« La musique d’une vie » – Andreï Makine

La musique d'une vieDeux personnages dans une gare en plein hiver russe…ils attendent un train qui a déjà 6 heures de retard. L’un est pianiste..
Échange sur le vie dans le wagon, qui finalement arrive.
La vie d’un musicien, qui aurait pu faire une carrière de concertiste si les purges staliniennes en 1941, ne l’avaient pas contraint à quitter Moscou et à changer d’identité, front russe, avancée allemande, et finalement une petite planque de chauffeur de général. 
La vie d’un russe comme un autre, une vie de peur, peur de partir à tout moment dans les camps, camps qui subsisteront bien après le décès du « petit père des peuples », peur que sa supercherie, son changement d’identité soit découvert.  La vie d’un homme résigné

Fatalisme russe, purges staliniennes

Tout ça on le sait, on l’a lu déjà des dizaines de fois. Mais quand c’est Makine qui écrit, la noirceur de cette époque devient un grand plaisir de lecture. 


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Quelques extraits pour découvrir
  • « D’ailleurs la vie dans ces bourgades à mille lieues de la civilisation était faite d’attentes de résignations, de chaleur humide au fonds des chaussures, et cette gare assiégée par la tempête n’est rien d’autre que le résumé de l’histoire du pays. de sa nature profonde. Ces espaces qui rendent absurde toute tentative d’agir, la surabondance d’espace qui engloutit le temps, qui égalise tous les délais, toutes les durées, tous les projets » 
  • « Cette autre femme, cette jeune femme inclinée vers le cocon de son bébé qu’elle semble envelopper d’un halo invisible fait d’inquiétude, d’étonnement, d’amour. A quelques pas d’elle, la prostituée, en train de négocier avec les soldats : bafouillis excité de deux hommes et son chuchotement un peu méprisant mais chaud et comme mouillé de goûteuses promesses. Les bottes des soldats piétinent sur les dalles, on devine, physiquement, l’impatience que provoque ce corps à la croupe large et lourde, à la poitrine qui bombe le manteau… Et, presque à la hauteur des bottes, le visage d’un homme qui, à moitié glissé, la tête renversée, dort, la bouche entrouverte,un bras touchant le sol. « Un mort sur un champ de bataille », me dis-je de nouveau. »
  • « Il n’avait pas l’impression de jouer. Il avançait à travers une nuit, respirait sa transparence fragile faite d’infinies facettes de glace, de feuilles, de vent. Il ne portait plus aucun mal en lui. Pas de crainte de ce qui allait arriver. Pas d’angoisse ou de remords. La nuit à travers laquelle il avançait disait et ce mal, et cette peur, et l’irrémédiable brisure du passé mais tout cela était déjà devenu musique et n’existait que par sa beauté. »

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