« L’Ukraine : De l’indépendance à la guerre » – Alexandra Goujon

« La Russie veut empêcher, à tout prix, une intégration de l’Ukraine à l’UE et à l’OTAN » (P. 129)

Nous venons de le découvrir il y a un peu plus de 2 mois….

Nous venons de découvrir dans notre actualité, une guerre se déroulait à 3 heures de vol de Paris et personne n’en parlait, ni télés ni radios. Puis il y a quelques semaines, ces télés et radios se sont réveillées, et aujourd’hui nous les entendons nous dire… »Depuis 2 mois, cette guerre entre la Russie et l’Ukraine …… « 

Alors j’avais eu besoin de savoir si des livres évoquaient ce conflit, j’avais lu et commenté Donbass, un roman…..diablement documenté et dérangeant.

Mais j’avais besoin d’une étude, d’une analyse, d’une présentation historique  afin de mieux comprendre comment en 2022 des pays, dits civilisés, peuvent se déchirer, se déchaîner l’un contre l’autre, se menacer du feu nucléaire, non pas aux fins-fonds de notre globe, loin de nous , mais à nos portes.

Des pays dirigés, par des chefs d’Etats importants reçus dans nos palais présidentiels, non pas des « rois nègres », mais par des chefs d’Etat membres  du Conseil de sécurité de l’ONU….organisme international, dont l’une des missions centrales est le maintien de la paix et de la sécurité internationales...

Un comble !

Cet titre correspondait tout à fait à ce que j’attendais : un rappel historique, une analyse et un rappel des relations entre la Russie et l’Ukraine, un de ces pays ayant fait partie de cette ancienne URSS… sous la mainmise de la Russie. Depuis, on croyait que l’Ukraine était indépendante et libre de ses choix, libre de ses décisions…

Non !

Cette analyse prend en compte les divers aspects historiques, politiques, culturels, mais aussi met en perspective les risques éventuels d’extension de ce conflit….des aspects souvent méconnus dont nos médias nous parlaient bien peu ce conflit qui date de 2014

« La guerre à l’est de l’Ukraine est donc bien une menace pour la sécurité en Europe. C’est un conflit actif qui fait régulièrement des victimes et dont la résolution demeure hypothétique à l’image des autres conflits dans la région. » (P. 157)

Bref …une lecture documentée, indispensable et dérangeante par les temps qui courent.

Éditeur : Le cavalier blanc – 2022 – 171 pages


Lien vers la présentation d’Alexandra Goujon


Quelques lignes

  • « …les cosaques zaporogues jouent un rôle mythique dans l’histoire nationale ukrainienne en raison de leurs combats pour la liberté contre les Polonais ou contre les Russes. leur cruauté passe souvent au second plan devant leurs exploits militaires ou leur organisation politique originale. » (P. 31)
  • « En 2014, l’annexion de la Crimée et le conflit à l’est de l’Ukraine sont justifiés dans les discours et médias russes par ce qu’ils appellent la menace fasciste – terme privilégié à celui de nazi en URSS – à Kiev.  » P. 47)
  • « L’Ukraine est confrontée au défit d’une construction nationale unificatrice. Ce défit est d’autant plus grande que le conflit à  à l’est a fait émerger une frontière de fait avec des entités séparatistes qui produisent un imaginaire politique et historique distinct » (P. 65)
  • « Le conflit (dans le Donbass) est présenté comme une guerre civile par les séparatistes et les autorités russes afin de souligner ses origines internes, jugées insurmontables, et en faire porter la responsabilité aux seuls dirigeants ukrainiens. Le changement  de pouvoir à Kiev est qualifié de coup d’État fasciste par les dirigeants et médias russes qui veulent  ainsi mettre l’accent sur la caractère dangereux et ultranationaliste du nouveau gouvernement : les insurgés de l’est condamnent également «la junte fasciste ». (P. 76-7)
  • « La révolution de Maïdan de 2013-2014 en Ukraine ne peut être assimilée ni à un coup d’État fasciste ni à une opération des puissances occidentales. C’est une révolte massive de citoyens ordinaires contre une présidence jugée autoritaire et corrompue. » (P. 107)
  • « En décembre 1994, le pays (l’Ukraine) renonce à son important arsenal nucléaire en échange d’une garantie de son intégrité territoriale par la Russie, les États-Unis et la Grande Bretagne selon les termes d’un accord connu sous le nom de mémorandum de Budapest » (P. 156)
     
     

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