« Les encombrants » – Marie-Sabine Roger

Les encombrantsDans chaque déchetterie il y a une benne pour les encombrants …vous savez, celle dans laquelle on dépose ce qu’on ne veut plus, ce qu’on ne peut plus recycler, réutiliser…
Un beau titre et 7 belles nouvelles pour nous titiller, nous agacer avec le cas de ces personnes âgées, toutes différentes…Il n’y a pas « les vieux », mais différents types de personnes âgées, en maison de retraite, seuls à domicile, autonomes, ou perdant la tête chez leurs enfants….
Un thème grave traité avec beaucoup d’humour, de légèreté ou de gravité selon ces nouvelles toutes différentes

Toutes ces personnes âgées souffrent à des degrés divers de la solitude, de visites irrégulières, de leurs conditions d’hébergement en maison de retraite. Et aucune ne peut communiquer avec les plus jeunes…deux mondes qui s’ignorent..
Un regard cruel et lucide sur la vieillesse, la solitude, l’humiliation parfois….80 pages vite lues, nous interrogeant, aucune ne peut laisser le lecteur indifférent.
Et malheureusement si on appréhende de vieillir et de se retrouver dans la situation de certains de ces vieux, on est forcé de se dire « Et oui….mes parents ont peut être été dans cette situation…..à cause de moi ».!!
88 pages à lire..


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Extraits

  • « C’est un sacré travail de s’occuper des vieux » (P. 28)
  • « Les vieux, c’est dégouttant et triste. Sans dignité » (P. 28)
  • « C’est à se demander jusqu’où ils sombreraient pour certains si la mort ne venait pas, enfin, mettre son terme. Parce que mourir, on a beau dire, c’est loin d’être le pire. Non, le plus déplaisant, c’est ce qu’elle voit avant. Cette longue et lente glissade, vers l’ultime délabrement. » (P. 29)
  • « On voit bien des petites jeunes qui viennent pour faire leurs stages. Seulement il y a ce qu’on vous apprend dans les livres, et le reste. Dans les livres, il n’y a pas d’odeurs. Pas de cris, de coups de sonnette. De soupe répandue, de caprices du soir. Dans leurs bouquins de cours, c’est toujours propre et net. Enfin, elle le suppose, rien qu’à voir leur figure, aux petites jeunettes, aux premières diarrhées, aux premiers désespoirs. Elle, elle s’en fout, voyez ? Elle est blindée. Blindée comme une porte » (P.37)
  • « On ne lui ôtera pas de l’idée que les vieux ça ne peut pas être vraiment aimés » (P. 38)
  • « Les vieux c’est déjà bien assez de les voir. S’il fallait qu’en plus on les regarde » (P. 38)
  • « Les vieux sont encombrants, en plus ils ont des exigences. Ils prennent trop d’espace et de vie. Et de temps. Non : on les place en maison, pour qu’ils soient biens soignés, bien à l’aise. Bien loin. On met le prix qu’il faut, pour ne pas s’en vouloir. Et que la conscience se taise. On vous les mène un beau matin au Bon Repos, avec leur quatre bibelots, leurs deux valises. Et on s’échappe au bout d’une heure, en promettant de revenir, parce que les chambres sont petites, qu’il fait chaud. Parce que le grand salon a des odeurs de fleurs fanées et des couleurs de cimetière. Que les couleurs sont pleins de vieux débris tremblotants, tassés sur leur fauteuils roulants. Et que le mort comme déjà son nez sale au carreau.  » (P. 40)
  • « Vieillir est un trop long chemin, une impasse » (P. 46)

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