« Retour à Domme » – Françoise Houdard

Retour à DommeEn lui léchant les oreilles, un chien lui redonne conscience…Oscar s’est évanoui, des traces de sang sur le pare-brise, un oiseau l’a percuté… un vieil homme Jeanloup, presque aveugle, passant par là, le rassure et bien qu’il n’ait plus conduit depuis bien longtemps, conduit la voiture d’Oscar jusque chez lui..sa femme Emilia est sympathique, le couple lui propose de l’héberger..le début d’une amitié partagée, d’une connivence, des confidences.
Pour Oscar, cet oiseau mort a été un signe que lui a envoyé sa grand-mère, une grand-mère qui avait cru le berner quand il était gamin, avec un rouge-gorge qui s’était tué contre les vitres de la maison…

Oscar se raconte : travaillant dans une grande entreprise de logistique, il a pris quelques jours pour plonger dans son enfance, se rapprocher mentalement de celle qu’il garde  toujours à l’esprit : sa grand-mère.
Une photo de sa grand mère encore jeune portant une broche en forme de rouge-gorge,  une photo avec, au dos, une phrase énigmatique, sert de point de départ d’un jeu de piste, thème de ce roman, d’autant plus que la photo a été prise il y a bien longtemps à proximité, à Domme….une grand-mère un peu fantasque, amoureuse d’une anglais, mort dans un accident de la route. 
Jeu de piste pour comprendre l’origine de cette broche, chercher à savoir ce qu’elle est devenue.
Roman d’une écriture simple et souvent poétique, pour décrire ce Périgord, ses hommes et femmes simples, ce Périgord dont l’âme se perd au fur et à mesure que les maisons abandonnées sont vendues à des anglais, à des étrangers aux pays, venant y chercher le calme, la beauté et le calme des lieux, des prairies, de « bruyères mauves », des « vieux prunelliers fourmillant d’insectes assoiffés »
Roman dans lequel « le hasard tient le premier rôle dans cette histoire », comme dira la fille du couple. Des hasards et des coïncidences peut être trop nombreux pour être crédibles, mais bon…il faut prendre ce roman comme un roman détente, un roman loisir.
Un roman dans lequel chacun immanquablement reprendra contact avec sa grand-mère ou son grand-père, avec ses anciens disparus, retrouvera les souvenirs simples de ces moments de tendresse, perdus à jamais. C’est pour ma part cette tendresse un instant retrouvée pour ma propre grand-mère qui est remontée à mon esprit, cette nostalgie d’un temps sans télé, sans bagnole….cette nostalgie qu’auront peut-être mes petits enfants quand il se souviendront dans bien des années des jours passés chez nous

« …le hasard étant un partenaire fiable… », ce livre vous donnera en quelques heures de lecture de dépaysement et d’évasion un petit bonheur qui remplacera bien des soirées télé.

Merci à Babelio et à Masse critique


Connaître Françoise Houdard


Quelques extraits
  • « Soudain, quelque chose de frais effleure sa peau. Il le perçoit bien, à présent : cela se pose et s’éloigne. Cela lui butine la tempe, le lobe de l’oreille droite. Menus baisers humides. Un souffle tiède fait frissonner les longues mèches éparses sur sa nuque : Oscar écarte les mains de son visage, lentement, très prudemment. Entrouvre les yeux? Le chien détourne la tête en gémissant, comme implorant le pardon de l’homme accroupi dans l’herbe sur le bas-côté de la route, l’homme prostré qu’il avait flairé sans méfiance. « Reste », murmure Oscar. « Reste, je t’en prie. Viens là, le chien. Viens. » (P. 9 – Première phrase du livre)
  • « Les marchés artisanaux, les musées de la vie rurale, ça ne fait que rendre la nostalgie plus amère » (P. 34)
  • « Elle avait un principe, Mamie : il ne faut jamais revenir sur ses pas. J’ai vécu dans sa grâce sans rien savoir de son passé. À quoi bon d’ailleurs ? Mamie pour moi, c’était la liberté des vacances, la joie de l’inattendu. Tous mes copains me l’enviaient, ma grand-mère hors normes. C’est fou ce qu’elle me manque encore. » (P. 37)
  • « C’est ici que j’ai grandi, tu vois, dans ce décor. Ne roule pas trop vite, Garçon. Ça fait tellement longtemps qu’on n’est plus venu par ici. Depuis qu’ils sont tous partis, ceux de ma famille. Et puis sans voiture ….Je pense parfois qu’on est devenu des prisonniers en liberté. Des reclus dans bracelet électronique. Prisonniers de nous-mêmes.  » (P. 70).  
  • « Je suis un solitaire maniaque. Amoureux occasionnel. C’est inconciliable. Immariable, prétend ma mère. Elle se reproche de m’avoir trop couvé. Côté fortune, c’est un peu à l’image du cœur, tu vois : ni trop ni trop peu. J’hériterai un jour le de la maison de mes parents et d’un compte d’épargne suffisant pour me permettre de vieillir à l’aise. Mais c’est vrai que j’ai eu une enfance très heureuse. Lumineuse même. Et des étés fabuleux auprès de Mamie. C’est ça  mon trésor. » (P. 77)
  • « C’est étrange comme la mémoire se rétrécit quand on est déconnecté de tous les outils informatiques. » (P. 102)
     

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