« L’Hirondelle avant l’Orage » – Robert Littell

L'hirondelle avant l'oragePour un poème non publié, seulement dit à une poignée de personnes, dont une a parlé, Ossip Mandelstam, poète russe connut le Goulag, la torture à la Loubianka, dans les caves de laquelle les tchékistes torturaient, et exécutaient les prisonniers d’une balle dans la tête. « Mort d’un arrêt cardiaque » telle était le message que recevaient les familles sous Staline. 

Ce roman très documenté, écrit après une visite de l’auteur à la veuve de l’écrivain Ossip Mandelstam, retrace ses 5 dernières années de vie, dans une « ville moins douze » c’est à dire loin des 12 plus grandes villes de l’URSS, puis au goulag où il mourut. Son corps fut jeté à la fosse commune.
Terrible témoignage sur cette période, sur les procès dans lesquels chacun pouvait être accusé, déporté, ou exécuté pour un autocollant de la tour Eiffel sur une valise, la vie dans les camps, les fosses communes…On y retrouve une partie de l’atmosphère décrite par Arthur Koestler dans « Zéro et l’infini« .
L’auteur nous dépeint ces personnages Staline d’une part, Mandelstam et les écrivains d’autre part fascinés les uns par les autres, se craignant mutuellement mais pouvant avoir parfois des relations très troubles
Un livre qui peut être complété par la lecture de « Contre tout espoir » de Nadejda Mandelstam, veuve de Ossip  Mandelstam. 
Le poème : 
« Nous vivons sourds à la terre sous nos pieds
A dix pas personne ne discerne nos paroles.
On entend seulement le montagnard du Kremlin,
Le bourreau et l’assassin de moujiks.
Ses doigts sont gras comme des vers,
Des mots de plomb tombent de ses lèvres.
Sa moustache de cafard nargue,
Et la peau de ses bottes luit.
Autour, une cohue de chefs aux cous de poulet,
Les sous-hommes zélés dont il joue.
Ils hennissent, miaulent, gémissent,
Lui seul tempête et désigne.
Comme des fers à cheval, il forge ses décrets,
Qu’il jette à la tête, à l’oeil, à l’aine.
Chaque mise à mort est une fête,

Et vaste est l’appétit de l’Ossète. »


Qui est Robert Littell


Quelques extraits
  • « Le problème avec les films soviétiques muets ou parlants, c’est qu’ils sont très riches de détails et très pauvres en idées, mais il est vrai que la propagande n’a pas besoin d’idées » (P.24)
  • « Ce qui n’est pas un secret d’Etat relève du secret d’Etat » (P.124)
  • « Avec le recul, je me rends compte qu’une arrestation est une expérience merveilleusement libératrice, elle vous libéré de la terreur d’être arrêté » (P.129)
  • « Dans la tradition tchekiste, pour mériter le nom de torture, une procédure doit choquer la conscience….comment une procédure peut-elle choquer la conscience de quelqu’un qui n’en a pas » » (P.154-155)
  • « La reconnaissance est une maladie de chien » répliqua Staline (P.195)
  • « Je suppose que je ne devrais pas me plaindre. J’ai la chance de vivre dans un pays où la poésie compte – on tue des gens parce qu’ils en lisent, parce qu’ils en écrivent. « 

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