« Et tu n’es pas revenu » – Marceline Loridan-Ivens – Judith Perrignon

Et tu n'es pas revenuElle nous a quittés il y quelques semaines. Elle était une frêle femme, frêle mais seulement en apparence par la taille, la minceur, mais oh combien forte par le caractère, par la force d’âme! Et oh combien belle ! Elle a connu Simone Veil, son amie des camps, arrivée par le même convoi… quelques chiffres seulement, tatoués sur les bras, les séparaient. 
Cela fait bien longtemps que je voulais découvrir ce livre; « Un de plus sur les camps », diront certains, d’autres diront « il faut tourner la page, passer à autre chose ». Son décès récent m’en a donné l’occasion, et également la chance ou le hasard de le trouver disponible dans ma médiathèque.
Oui! il est nécessaire, au moment où l’antisémitisme renaît -mais est-il mort un jour?- de mettre en lumière ce titre ainsi que « L’amour après ». J’ai passé quelques heures d’une nuit presque blanche avec Marceline et ses deux livres lus successivement. Une nuit dont on sort sonné par l’émotion, mais tellement heureux ! 

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Marceline Loridan-Ivens

marceline-loridan-ivens.jpgMarceline Loridan-Ivens, née Marceline Rosenberg, est une cinéaste, documentariste et écrivaine française née à Épinal en mai 1928 et décédée à Paris en septembre 2018

Elle naît de parents juifs polonais émigrés en France en 1919. Au début de la Seconde Guerre mondiale, sa famille s’installe dans le Vaucluse où elle entre dans la Résistance. Elle est capturée par la Gestapo avec son père et est envoyée à Auschwitz-Birkenau par le convoi 71 du 13 avril 1944 dans lequel se trouve également Simone Veil qui deviendra son amie, puis à Bergen-Belsen et enfin au camp de concentration de Theresienstadt où elle recouvre la liberté à la libération du camp en mai 1945. Lire la suite

« L’herbe des nuits » – Patrick Modiano

L'herbe des nuitsAh! Monsieur Modiano, l’idée d’abandonner cette lecture m’a un temps effleuré !…J’ai eu un peu de mal à entrer dans le roman, un peu de mal à situer l’action, les périodes, puis votre petite musique a fait le reste. Tout s’est progressivement ordonné, ce petit carnet noir, objet essentiel du roman a trouvé sa place…Et au final vous m’avez enchanté..
« Sur les pages du carnet se succèdent des noms, des numéros de téléphone, des dates de rendez-vous, et aussi des textes courts qui ont peut-être quelque chose à voir avec la littérature. » : un carnet qui a accompagné la vie du narrateur, un auteur. 
Ce carnet lui servait à noter les événements, les rencontres qui émaillaient sa vie, des éléments qui pouvaient être réutilisés dans ses romans. 

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« Là où les chiens aboient par la queue » – Estelle-Sarah Bulle

Là où les chiens aboient par la queueMorne-Galant en Guadeloupe…vous connaissez ? 
C’était un coin paumé, en ces années 40, « Morne-Galant n’est nulle part, autant dire une matrice dont je me suis sortie comme le veau s’extirpe de sa mère : pattes en avant, prêt à mourir pour s’arracher aux flancs qui le retiennent. »
Une toute première phrase pleine de promesses, d’images, de langage fleuri, d’humour…une première phrase qui dit tout.
La suite est au diapason. 
Apollone est l’aînée de cette famille, mais tous l’appellent Antoine, son « nom de savane », choisi pour embrouiller les mauvais esprits.

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« La lie de la terre » – Arthur Koestler

La lie de la terreDe tout temps, la France a été une terre d’accueil d’étrangers. Aujourd’hui encore nombreux sont ceux qui frappent à nos portes
Mais ce ne fut pas toujours simple, voire jamais simple!
Des étrangers pour travailler dans les mines, provenant de l’Europe de l’Est, polonais, tchèques, des espagnols pour travailler dans les exploitations agricoles, et des réfugiés politiques fuyant des régimes qui en voulaient à leur peau, à leur race, et ils sont légion, de toutes origines, Europe de l’Est, Afrique noire et Afrique du Nord, Espagne, Chili.
Et j’en oublie sans aucun doute.
A chaque époque ses réfugiés.

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