« Tout s’effondre » – Chinua Achebe

 OkoTout s'effondrenkwo est un chef de clan respecté par les siens. Il vit heureux avec ses trois femmes et ses enfants, au rythme des saisons et des récoltes. Il est obligé de quitter pour plusieurs années sa tribu car il a transgressé un tabou….le début d’une lente déchéance de ce chef hautain et orgueilleux..Arrivée des missionnaires s’appuyant sur d’autres tribus, destruction des traditions, des rites, de la culture…. : « Comment veux tu qu’on se batte alors que nos propres frères se sont retournés contre nous? Le Blanc est très habile. Il est venu tranquillement et paisiblement avec sa religion. On s’est amusé de toutes ses sottises et on lui a permis de rester. Maintenant il a conquis nos frères, et notre clan ne peut plus rien faire. Il a posé un couteau sur les choses qui nous tenaient ensemble et on s’est écroulés »

L’Afrique noire traditionnelle, ses coutumes, ses rites et ses superstitions confrontés à l’arrivée des missionnaires et des colons blancs.
Avec sa foi le missionnaire a apporté sa culture, sa civilisation et ses lois, l’argent remplace dorénavant le traditionnel troc : »Le Blanc avait apporté une foi délirante, mais il avait aussi établi un comptoir commercial, et pour la première fois l’huile et la noix de palme étaient devenus des produits de grand prix« 
La destruction d’une culture traditionnelle, la destruction des hommes attachés à cette culture, la destruction d’un continent ….et tout ceci au nom de deux religions…le christianisme et l’argent
Une Afrique qui s’effondre….et ne s’est pas relevée
Très beau roman…


Connaitre Chinua Achebe


Extraits

  • « C’était un village puissant dans la guerre et la magie, et ses prêtres comme ses médecins étaient redoutés dans toute la région. La plus puissante de ses médecines de guerre était aussi ancienne que le clan lui-même. Personne ne savait de quand elle datait, mais tout le monde était d’accord sur une chose : le principe actif de cette médecine avait été une vieille femme avec une seule jambe. D’ailleurs la médecine elle même s’appelait……la vieille » (P. 23)

  • « Quand un homme est en paix avec les hommes et ses ancêtres, sa récolte est bonne ou mauvaise selon la force de ses bras » (P. 28)

  • « La vieille est toujours gênée quand il est question de vieux os dans un proverbe » (P. 32)

  • « Témoigner de l’affection à quelqu’un était un signe de faiblesse, la seule chose qui méritait d’être montrée était la force » (P. 39)

  • « Un poussin qui deviendra un coq, ça se voit le jour où il sort de l’œuf » (P. 78)

  • « C’est comme cette histoire d’hommes qui seraient aussi blancs que ce bout de craie » (P. 86)

  • « Ce soir-là un homme parcourut Mbanta de long en large en frappant sur son gong et en proclamant que les adeptes de la nouvelle foi seraient dorénavant exclus de la vie et des privilèges du clan » (P. 174)

  • « Nous valons mieux que les animaux parce que nous avons des parents. Un animal se frotte le flanc contre un arbre quand il a des démangeaison, un homme demande à ses parents de le gratter » (P. 181)

  • « Un enfant ne peut pas payer pour le lait de sa mère » (P. 181)

  • « Celui qui invite ses parents pour manger, ne le fait pas pour leur éviter de mourir de faim » (P. 182)

  • « Mais outre l’église, les blancs avaient avaient établi un gouvernement. Ils avaient construit un tribunal dans lequel le commissaire de district jugeait des affaires dans une ignorance totale » (P.190)

  • « La prison était pleine de gens coupables d’avoir enfreint la loi du Blanc. Certains se débarrassant de leurs jumeaux, d’autres en importunant des chrétiens. A la prison, les Kotma les battaient et ils travaillaient chaque matin à nettoyer le siège du gouvernement et à apporter du bois au commissaire blanc et aux auxiliaires de la Cour. Certains de ces résonneras étaient des hommes titrés qui auraient dû être dispensés de ces tâches dégradantes. Ils étaient blessés dans leur dignité et s’inquiétaient pour leurs fermes laissés à l’abandon » (P. 191)

  • « Nos propres hommes et nos fils ont rejoint les rangs de ces étrangers. Ils se sont ralliés à leur religion et les aident à gouverner. Si nous voulions chasse les Blancs d’Umuofia, ce serait facile. Il n’y en a que deux. Mais ceux de notre peuple qui les suivent et à qui on a donné du pouvoir? Ils iraient chercher des soldats à Umuru et il nous arriverait ce qui est arrivé à Abame. » (P. 192)

  • « Comment veux tu qu’on se batte alors que nos propres frères se sont retournés contre nous? Le Blanc est très habile. Il est venu tranquillement et paisiblement avec sa religion. On s’est amusé de toutes ses sottises et on lui a permis de rester. Maintenant il a conquis nos frères, et notre clan ne peut plus rien faire. Il a posé un couteau sur les choses qui nous tenaient ensemble et on s’est écroulés » (P. 193)

  • « Le Blanc avait apporté une foi délirante, mais il avait aussi établi un comptoir commercial, et pour la première fois l’huile et la noix de palme étaient devenus des produits de grand prix » (P. 194)

  • « Tant que les lions n’auront pas leurs propres historiens, l’histoire de la chasse glorifiera toujours le chasseur »

  • « Il y a quelque chose de menaçant derrière le silence ».

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