« Les saisons de la nuit » – Colum McCann

Les saisons de la nuitUn grand roman sur l’amitié, un grand roman sur New York, sur les conditions de vie dans cette ville de ses habitants entre 1916 et les années 90, sur le racisme, les mariages mixtes mal vus, la pauvreté, la misère….. 
Toute la vie des personnages de ce roman a pour toile de fond soit les tunnels de New York, soit les gratte-ciels, sans lesquels New York ne serait pas New York. On assiste à leur terrassement ou à leur construction. 
Faits historiques et faits romancés se mêlent. 
À la suite d’un accident du travail lors du creusement d’un tunnel deux des survivants se lient d’amitié, malgré leurs différences, l’un est blanc l’autre est noir. Si ces différences n’existent pas au cours du travail, face au danger, elles réapparaissent à l’extérieur. Pas pour eux!!!

Cette amitié va se poursuivre au cours des 3 générations que nous suivons. 
Un roman également sur la vie des clochards new-yorkais… On se demande un peu ce que le personnage Treefrog, l’un deux, habitant sous la ville dans un tunnel ferroviaire, dit le Goulag, vient faire au milieu de ce livre….patience…
J’ai beaucoup apprécié l’écriture, le style. Connaissant un peu New York, j’ai retrouvé des images, des odeurs, une agitation, une vie, un cadre.

Un grand plaisir, un grand conteur


Qui est ColumMcCann


Quelques extraits
  • « C’est seulement sous terre que la couleur est abolie, que les hommes deviennent des hommes. « 
  • « On oublie qu’on a du sang dans le corps, tant que ce n »est pas le notre qui coule »
  • « Les journées passent avec une lenteur perverse. Même le jour est long à s’éteindre. On dirait qu’un présent éternel remet sans cesse l’avenir à plus tard. »
  • « Il se met à chanter : « Seigneur, j’suis tellement au fond du trou, quand je lève les yeux, je vois que le fond. » « 
  • « L’appartement a été agrandi quand le propriétaire s’est fait prendre pour violation de la réglementation sur le logement. La vue a changé ces dernières années- le soleil est caché par de grands ensembles qui se dressent en travers de la ville. Des immeubles gigantesques, bruns et gris, qui barrent l’horizon d’un front sinistre. Du linge sèche aux balcons. Les jeunes communiquent par les fenêtres voisines avec des boites en fer au bout d’une ficelle. On reconnaît les suicides a la durée des cris. »
  • « Parfois, des couples s’injurient en se penchant aux fenêtres. Tout un paysage d’amour et de haine. Une brutalité sensible dans l’atmosphère. De la tendresse aussi, pourtant. Il y a là quelque chose de si vivant que le cœur de la ville semble près d’éclater de toute la douleur qui y est accumulée. Comme s’il allait soudain exploser sous le poids de la vie. Comme si la ville elle-même avait engendré toutes les complexités du cœur humain. Des veines et des artères – semblables aux tunnels de son grand-père – bouillonnantes de sang. Des millions d’hommes et de femmes irriguant de ce sang les rues de la cité. »

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