« Meilleur ami / Meilleur ennemi » – James Kirkwood

Meilleur ami - Meilleur ennemiUn jeune homme, Peter Kilburn, élève dans un collège est emprisonné, il a tué le directeur de son lycée et écrit à son avocat qui lui a demandé de consigner par écrit le déroulement des faits une longue lettre afin de lui expliquer  son geste.
Nous sommes en 1929.
Ce gamin ressemble par bien des cotés à l’auteur : son père est acteur de cinéma, un acteur du muet dorénavant oublié par les producteurs, tirant le diable par la queue, sa mère est décédée quand il avait six ans, …le père de James Kirkwood était non seulement acteur de cinéma, mais également réalisateur et scénariste, sa mère était actrice.

Peter a été pris en grippe par Franklin Hoyt, directeur protestant puritain de l’établissement. Il sait que la scolarité de Peter est payée par un ami de son père. Un père toujours fauché, et veuf…sans compter que Peter est catholique…. au fil des pages on découvrira également son coté hypocrite et pervers.
Peter, isolé dans l’établissement trouve en Jordan, nouvel élève arrivant en cours d’année, son seul ami. Une amitié et une complicité grandissantes que M.Hoyt veut à tout prix briser…
Je ne vous en dis pas plus…
Je vous laisse découvrir ces belles pages, drôles et troublantes parfois, sur l’amitié entre ces deux ados, sur la perversité d’un homme, dont la religion prêche l’amour, mais qui pratique sans aucune gène la haine et la violence. Une amitié et une complicité suspectes aux yeux de cet homme qui, au fil des pages, devient de plus en plus en plus malsain et répugnant.
Il y là sans doute des thèmes en résonance avec une partie de la personnalité de l’auteur James Kirkwood, avec son homosexualité qu’il voulait à tout prix cacher, en résonance également avec l’hypocrisie de l’époque…
Cette hypocrisie, cette perversité ont pour cadre un collège, elles étaient également celle de tout un pays puritain, l’Amérique et celles du monde des années 60.
 
Une belle découverte de cet auteur maîtrisant aussi bien la psychologie de ses personnages,  la description de la vie des ados dans les collèges, que la violence grandissante des situations…une violence qui trouvera son apogée avec la mort de Franklin Hoyt…une mort connue dès les premières lignes !
 

Qui est James Kirkwood


 Quelques lignes 
  • « Apres ça, il l’a dit que d’après la copie de mon dossier scolaire, il savait que j’avais un Q.I exceptionnellement élevé mais que j’avais aussi un an de plus que la plupart des élèves de dernière année. » (P. 62)
  • « […] il a souri pour la première fois. Son sourire était effrayant ; il l’aura toujours été pour moi. Il arrivait trop vite, on aurait dit qu’il faisait violence à tout son visage, et repartait aussi vite. C’est curieux, mais la première fois qu’il m’a souri, je me suis senti plus mal à l’aise que pendant tout le reste de notre entretien. » (P. 63)
  • « Je me suis juré que ce serait moi qui le réduirait à néant, moi qui lui montrerais, moi qui le convaincrais qu’il avait tort sur mon compte et même qui le contraindrais, d’une façon ou d’une autre à me présenter des excuses. » (P. 83)
  • « Le lendemain matin, je se suis attelé à mon programme sans perdre un seul instant. Je me suis mis à mes études comme jamais je ne l’avais fait auparavant. J’avais résolu d’obtenir des résultats excellents. Je ne me suis peut-être pas inscrit à des activités particulières mais j’ai fait tout ce qu’on attendait de moi et sans me faire de grands amis, j’ai veillé à ne pas me faire d’ennemis histoire d’éviter des ennuis. » (P. 85)
  • « Je me suis aperçu que, quand on veut apprendre quelque chose, si on absorbe dès le premier jour jusqu’à la plus petite goutte de connaissance distillée dans une certaine matière, ça devient très facile. Les connaissances qu’on en a sont dépourvues de ces trous qui peuvent faire trébucher, comme de ces vides qui peuvent embrouiller les idées. On continue ainsi sa route avec une attention bien claire, bien nette, ingurgitant toujours plus d’informations, assimilant sans mal des indications et des données supplémentaires. » (P. 85)
  • « Quand j’y pense : en tuant un homme, j’ai tué toute l’école. »(P. 91)
  • « Comme ça fait chaud au cœur, quand quelqu’un veut savoir à quoi vous pensez puis vous dit de la fermer dès le moment où vous ouvrez la bouche. » (P. 141)
  • « A la naissance, quand le Grand Farceur Qui Est Dans Le Ciel vient nous voir avant notre « extraordinaire » séjour sur terre, il nous donne à chacun une petite boîte de couleurs en métal avec à l’intérieur deux pinceaux et toutes ces petites pastilles de peinture à ‘eau, une rouge, une bleue et une jaune, les couleurs primaires. Après, on est censés venir sur terre pour passer notre vie à peindre de jolies images (études, travail, amour, mariage, enfants à mettre au monde, à élever, etc.). (P. 191)
  • « Vous trouvez peut-être ça drôle mais un beau jour, quand vous serez sur votre lit de mort, vous aurez les jetons en pensant à ce qui vous attend et vous ne rirez plus! » (P. 219)

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