« La Jeune Fille à la perle » – Tracy Chevalier

«Vous savez que le tableau a besoin de cette lumière que reflète la perle. Elle le complète», murmura-t-il.

…Un petit reflet qui fascine tous ceux qui admirent le tableau, tout ceux qui admirent le travail de Vermeer…un petit détail qui illumine le tableau et le transforme en chef-d’oeuvre…à l’image des deux autres petits reflets donnant vie au regard de la jeune fille.

Griet est une jeune fille née dans une famille de faïenciers de Delft, fabriquant cette fameuse porcelaine blanche à décors bleus faisant la renommée mondiale de la ville.

Son père, apprécié de tous était le responsable de la Guilde collectant de l’argent pour aider les artisans et artistes en difficulté. Aujourd’hui il est aveugle à la suite de l’explosion d’un four, et ne peut plus subvenir aux besoins de la famille.

Griet, sa fille doit être placée comme bonne à tout faire chez Johannes Vermeer, un peintre. Elle n’a que 16 ans.

Là, Griet sera chargée des courses, de la lessive, du repassage du linge familial, mais également de l’achat de vessies de porc, essentielles pour la conservation de peintures et de l’entretien de l’atelier du peintre, qui très rapidement l’appréciera pour sa discrétion et sa compétence….ce qui ne manque pas d’attiser les jalousies des femmes proches du Maître, son épouse, et sa belle-mère notamment…et de faire naître des ragots qui se propagent en ville.

Le roman de Tracy Chevalier fourmille de détails décrivant l’époque, les quartiers de la ville de Delft, la vie du peintre et de sa famille, le contexte historique et religieux du XVII ème siècle, papistes et protestants….toutes ces précisions donnent vie et intérêt au roman. 

Elle évoque également le travail de Vermeer, ses soucis du détail et de la perfection, les techniques utilisées par Vermeer lors de la composition de ses toiles. Ce tableau mondialement connu et apprécié est parfois appelé « La Joconde du Nord »…un petit détail, une toute petite perle fit la renommée du peintre.

“Les détails font la perfection, et la perfection n’est pas un détail.” …Léonard de Vinci l’avait dit presque 150 ans plus tôt.

Pour ma part j’ai été également fasciné par les deux sourires de ces deux jeunes femmes, ces deux Jocondes, et captivé par le travail de Tracy Chevalier. 

Une petite perle !

Éditions Quai Voltaire-Folio – Traduction : Marie-Odile Fortier-Masek – 2003 – Parution initiale en 1999 – 313 pages


Lien vers la présentation de Tracy Chevalier


Quelques lignes

  • « À vrai dire, je ne connaissais pas de catholiques. Ils n’étaient pas nombreux à Delft et il n’y en avait ni dans notre rue ni parmi les commerçants que nous fréquentions, non que nous les évitions, mais plutôt qu’ils restaient entre eux. Disons qu’ils étaient tolérés dans cette bonne ville, mais n’étaient pas censés faire étalage de leur foi. Leurs offices religieux étaient célébrés dans l’intimité, dans des endroits modestes qui, vus de l’extérieur, ne ressemblaient pas à des églises. » (P. 27)
  • « Une autre fois, il m’envoya demander au boucher une vessie de porc. Je ne compris la raison de sa requête que le jour où il me demanda de préparer chaque matin, lorsque j’aurais terminé le ménage, les peintures dont il aurait besoin plus tard. Ouvrant les tiroirs du bahut à côté de son chevalet, il me montra les peintures qui y étaient rangées et m’en donna les noms. Outremer, vermillon, massicot, beaucoup de ces termes m’étaient inconnus. Les couleurs minérales, tirant sur le brun et le jaune, le noir animal et le blanc de céruse, étaient conservées dans de petits pots en terre cuite, recouverts de parchemin afin de les empêcher de se dessécher. Les couleurs les plus précieuses, bleus, rouges et jaunes, étaient conservées en petites quantités dans des vessies de porc.. » (P. 138)
  • « Il existe une différence entre catholiques et protestants en ce qui concerne la peinture, m’expliqua-t-il tout en travaillant. Mais elle n’est pas forcément aussi importante que vous pourriez l’imaginer. La peinture peut parfois servir à des fins spirituelles pour les catholiques, mais rappelez-vous aussi que les protestants voient Dieu partout et en toute chose. En peignant des objets courants tels que des tables, des chaises, des coupes, des aiguières, des soldats ou des servantes, ne glorifient-ils pas aussi la création divine ?. » (P. 194)

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