« Belle du seigneur » – Albert Cohen

Belle du SeigneurJe ne me souviens d’avoir entendu parler en 1968, lors de sa sortie de »Belle du Seigneur » . Je viens de découvrir cet livre, ce pavé de 1000 pages.

Un roman d’amour, sans les mièvreries habituelles de ce genre de roman. Une jeune femme issue d’une famille protestante, et d’une éducation rigoriste, un mari, fonctionnaire aspirant à devenir « haut fonctionnaire », paresseux au travail, uniquement préoccupé par son avancement et délaissant son épouse est envoyé en mission par l’un de ses chefs, dans le but de séduire sa jeune épouse. S’en suivent plus de 2 ans d’amour. Amour véritable, je n’en suis pas certain. 

Des pages cruelles sur le bonheur, la fièvre, la sensualité, la passion mais aussi sur une forme d’horreur de l’amour physique, sur le pessimisme. N’y cherchez surtout pas des scènes érotiques!

L’auteur nous décrit avec cynisme, sensualité, voire de façon presque rabelaisienne, mais aussi ce dégoût des corps, cet « amour physique », cet amour de bourgeois qui passent du « vous » au « tu » en permanence, ce faux amour au cours duquel les 2 personnages auxquels je n’ai pu m’attacher, ne partagent rien, aucun projet d’avenir, aucun projet de vie, aucun projet d’enfant, même pas leur chambre, et surtout pas des toilettes communes. Ils ne se retrouvent dans la chambre de l’un ou de l’autre, que pour un amour physique, des discutions sur des thèmes futiles.

Albet Cohen a voulu, dans ce livre, je pense, tourner en dérision cette recherche de l’amour physique, sans véritable recherche d’un partage de vie, et également se moquer de ces grands bourgeois, uniquement préoccupés du meilleur restaurant, de la soirée de concert, sans besoins matériels.

Il faut aussi lire ce livre pour l’inventivité littéraire dont fait preuve en permanence Albert Cohen . Certaines scènes, comme celle de la séduction, ou les scènes finales de jalousie, méritent toute votre attention. J’ai admiré la maîtrise littéraire d’Albert Cohen pour rapporter sur une trentaine de pages  parfois sans aucune ponctuation, et sans lasser le lecteur, les états d’âmes, les réflexions d’un personnage, qui passe du coq à l’ane, d’une idée à l’autre, une idée en entraînant une autre.

Lors de sa sortie un critique litteraire écrivait au sujet de Belle du Seigneur  » les gros livres effrayent, les grands livres rassurent. L’ouvrage d’Albert Cohen, appartient, sans contestation possible, à la seconde catégorie « 

Assurément une expérience de lecture à tenter. Mais une expérience pas facile, qui peut décourager. Mais il faut persister.


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