« Le temps d’un soupir » -Anne Philipe

Le temps d'un soupirPeu d’entre nous l’ont connu….Gérard Philipe, immense acteur emporté beaucoup trop tôt, par la maladie,  a quitté notre monde en 1956.
Un livre de souvenirs, écrit par son épouse, sur ces quelques semaines séparant l’annonce de sa maladie de son décès, un livre sur le manque, sur l’absence de l’homme aimé
Une longue et belle lettre d’amour de cette épouse à cet homme.
Tout est dit dans le titre 
Émouvant et beau


Connaître Anne Philipe


Extraits pour découvrir
  • « À chaque heure je me demandais comment il s’était possible, non pas que je vive mais simplement que mon cœur continuât de battre après que le tien se fut arrêté »
  • « Trop se connaître tue l’amour…, le mystère lui est indispensable, comme le soleil au blé. Mais le mystère n’a nul besoin d’être cultivé, l’entretenir, c’est reconnaître sa fragilité. Il faut l’attaque, s’efforcer de le dissoudre. Plus nous irons loin dans le monde de la connaissance, plus nous nous apercevrons que le mystère demeure ». 
  • « Tu fus mon plus beau lien avec la vie. Tu es devenu ma connaissance de la mort. Quand elle viendra, je n’aurai pas l’impression de te rejoindre, mais celle de suivre une route familière, déjà connue de toi » 
  • « Moins de vingt jours s’étaient écoulés entre notre bonheur et sa fin » 
  • « Le silence et le bavardage sont délicieux quand nous les pratiquons comme le luxe suprême de l’amour ou de l’amitié et qu’ils ne camouflent pas un malaise ou une divergence irrémédiable, mais résultent d’un accord si profond que d’eux êtres physiquement dissemblables atteignent une ressemblance plus frappante que celle des traits. « 
  • « Jamais je n’avais regardé la mort avec autant de désinvolture qu’au temps du bonheur. Vivre ou mourir m’était alors presque indifférent. À présent la mort me préoccupait. J’y pensais en traversant la rue, en conduisant une voiture …. » 
  • « Vis ou meurt, mais décide-toi, il faut savoir choisir »
  • « Le travail de la vie continue cependant à se faire en moi. je le sais, je le veux, mais ce que je perçois le plus clairement c’est la grisaille des jours et l’effort pour adhérer au monde alors que souvent le cœur choisit de se mettre en retrait. Je suis toujours à la merci du vertige. Quand je sors le soir, je laisse la lampe allumée. A l’heure du retour, je vois sa lueur derrière les rideaux et je souris de mes ruses inefficaces, car dès que je pousse la porte, je reçois la solitude en plein visage. J’ouvre et je ferme les placards, je remue les flacons, je tourne les robinets mais je n’entends que le silence de ton absence. Je l’écoute, il ne me fait pas peur, il me fascine. »
  • « Je t’appelle et je me jette dans le passé pour ne pas te perdre. Seule dans notre chambre, je reste de longs moments à fixer les lieux où tu préférais te tenir et les objets que tu aimais toucher, je cherche ton empreinte, je te tire de l’ombre et peu à peu tu reviens. »
  • « La douceur de l’air me fait rêver à ce qui fut et à ce qui serait si tu étais là. Je sais que cette rêverie n’est qu’une inaptitude à vivre le présent. Je me laisse entraîner par ce courant sans regarder trop loin ou trop profondément. J’attends le moment où je retrouverai la force. Il viendra. Je sais que la vie me passionne encore. Je veux me sauver, non me défiler de toi. »  (P.159- dernier paragraphe)

Une réflexion sur “« Le temps d’un soupir » -Anne Philipe

  1. Votre hommage à Anne Philippe est très beau. Une petite précision : Gérard Philipe nous a quittés en 1959. Amicalement Francoise

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