« La révérence de l’éléphant » Laura Trompette

« ….elle veut choisir son heure et son lieu. Malheureusement, en France, c’est interdit. Qu’il en soit ainsi. Marguerite a une dernière volonté : s’éteindre dans un pays qu’elle ne connaît pas, sous un ciel nouveau qui l’accueillera et l’aidera à partir »

….. « dans la dignité »

Marguerite est l’une de ces petites vieilles en Ehpad, qui en ont assez de ces soins qui ne servent à rien, assez de ces exercices qui lui sont proposés…à quoi bon prolonger une vie minée par un cancer….

Elle voudrait tant rejoindre les cendres de son mari qu’elle trimballe dans son sac…

Seule Roxane lui donne un peu de bonheur chaque fois qu’elle vient faire ses tours de magie, Roxane et Emmanuel son petit-fils.

Roxanne Salva a été championne de Poker…elle n’est pas dans le besoin, loin de là. Elle a gagné suffisamment d’argent grâce au poker pour vivre sans soucis, pour vivre en se marrant, en s’éclatant.

Emmanuel, petit-fils de Marguerite court le monde, il est quant à lui photographe animalier. À 40 ans il a publié « Ivory »…un livre sur ces éléphants tués pour le bonheur de ces malades, de ces tarés heureux de posséder ou de porter des objets de mort en ivoire.

Cet ivoire qui fait disparaitre ces animaux de notre monde.

Emmanuel n’est pas heureux, Marguerite le sait, il s’est enfermé dans son monde, dans sa solitude.

Alors tous trois vont mutuellement s’offrir le bonheur. Ils vont partir en Tanzanie à la rencontre de ces éléphants, qui comme Marguerite sont eux aussi en train de quitter notre monde.

Marguerite va s’évader de son Ehpad aidée par Roxane et Emmanuel…Larmoyant ? non pas du tout.

Ce n’est pas la peine de nous cacher la fin du livre, nous la connaissons depuis les premières pages…

Nous ignorons seulement le « Comment ? « Un « comment ? » qui est surtout source de bonheur pour ces trois personnages, le bonheur d’une fin voulue et organisée avec amour.

Un bonheur sans tristesse, une fin sans tristesse, une fin heureuse. 

« Après tout, mieux vaut ceux qui font et qui se glorifient de faire, que ceux qui ne font rien, alors qu’ils auraient les moyens d’agir. »

Un livre sur la mort ? Non un livre sur l’Amour avec un grand A! Bref une lecture bonheur.

Éditeur : Charleston – 2021 – 374 pages


Lien vers la présentation de Laura Trompette


Quelques lignes

  • « Emmanuel s’est toujours identifié à cette idée que le photographe est quelqu’un qui écrit avec la lumière. Alors, malgré les ombres au tableau, il s’est donné pour mission de garder cet éclat dans son travail, comme un phare dans la nuit. » (P. 24)
  • « Je veux juste régler deux choses avant : choisir mon moment et planter chez Emmanuel la graine de l’amour, si j’ose dire. Il faut que je le déverrouille avant de partir pour qu’il puisse, ensuite, aimer et être aimé par quelqu’un d’autre. Par une femme. (P. 64-5)
  • « Se soigner pour perdre quelques semaines de mieux, gagner des mois de souffrance et repousser la mort, inéluctable à ce stade, quel intérêt ? » (P. 114)
  • « En Afrique, il a pris conscience des réalités de la mortalité infantile, des ravages du paludisme ou du sida, de la violence de la précarité, mais aussi des lois de la chaîne alimentaire sauvage, des conflits qui se règlent à main armée, et de la mort implacable vite acceptée, par habitude et par nécessité. » (P. 215)
  • « Le pire, dans cette atroce course à l’ivoire, c’est que plus les éléphants se feront rares, plus le prix flambera, et que plus l’aspect lucratif du business atteindra son apogée, plus les braconniers viendront assassiner les derniers. » (P. 215)

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