« Le journal de Mary » – Alexandra Echkenazi

Le Journal de MaryLes hommes et femmes de ma génération ont été bercés dans l’amour et les sourires du couple glamour de JFK et de Jackie…soigneusement entretenus par les Paris-Match et autres…la télé n’était pas encore très répandue… Puis un sinistre 22 novembre 1963, fit éclater le crâne du Président, et la vérité sur ce couple qui se déchirait, surtout quand Jackie partit se réfugier et se consoler, quelques mois plus tard, dans les bras et avec les dollars d’Aristote Onassis … Progressivement le monde apprit que Kennedy qui faisait rêver mamies et femmes moins mures était un collectionneur compulsif de conquêtes féminines, capturant avec son charme et son pouvoir, tout ce qui bougeait et portait jupon…un mythe tombait..

Dans « Le journal de Mary », Alexandra Echkenazi, nous dévoile un autre aspect méconnu en ce qui me concerne, du Président Kennedy… : à coté des passades avec les secrétaires de la Maison Blanche, à coté du « beau couple » qu’il formait avec Jackie, et que les tabloïds nous présentait, il vivait depuis plus de vingt ans un grand amour avec une artiste peintre Mary Meyer. Une femme dangereuse aux yeux de la CIA et du FBI : elle était activiste de gauche et pacifiste, fumait. 
Je ne suis pas du tout fan de ces livres d’amour, souvent mièvres et sans intérêt. 
Même si celui-ci ne pas emporté au septième ciel des lectures, j’avoue toutefois qu’une fois vérifiée la vérité historique de cette relation entre Mary et Jack, diminutif américain de John, je me suis laissé prendre par cette relation, par ces deux personnages qui se sont connus alors qu’ils avaient chacun, moins de vingt ans, qui se cherchent, se fuient, se retrouvent. Certaines longueurs sont parfois un peu pénibles. L’auteur sans en faire des tonnes, a certainement jonglé entre fiction romanesque et faits avérés…personne n’était là pour aider cinquante ans plus tard, le lecteur à démêler le vrai du faux…Il faut en accepter l’exercice, même si celui-ci se pare des fumées du haschisch et les hallucinations du LSD. Mais a-t-elle réellement eu après de lui ce rôle de conseiller occulte que l’auteure lui prête ?
Mary Pinchot Meyer, maîtresse énigmatique du Président était une femme libre. Elle avait perdu un enfant et avait divorcé. Son ancien époux était l’un des dirigeants de la CIA, qui surveillait de près ses relations avec JFK qui l’aimait passionnément, au point d’avoir envisagé de ne pas se représenter et de divorcer pour l’épouser. Un amour partagé…elle connaissait son goût immodéré pour toutes les femmes et lui pardonnait ses incartades. Lui, de son coté, faisait tout pour la sublimer :  « Ils te diront que parce que tu es une femme, tu n’es pas capable de faire certaines choses. Ne les crois pas , Mary. Jamais. »
Elle fut, elle aussi, sauvagement assassinée un an après Kennedy, le 12 octobre 1964, alors qu’elle faisait son jogging sur les bords du Potomac. Comme celui de Kennedy, jamais son crime ne fut élucidé…. Et si les assassins étaient les mêmes? …En tout cas son journal dans lequel elle enregistrait ses rencontres avec le Président ne fut jamais retrouvé.

N’est-ce pas en partie, ce que l’on attend de la littérature : nous transporter dans l’imaginaire ?


Qui est Alexandra Echkenazi


Quelques extraits
  • « Et qui était-elle pour qu’on s’intéresse à elle au point de vouloir l’éliminer ? Elle n’était qu’une maîtresse de Kennedy parmi d’autres. Non, lui avait-on répondu, elle n’était pas une maîtresse parmi d’autres. Elle était la femme de sa vie, une femme très dérangeante pour beaucoup de monde. » (P. 11)
  • « Le sexe et le cœur sont deux choses différentes. Le second t’appartient pour toujours. Et le premier est à toi quand tu veux. » (P. 43)
  • « Je sais que de ton côté, même si tu ne réponds pas à mes lettres, tu penses à moi. Tu n’as pas le choix. C’est bien le but de ce harcèlement postal. Je remarque que si tu joues les indifférentes, tu n’as pas dévoilé notre petit secret. J’ai croisé Bill l’autre jour et il m’a embrassé comme du bon pain. J’en ai déduit qu’il ne sait pas que j’oeuvre depuis six mois pour lui piquer sa petite amie, sinon il m’aurait cassé la gueule. Ce dont je me moque royalement. Je suis prêt à me faire massacrer si au bout du compte je te récupère. Je n’ai aucune fierté. » (P. 50)
  • « Décidément, lorsqu’il désirait quelque chose, Jack savait y mettre les moyens. Jamais aucun homme ne m’avait fait une cour aussi assidue. Était il comme ça avec toutes les femmes ou uniquement avec moi. Avec toutes probablement. C’était sa nature, m’avait prévenue Jackie » (P. 98)
  • […] j’ai découvert le twist. Je me défoule comme une folle au son de Chubby Chekker et de son tube ‘The Twist’. C’est la danse la plus simple du monde : il faut faire comme si on s’essuyait les fesses avec une serviette tout en écrasant une cigarette avec le pied. (P. 161)
  • « Très chère Mary,
    […]
    C’est bien beau d’être le premier amant d’une femme (ou le deuxième, ou le troisième), mais rien n’est plus magnifique que d’être le dernier. Remercie donc Noland de ma part. Et maintenant que j’ai réalisé qu’il n’était qu’une étape pour toi avant moi, j’ai décidé de prendre mon mal en patience. Je serai ton dernier amant, Mary, le véritable homme de ta vie.
    – signé : Ton Jack qui t’attendra autant de temps qu’il faudra (si c’est moins longtemps que prévu, ça me va aussi). » (P. 101-102)

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