« Patients » – Grand Corps Malade

PatientsQuand j’ai lu ce live, je connaissais très mal Grand Corps Malade…..que j’avais entraperçu à l’occasion de quelques émissions à la télé, que je regarde très très rarement…..Le seul slameur dont j’appréciais la voix et les portions de textes que j’avais entendus au hasard de l’autoradio.

Dans ce livre « Patients » j’ai découvert un auteur plein d’humour, parfois cruel, sur sa situation, sur son handicap, sur celle de ses  camarades de rééducation. 

Un livre plein d’humanité, qui vous envoie, sans jamais être larmoyant, des coups de poing en pleine figure en racontant par le détail et avec lucidité les moments pénibles, les moments de doute et d’angoisse, pendant la rééducation des tétraplégiques ou paraplégiques et les moments de rigolade qui permettent de mieux les supporter. Un monde qui nous fait peur et de ce fait qu’on évite….
Le texte de sa chanson « Sixième sens » en introduction de ce livre m’a donné envie de mieux le connaître, Je vais maintenant « écouter » Grand Corps Malade, écouter ses textes …….je suis certain d’y prendre un nouveau plaisir .
 
« Quand la faiblesse physique devient une force mentale,
Quand c’est le plus vulnérable qui sait où, quand, pourquoi et comment ?
Quand l’envie de sourire redevient un instinct vital.
Quand on comprend que l’énergie ne se lie pas seulement dans le mouvement.
Parfois la vie nous teste et met à l’épreuve notre capacité d’adaptation.
Les 5 sens des handicapés sont touchés mais c’est un 6ème qui les délivre.
Bien au-delà de la volonté, plus fort que tout sans restriction, 
Ce 6ème sens qui apparaît, c’est simplement l’envie de vivre »
Un grand monsieur!


Extraits
  • Quand on est dépendant des autres pour le moindre geste, il faut être pote avec la grande aiguille de l’horloge. La patience est un art qui s’apprend patiemment » (P.58)
  • « Autre moment caractéristique de ma période avec Eric dans la chambre, c’est le fameux rituel « d’aller à la selle ». C’est déjà bien sympathique et bien humiliant tout seul dans une chambre, mais quand tu partage ce petit plaisir à deux ….
    C’est d’ailleurs comme ça qu’on l’a appelé, ce moment avec Eric : « On se fait un petit plaisir tous les deux? », comme dans la pub. Il faut nous imaginer, Eric et moi, allongé chacun sur notre lit, face à face dans la même position pendant les vingt minutes de notre petit plaisir, et il faut imaginer évidemment l’odeur qui va avec…. tout ça sur fond sonore de la télé où Pierre et Valérie vantent gaiement leurs produits miracles.
    C’est peut-être notre seul point commun avec Eric, le seul moment où on se sent vraiment proche l’un de l’autre.
    Comme quoi, quand on est dans la merde… » (P.65-66)
  • « Quand tu n’es pas autonome, tu passes plus de temps à attendre qu’à faire les choses. Un bon patient sait patienter » (P. 84)
  •  
    « Tu vas voir, le regard des gens sur un handicapé se fait en plusieurs temps. Quand les gens te rencontrent la premier fois tu n’es rien d’autre qu’un handicapé. Tu n’as pas d’histoire, pas de particularités, ton handicap est ta seule identité. Ensuite, s’ils prennent un peu de temps, ils vont découvrir une facette de ton caractère. Ils verront alors si tu as de l’humour, si tu es dépressif….enfin ils verront presque avec surprise que tu peux avoir une vraie personnalité qui s’ajoute à ton statut d’handicapé : un handicapé caillera, un handicapé beauf, un handicapé bourgeois. » (P.99-100)
  •  
    « Et, jusqu’à preuve du contraire, si quelqu’un peut aider une personne handicapée à manger ou à fumer, personne n’a trouvé de solution pour t’aider à échanger un baiser » (P 143)
  •  
    « En plus d’être une porte d’entrée dans notre centre, le suicide peut également être une porte de sortie » (P. 147)
  • « Plus jamais dorénavant, je ne jugerai une personne handicapée à la vue seule de son physique » (P.187)
  • « C’est jamais inintéressant de prendre une bonne claque sur ses propres idées reçues » (P. 186)
  • « En prison, comme à l’hosto, on attend et on s’emmerde énormément.Et puis surtout on parle de l’avenir en utilisant des mots « sortir » et « dehors ». Quand on sera « dehors », la vraie vie pourra reprendre (P.211)
  • « J’étais allongé sur un brancard, dans le couloir. On m’avait certainement installé là en attendant de finir de préparer la chambre où j’allais être installé. Un médecin était passé, s’était penché au-dessus de moi et m’avait regardé. Je le regardais dans les yeux, il voyait bien que j’étais tout à fait conscient, mais que je ne pouvais lui parler à cause des tuyaux dans la bouche. Il m’avait dévisagé, mais n’avait aucunement éprouvé le besoin de me dire bonjour. Au lieu de ça, il avait ouvert mon dossier médical posé sur brancard et s’était mis à crier juste au-dessus de moi « il est à qui, ce tétra, là ? »

2 réflexions sur “« Patients » – Grand Corps Malade

  1. Il fait partie de ma PàL depuis un moment mais je n’avais encore pas osé me lancé. Pourtant j’aime le personnage, j’aime son slam, ses textes…Actuellement « handicapée » pour quelques mois voire quelques années, c’est peut être le moment de le sortir pour arrêter de m’apitoyer sur mon sort.
    Merci pour ce post et ta critique et merci à vendredi lecture et google+ de m’avoir fait découvrir ton blog

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