« Gouverner au nom d’Allah : Islamisation et soif de pouvoir dans le monde arabe » – Boualem Sansal

Gouverner au nom dAllah Islamisation et soif de pouvoir dans le monde arabeUn livre d’actualité pour mieux comprendre notre monde et son évolution.

Très documenté et synthétique, ce livre nous permet de comprendre d’une part les causes, d’autre part les effets politiques, humains de la dérive actuelle de l’Islam vers l’Islamisme, les enjeux pour le monde….Une présentation pédagogique de la religion musulmane, de l’arabisation des pays musulmans qui abandonnent leur passé, leur culture au nom d’une politique arabe qui uniformise tout… les pays arabes regroupent maintenant des pays comme l’Egypte, la Syrie, les berbères…qui avaient pourtant un riche passé que l’islamisme et la politique « arabe » gomment progressivement

Une présentation pédagogique des différents courants de l’Islam, de leur oppositions : Sunnisme , Chiisme, Soufisme, Kharidjisme.

Boualem Sansal qui avait déjà dénoncé l’islamisme dans « Le village de l’Allemand » confirme avec « Gouverner au nom d’Allah… » son engagement au nom de la liberté, contre l’islamisme, contre cette violence qui nous menace tous et qui se propage insidieusement du fait de la politique des états, de l’attitude d’intellectuels, de la rue « arabe »y compris dans les pays occidentaux qui n’ont pas mis en place une véritable politique d’intégration des musulmans

Quelques points : Les courants religieux radicaux,  les Etats musulmans, les élites intellectuelles et les universités, les médias, la rue arabe, l’émigration ou l’échec des politiques d’intégration, le rôle de la presse,

Un livre dense, fouillé, afin aussi de ne pas confondre « Islam » et « Arabe » …la majorité des pratiquants musulmans ne sont pas arabes, mais vivent en Asie.

Un auteur engagé, qu’on devrait écouter et  entendre, menacé en Algérie, courageux, dont « 2084 – La fin du monde » et l’un des événements littéraires de cette rentrée 2015 …Voir mon autre chronique


Connaître Boualem SANSAL


Extraits

  • « L’Islam n’étant pas encadré par un clergé, et ne disposant pas d’un Vatican, n’organisant donc ni conclave pour désigner un pontife, ni synode ni concile pour trancher sur les décisions de dogme, il appartient à chacun de décider en fonction de sa lecture des textes religieux, des circonstances qui sont les siennes et de l’endroit où il se trouve. » (P. 27)
  • « Nous vaincrons Israël grâce au ventre de nos femmes » (Yasser Arafat) (P. 35)
  • « Le problème capital de la fin de ce siècle sera religieux » (André Malraux) (P. 52)
  • « Partout la communauté musulmane reste passive devant ces agissements qui pourtant la détruisent et nuisent à l’islam » (P. 57)
  • « L’attitude des gouvernements arabes est également critiquée, ils combattent le terrorisme mais nourrissent et protègent l’islamisme qui est sa matrice idéologique et livrent l’enseignement de l’islam à des charlatans ou des idéologues qui transforment l’islam en islamisme ; leur choix est de gouverner leur peuple par l’ignorance et dans la peur afin d’empêcher la revendication démocratique de prendre corps et venir les submerger » (P. 58)
  • « L’idée que la religion n’est pas responsable des crimes commis en son nom est aussi vieille que les religions » (P. 60)
  • « Les jeunes musulmans de la deuxième et de la troisième génération s’engagent massivement et avec ardeur dans la voie de l’islam, dont pourtant ils ont une connaissance rudimentaire, et convertissent avec succès leurs amis chrétiens » (P. 62)
  • « L’Islam en tant que religion révélée qui enseigne à l’homme le « droit chemin » ……est de plus en plus mal connu, même de ses fidèles fervents. Et mal enseigné; on se sait plus utiliser sa force bienfaisante et normative pour contrecarrer les idées mortifères propagées par les prédicateurs d l’Islam radical » (P. 76)
  • « La démocratie est un barrage formidable mais elle est en recul jusque dans les pays qui l’ont vu naître, comme en témoignent la montée continue des extrêmes et de l’abstentionnisme dans ces pays et l’apparition concomitante d’un islamisme endogène fortement revendicatif, ce qui se conçoit, mais aussi  conséquence de ses connexions multiples avec l’internationale islamiste, fasciné par la violence et de plus en plus tenté par le jihad international » (P. 77)
  • « La misère  alimente l’islamisme qui accroît la misère et ainsi de suite » (P. 93)
  • « Le silence des intellectuels est le vecteur le plus fort de l’islamisme » (P. 95)
  • « Le développement de l’islamisme dans le monde occidental est le résultat de politiques inadéquates de l’émigré et de l’intégration » (P. 100)
  • « Ce sont les peuples « arabes » qui dans le monde accusent le plus grand retard dans leur évolution. Toutes les propositions de la modernité sur tous les plans (philosophiques, politiques, scientifiques, culturelles) ont été refusées ou reçues avec suspicion par les pouvoirs de ces pays, qui continuent de pratiquer les mêmes immuables interdits, ressasser les mêmes vieilles aspirations, accorder le même credit aux énoncés de la tradition, bref, de vivre dans le passé, un passé mythifié, sacralisé, figé à jamais. Rien ne doit changer dans leur environnement pour éviter la nouveauté et ses interpellations qui ébranlent les certitudes et détournent de la voie islamique. Pour de très larges pans des sociétés arabes, l’univers mental est celui des premiers temps de l’Islam, d’où la facilité avec laquelle le discours islamiste prend sur elles » (P. 114) 
  • « Les raisons sont nombreuses et discutables (colonisation, guerres coloniales, guerres mondiales, ordre mondial injuste, dictature, pauvreté, etc) mais le fait est là, les populations arabes, bien qu’elles aient accédé à l’indépendance, vivent dans un état de sous-développement extrême. En dehors des féodalités très conservatrices…..les peuples arabes s’enfoncent dans la plus noire des misères. En maintes régions ils vivent comme leurs ancêtres au Moyen Âge…..ils étaient des passeurs de civilisation, ils se sont fermés au monde »  (P. 116)

     

2 réflexions sur “« Gouverner au nom d’Allah : Islamisation et soif de pouvoir dans le monde arabe » – Boualem Sansal

  1. Cette oeuvre a bien l’air toucher des sujets très pertinents à nos jours. Comme vous avez constaté, Jean Pierre, dernièrement je lis des oeuvres qui ont été publiées lors des deux Grandes Guerres (La Peste, Voyage au bout de la Nuit). Je vois aujourd’hui des évènements se réaliser qui ont un resemblance choquant des avant guerres. Est-ce que le nom Albert Pike vous dit quelque chose ?

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