« Pandemia » – Franck Thilliez

Docteur, c’est grave ? Oui je m’interroge…

…parce que, chaque fois que l’occasion se présente, je cherche les livres qui évoquent des situations proches de notre actualité…ma Médiathèque aussi !

Elle les met en avant sur des présentoirs. 

Non content de vivre des événements stressants, je cherche si, dans la littérature, l’imagination d’auteurs a anticipé notre réalité du moment.

Certes ce livre a quelques années et fait référence à une autre crainte..la grippe aviaire. Une grippe que nous avions oubliée.Quelques cygnes sont retrouvés morts dans un étang d’une réserve ornithologique … puis dans un autre bien éloigné.

Le virus qui les a tués est d’origine inconnue. Puis d’autres cygnes sont découverts ailleurs sur d’autres continents. Tout notre monde est touché.

Puis des hommes sont atteints par ce mal mystérieux, dont des flics.

Parallèlement un autre virus, informatique quant à lui, touche les ordinateurs de la police…Mauvais signe !

Je viens d’entrer dans l’un de ces polars bien tordus et bien crades, parfois, qui vous embarquent dans des rebondissements, dans des milieux bien éloignés de notre cadre de vie, dans l’esprit et la vie de détraqués du ciboulot et dans un monde parallèle que la très grande majorité d’entre nous méconnaissent : le Darknet, l’internet secret accessible avec des navigateurs bien particuliers, faciles à trouver toutefois, un Net sur lequel on peut trouver toutes sortes de détraqués et de malades, à votre disposition pour des contrats…utile à savoir si vous voulez éliminer sans risque votre belle-mère ou le chef de service qui vous gonfle…

Certes il faut les payer, mais j’avoue que cette présentation m’a donné des frissons.

J’ai en effet cherché si Frank Thilliez avait un peu trop fumé ou picolé…et bien non!

Vous entrez dans ce roman avec une banale histoire de cygnes morts, et vous tournez les pages, de plus en plus happés par un texte qui colle à nos craintes du moment et à notre monde bien malade.

Mais ça fait bien des siècles que notre monde a eu des épidémies à affronter….et des millénaires que des virus nous attaquent  Aujourd’hui nous mettons des mots sur nos craintes, sur nos maux, nous ne sommes plus au Moyen-Âge, époque ou les médecins se déguisaient eux-aussi en oiseaux pour approcher les contagieux.

Nos connaissances ont évolué, mais nous restons souvent aussi démunis et impuissants face à l’infiniment petit face à ces virus et microbes…et admiratifs face à l’imagination d’auteurs anticipant un possible futur.

Bref, j’ai passé de très belles heures de bonheur (et d’inquiétude) avec cette lecture.

Merci Franck Thilliez 

Éditeur : Pocket-Fleuve Noir – 2016 – Parution initiale en 2015 – 657 pages


Lien vers la présentation de Frank Thilliez


Quelques lignes

  • « ….les virus ne cessaient jamais leur évolution au sein de la nature pour continuer à déjouer les systèmes immunitaires et ainsi à prospérer. » (P. 52)
  • « Ce n’est pas forcément l’agressivité du virus qui tue, c’est l’incertitude, couplée à la panique et à la peur qu’il engendre au sein des populations. » (P. 53)
  • « Imagine, tu déposes des oiseaux contaminés, chargés à bloc de particules virales sur cette maudite île, et tu laisses la nature agir. Les cadavres contaminent d’autres oiseaux qui se dispersent partout, sur des milliers de kilomètres, qui répandent des particules virales dans chaque plan d’eau, qui infectent d’autres volatiles…. » (P. 98)
  • « Ils vont appliquer point par point toutes les mesures préconisées. Réunions d’urgence entre membres de l’Union européenne… Ils renforcent les contrôles sanitaires aux frontières, se mettent à distribuer des traitements d’antiviraux et des kits de prélèvement au personnel de santé des hôpitaux parisiens, aux médecins traitants… Les entreprises de production de masques sont dans les starting-blocks, prêtes à lancer les machines. Les recteurs d’académie, les proviseurs, les directeurs d’école vont recevoir des directives de l’Éducation nationale, dans l’optique où un cas se déclare dans leur établissement. Idem pour les crèches et les garderies que fréquentent les tout-petits. Ils ont l’obligation de fermer en cas de soupçons. » (P. 212)
  • « L’incertitude est notre pire ennemi en termes de microbes. On peut prédire la trajectoire d’un astéroïde, la durée d’une éclipse solaire, or une pandémie est imprévisible. Et complètement invisible. Elle n’abîme pas les infrastructures, les constructions, contrairement à une guerre. Elle ne s’attaque qu’à ce qui vit. Il n’y a pas de monuments de commémoration ni de tombes alignées dans les cimetières une fois qu’elle a tout balayé. » (P. 266)
  • « La terreur et l’hystérie collective rejailliraient comme au temps du Moyen Âge ; les pays industrialisés seraient complètement déstabilisés ; le système économique actuel s’effondrerait. Bref, un chaos inimaginable. » (P. 571)
  • « Côté politique, l’opposition tirait à boulets rouges sur le gouvernement en place, les accusant de négligence, de maladresses, de dissimulation. On commençait à fouiner dans les dossiers, à remuer la boue, à s’intéresser aux industries pharmaceutiques et au business des vaccins. Comme chaque fois, des théories du complot se mettaient en place tandis que, plus concrètement, des écoles fermaient dès qu’était avéré un cas. Des infirmières descendaient dans la rue tandis que les lits d’hôpitaux se remplissaient, des chauffeurs de la RATP avaient refusé d’aller travailler de peur d’attraper le microbe et ils médiatisaient leurs revendications : ils voulaient davantage de sécurité et de primes de risques. Les producteurs de volailles n’arrivaient plus à vendre leur marchandise et voyaient leur chiffre d’affaires s’effondrer…. » (P. 591)

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