« La fin de l’été  » – Jakuchô Setouchi

« Aimer avec son cœur constituait une affaire grave, irrémédiable, irrévocable. »

Découverte par hasard de ce titre et de cette auteure, alors que je cherchais un autre livre à la médiathèque  …

Tomoko aimerait vivre le grand bonheur grâce à Shingo son amant…Shingo  est un écrivain sans succès qui mène cette double vie entre Tomoko et son épouse.

Avant lui, elle a aimé Ryota Kinoshita :« Ryota était ce jeune amant pour lequel elle avait divorcé des années auparavant. »….divorcé de Soyama son mari.

Cette relation avec Shingo lui pèse de plus en plus, quand elle comprend qu’elle ne pourra jamais être l’épouse légitime de Shingo, et que sa relation sera toujours illégitime.  Shingo, quant à lui mène le jeu et définit lui-même les dates et la périodicité de leurs rencontres.

En connaissant mieux cet homme, elle comprend que l’épouse de Shingo souffre également, comme elle du caractère de Shingo, de son inconstance. Cela fait huit ans que ces deux femmes sont manipulées par Shingo, mari de l’une, amant de l’autre..

Pourquoi pas rompre cette relation sans suite et retrouver sa liberté de femme? Et pourquoi pas retrouver Ryota son ancien amant puisqu’elle ne peut être l’épouse légitime de Shingo? 

Ne comptez pas lire des scènes érotiques ou grivoises. Non, tout est dans la finesse, dans l’intime des relations entre les uns et les autres. Leurs manques, leurs attentes, leurs souffrances suite aux séparations sont subtilement décrits. 

Ce livre a été publié en 1962, époque où les conventions étaient beaucoup plus strictes que de nos jours, des conventions japonaises éloignées également, de nos conventions contemporaines. 

Cette relation à quatre fait de ce petit livre un livre surprenant,  surprenant quand on sait que Jakuchô Setouchi est devenue aujourd’hui une moine bouddhiste. 

Elle fut, lors de la parution de ce livre, qualifiée de pornographe. Elle l’avait été déjà lors de la parution de son premier livre.

Et pourtant l’écriture de « La fin de l’été » n’a rien à voir avec celle d’un livre érotique, encore moins avec celle d’un livre pornographique! Il n’y a pas de quoi fouetter un chat !  

Après tout, ce n’est que la présentation d’une vie de couple, avec ses hauts et ses bas !  

Surprenant aussi car autobiographique semble-t-il. Mais après tout pourquoi ce reproche de la part de la société japonaise à Jakuchô Setouchi, femme comblée par sa vie et ses engagements ?

Éditions Philippe Picquier – Traduction par Jean-François Gény – 2005 – Parution initiale en 1963 – 180 pages


Lien vers la présentation de Jakuchô Setouchi


Quelques lignes

  • « Elle comprit que sa conduite scandaleuse et sans gloire d’avant son départ, ces continuels allers et retours entre deux hommes, allait se poursuivre pour toujours et elle se sentit devenir lasse. » (P. 56)
  • « L’amour est une responsabilité partagée. Chaque partenaire est à la fois victime et coupable. » (P. 76)
  • « Cette relation triangulaire, vieille déjà de huit années, aurait pu sur sa lancée durer éternellement. Dès le début elle s’était appuyée sur un compromis, la reconnaissance tacite de leur existence réciproque à toutes deux. » (P. 103)
  • « Leur couple ressemblait tellement a un linge usé, décoloré par le temps. » (P. 156)
  • « De nouveau, sa relation avec Shingo lui était apparue comme une affaire d’habitudes et d’inertie, à défaut d’une histoire d’amour et d’émotion. » (P. 173)

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