suivantes. » (P. 329) 

Un très, très beau livre à offrir, à s’offrir. 

Éditeur : Les Arènes – 2018 – 333 pages


Lien vers la présentation de Peter Wohlleben


Quelques lignes

  • « Les racines d’un arbre s’étendent sur une surface qui dépasse de plus du double l’envergure de la couronne. Il en résulte un entrelacement des ramifications souterraines qui crée autant de points de contact et d’échanges entre les arbres. » (P. 27)
  • « D’après les statistiques, un arbre engendre un seul et unique successeur, lequel prendra sa place le moment venu. D’ici là, des graines vont germer, de jeunes descendants vont grandir puis végéter à l’ombre quelques années, voire quelques décennies, jusqu’au jour où ils vont rendre leur dernier souffle. Ils sont nombreux dans ce cas. » (P. 54)
  • « Un arbre est constitué à peu de choses près du même pourcentage d’eau qu’un corps humain. » (P. 96)
  • « Le tronc d’un hêtre adulte a par exemple besoin pour sa croissance du même volume de sucres et de cellulose qu’un hectare de blé. On peut comprendre qu’il faille non pas une mais 150 années à une formation de cette envergure pour se construire. » (P. 238)
  • « Dans une forêt naturelle, les arbres d’une même espèce possèdent des patrimoines génétiques extrêmement différents. Chez l’homme, nous sommes au contraire génétiquement très proches, tous parents, du point de vue de l’évolution. En comparaison, les hêtres d’un peuplement donné sont génétiquement aussi éloignés les uns des autres que des espèces animales différentes. Il en résulte que, pris isolément, chaque arbre possède des caractéristiques distinctes. » (P. 280)

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