« Paris au XXe siècle » – Jules Verne

« ...ce monde n’est plus qu’un marché, une immense foire, et il faut l’amuser avec des farces de bateleur. » (P. 78)

Ce n’est pas un titre qui vient spontanément en tête lorsqu’on évoque l’œuvre de Jules Verne…un auteur qu’on lit, que j’ai lu étant encore un gamin d’une quinzaine d’années…ce qui n’est pas sans doute pas le meilleur âge pour découvrir la profondeur de cet auteur, son intelligence, sa clairvoyance….

Alors quand , le papy vieillissant découvre ce titre en furetant…quel bonheur en perspective, le bonheur de la surprise!…

Je m’interroge…..vite il faut que je le lise pour savoir …Est-ce qu’il avait prévu notre monde? Est-ce qu’il s’est trompé ? Et pourquoi ne parlait-on pas de ce titre  quand, adolescent je lisais les autres titres?

L’éditeur de Jules Verne refusa de l’éditer, semble-il. Le livre ne fut édité qu’en 1994…plus d’un siècle d’ombre !

Sacré Jules Verne qui nous présente  un Paris des années 60, des « railways qui ceinturent Paris ». Des propulseurs légers ont remplacé les lourdes locomotives, des trains sont cadencés toutes les 10 mn…ça ne vous dit rien ?

Certes les trains marchent à l’air comprimé…un petit coté technique futuriste mais qui malgré tout ne se vérifiera pas totalement.

La présentation et l’analyse de cette société du XXème siècle sont quant à elles diablement clairvoyantes et dérangeantes : les étudiants abandonnent les études classiques et les lettres  pour s’orienter vers les diplômes techniques, les langues mortes, grec et latin sont tombées dans l’oubli, il est important dorénavant de parler plusieurs langues étrangères, les loyers sont devenus chers…et des machines simplifient beaucoup le travail humain, des machines qui préfigurent nos ordinateurs!

L’argent est un Dieu,

  • « le premier devoir de l’homme est de gagner de l’argent »
  • « le monde est devenu un gigantesque marché »,
  • « les chanteurs hennissent, glapissent, hurlent, braient et font tout ce qui n’est pas chanter »

Quelle clairvoyance !Et j’en passe….je me suis même demandé si ce livre n’était pas une immense farce née dans l’esprit d’éditeurs dans les années post 1960.

…..« je suis un rouage, vous êtes un rouage. » (P. 72)

Beaux moments de plaisir grâce à cette lecture troublante.

Éditeur : Livre de poche -1994 – 166 pages


Lien vers la présentation de Jules Verne


Quelques lignes

  • « La maison Casmodage possédait de véritables chefs-d’œuvre; ses instruments ressemblaient , en effet, à de véritables pianos ; en pressant les touches d’un clavier, on obtenait instantanément des totaux, des restes, des produits, des quotients, des règles de proportion, des calculs d’amortissement et d’intérêts composés pour des périodes infinies et à tous les taux possibles. il y avait des notes hautes qui donnaient jusqu’à cent cinquante pour cent ! » (P. 60)
  • « Et cependant, la télégraphie électrique aurait dû singulièrement diminuer le nombre de lettres, car des perfectionnements nouveaux permettaient alors à l’expéditeur de correspondre directement avec le destinataire; le secret de la correspondance se trouvait ainsi gardé. […] Les cours des innombrables valeurs cotées au marché libre venaient s’inscrire d’eux-mêmes sur des cadrans placés au centre des Bourses de Paris, de Londres, de Francfort, de Saint-Pétersbourg, de Constantinople, de New-York, de Valparaiso, de Calcutta, de Sydney, de Pékin, de Nouka-hiva » (P. 61)
  • « …la France a perdu sa vraie supériorité ses femmes au siècle charmant de Louis XV avaient efféminé les hommes ; mais depuis elles ont passé au genre masculin, et ne valent plus ni de regard d’un artiste ni l’attention d’un amant. » (P. 119) 
  • « Aussi, de nos jours, le nombre des enfants légitimes a-t-il singulièrement diminué au profit des enfants naturels; ceux-ci forment déjà une majorité imposante ; ils deviendront bientôt les maîtres en France, et ils feront rapporter la loi qui interdit la recherche de la paternité.  » (P. 121)
  • « Le mot le plus effrayant de la langue française, le mot misère s’inscrivit au front de Michel. » (P. 154)

Une réflexion sur “« Paris au XXe siècle » – Jules Verne

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