« Ravage » – René Barjavel

« Le lendemain matin, le soleil se leva encore plus chaud que la veille. Depuis plus de deux mois, Paris n’avait pas reçu une goutte de pluie. L’après-midi, une telle chaleur montait du sol que les Parisiens évitaient de sortir, sauf s’ils s’y trouvaient obligés. La capitale vivait derrière ses volets.  » (P. 46)

Nous sommes le 3 juin 2052…

Je ne suis pas familier de la science fiction, loin de là…Mais avec Barjavel c’est une longue histoire, vieille de plus de 50 ans. En classe préparatoire à un concours, j’ai eu le plaisir de rencontrer Barjavel, qui était venu nous parler de l’illusion pendant un après-midi complet. 3 heures de bonheur…L’Illusion était le thème d’étude du concours d’entrée que je préparais alors.

Un après-midi de bonheur, et de détente, qui nous changeait des maths et autres…

Il passait alors, un peu pour un hurluberlu, un doux rêveur.

Ce petit livre, clin d’œil du ciel sans doute, me tendait ses pages dans une boite à livres, que je ne fréquentais pas..Hasard de la vie et bonheur de cette re-découverte de cet auteur…et de ce livre

Le bougre ne fait pas ses quatre-vingt ans….

Barjavel imagine la vie en 2052. Des lignes à grande vitesse permettant d’atteindre les 300 km/heure ont été construite, nombre d’objets sont en  » plastec ».  Le Cornemusier a bâti de nombreuses villes nouvelles. La Chimie a permis de proposer des viandes artificielles, du lait et des œufs chimiques…tout irait bien sans cette gigantesque panne électrique…Une catastrophe, plus d’électricité, plus d’eau car les pompes sont en panne.

Des incendies se déclarent, impossibles à éteindre puisque les pompes ne fonctionnent plus. Alors on doit se servir de pompes manuelles déposées dans les musées, Paris brule, les curés disent des messes pour éteindre les incendies, Notre-Dame est en flammes et sa flèche est la première à s’écraser au sol.

Science fiction en 1943, en pleine occupation, date à laquelle ce roman parut…

Certains ont sans doute considéré ce texte comme loufoque et irréaliste, un roman de science fiction, de fiction pure…irréaliste en partie, l’actualité le rend presque prophétique

Fukushima et Tchernobyl ont été présents à tout moment dans mon esprit lors de cette lecture, notre soif d’électricité aussi, soif toujours plus grande. Inutile de faire un dessin !

Bah ! Tant qu’on avance tout va bien ! Bref, j’ai passé un bon moment de lecture!

Beau clin d’œil au présent!

Éditeur : Denoël-Folio – 2019 – Parution initiale en 1943 – 313 pages


Lien vers la présentation de René Barjavel


Quelques lignes

  • « Malgré l’opposition sourde des grands fabricants d’énergie atomique, le nombre des voitures à quintessence augmentait sans cesse et le moteur à combustion était en voie de faire disparaître entièrement les moteurs atomiques à turbine ou à accumulateurs. La quintessence, obtenue par fermentation et distillation de l’eau de mer, permettait de parcourir mille kilomètres avec un demi-litre de carburant. Mais elle exigeait une grande quantité d’oxygène. L’air des villes en souffrait. Aussi les autogires du Service de l’Atmosphère pulvérisaient-ils en l’air, plusieurs fois par jour, de l’oxygène liquide parfumé à des senteurs champêtre. » (P. 79)
  • « ….le professeur Leroy, le grand savant, inventeur de la pilule polyvalente que tout citoyen absorbait régulièrement une fois par mois pour prévenir une quantité de maladies, habitait au cinquante-huitième étage de la Ville Radieuse.(P. 137)

  • La loi de la jungle allait devenir la loi de la Cité » (P. 158)

  • « Après les déserts de cendres, les villes brûlées, les rivières à sec, les cinq compagnons avaient traversé d’autres déserts de cendres, d’autres villes ravagées, d’autres étendues de brousse et de forêt épargnées par le feu et détruites par la sécheresse. Ils remontaient la haute vallée de l’Allier.
    François comptait obliquer à l’est avant d’arriver au mont Gerbier-de-Jonc, traverser les monts du Velay à l’endroit même où ils rejoignent ceux du Vivarais, et trouver au-delà la vallée de l’Ardèche. À ce moment, il estimait que les plus grosses difficultés seraient terminées. » (P. 279)

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