« Le Chat du Rabbin » – T 2 – Le Malka des Lions – Joann Sfar

Le Chat du Rabbin - T2 - Le Malka des LionsL’arrivée de deux lettres va bouleverser la vie de notre rabbin rondouillard et bonhomme et celle de sa petite famille, son chat et sa fille
Il apprend par la première que le consistoire des juifs de France lui propose d’être le rabbin officiel de la communauté, s’il réussit une dictée, la deuxième lui annonce l’arrivée du cousin Malka et de son lion, un cousin qui chamboule le cœur des dames…

Un scénario qui nous permet d’en savoir un peu plus sur la religion juive, ses interdits, son cérémonial, et sur cette Afrique du Nord, du début du XXème siècle, une Afrique dans laquelle les communauté vivaient en bonne intelligence…
Le chat qui m’avait enchanté dans le premier album, par sa pertinence, son insolence et son humour, perd la parole dans celui-ci, parce qu’il a prononcé le nom de Dieu..il le savait pourtant :  « Je m’en fous si c’est interdit, j’invoque le nom de Dieu », il perd la parole mais continue de penser et nous fait part de ses réflexions, de ses interrogations, de sa tolérance, de sa logique philosophique face aux interdits religieux…
L’humour de Joann Sfar transmis par son chat est percutant pour mettre en évidence les interdits, les rites religieux juifs, notamment face à la mort…
Une occasion également de pointer du doigt l’imbrication des communautés juives et musulmanes, communautés qui se parlent s’écoutent……en prenant pour exemple son nom « Sfar »…un nom juif pour les uns ou musulman pour les autres…Savoureux dialogue entre  un âne et le chat…On ne peut s’empêcher de penser au racisme entre ces communautés juives et musulmanes qui ensanglantent nos cités…et au ridicule de ce racisme entre ces communautés…
Là bas les communautés vivaient ainsi « Sur le chemin on croise un vieil arabe sur un âne. Il nous salue. Mon maître offre de l’eau parfumée, l’arabe offre du lait. Ils ont l’air de se connaître. Le vieux parle le même arabe que les juifs : L’arabe littéraire. Il doit venir de loin car les arabes d’ici parlent autrement ». Comme on aimerait que cette paix soit toujours d’actualité.
Vivre ensemble, et se battre pour cela est le message que j’ai retenu de ce deuxième tome, mais il y en a tellement d’autres, un combat qui ne doit pas cesser…
« -Tu sais quoi, on devrait vivre dans une grotte et juste être dans notre coin. J’apporte mes Livres, toi, tes chansons…
-Non. Un jour, Allah nous le reprocherait. Nous serions comme Jonas qui accordait plus d’importance à un arbre qu’aux gens.
-Et alors? Est-ce qu’on n’a pas le droit de dire qu’on a beaucoup fait pour les autres et qu’ils nous fatiguent et qu’on est vieux et qu’on veut être tranquilles?
-Non.  » (P. 39)
…..dialogue en le rabbin et le vieux musulman. 
Et quand vous aurez fini de lire cette BD, relisez-là ….et vous ferez une 2ème lecture différente
Indispensable

Plus sur Joann Sfar


Extraits
  • « Comment va ton épouse?
    -Elle va bien, Dieu merci, elle crie tout le,temps, c’est qu’elle est en forme. J’espère que mes filles n’auront pas le même caractère, parce que pour les marier [ ] il faudra l’aide de Dieu, et des prophètes et des maris sourds » (P. 5)
  • « – Tu ne t’en sortiras jamais sans moi.
    – Quoi, je n’écris pas si mal ?
    – La calligraphie est bien maître, mais dans une dictée, c’est surtout l’orthographe qui compte.  » (P. 14)
  • « Moi je t’accompagnerai le jour de la dictée et je la ferai à ta place
    – Comment oses-tu proposer ça, c’est malhonnête
    – Écoute maître adoré on n’a pas besoin de respecter la loi des fous
    – Tu es rabbin ici depuis trente ans et ceux-là qui n’ont jamais fichu un pied chez nous veulent dire qui est rabbin ou pas. Et pour faire la prière en hébreu à des juifs qui parlent arabe, ils veulent que tu écrives en français, alors pour moi, ce sont des fous ». (P. 14)
  • « Quand on écrit le nom de Dieu, il faut être certain que le papier ou c’est écrit ne sera jamais jeté. Tout papier ou figure le nom de Dieu est comme un être vivant. Quand les livres de prière sont vieux et inutilisables, on les porte en terre au cimetière comme s’ils étaient de vieux sages. Celui qui brûle un livre ou la Torah sera jugé comme le pire des meurtriers. Rien ne peut effacer sa faute, ni la passion, ni l’ignorance » (P. 17)
  • « Alors ils ont prié. Tous les deux. L’un tourné vers Jérusalem, l’autre vers La Mecque. Et ils ont dansé. Le cheikh a pris son oud et il a prêté une tarboukah au rabbin et ils ont dansé et chanté et rigolé et ils étaient plus ivres que s’ils avaient bu » (P. 41)

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