« Le dernier frère » – Nathacha Appanah

Le dernier frèreUn vieil homme de soixante-dix ans habitant l’ile Maurice, Raj, s’habille pour se rendre sur une tombe…il s’est réveillé à la suite d’un rêve : David un gamin se tenait appuyé au chambranle de la porte…
Il se rend dans un cimetière de tombes juives couvertes d’étoiles de David. D’autres souvenirs lui reviennent à l’esprit, violence de son père, perte de ses deux frères emportés par une crue d’orage…ce qui obligea ses parents à quitter leur ancien logement dévasté.
Par la suite le père violent fut embauché dans un camp dans lequel se trouvait des hommes et femmes maigres et des enfants dont David, jeune gamin juif hébergé dans un camp de réfugiés tenus par des soldats anglais.
Son père y exerçait des fonctions de garde-chiourme…

David et Raj se sont rencontrés de part et d’autre des barbelés, David lui apprendra d’une part qu’il est juif et d’autre part, ce qu’est un juif  alors qu’une guerre se déroule en Europe..mais on n’en sait guère plus.  
Tout ce que sait Raj vieillard, il l’a appris et compris après cette période, après le décès du gamin David. Leur relation aurait été différente, si enfant il avait su. Il en est certain.
Je pensais à la lecture de la 4ème de couverture en appendre un peu plus sur le contexte historique de l’arrivée de ces juifs sur l’ile Maurice. Je n’en ai rien su ou si peu : « …c’étaient des immigrants d’Europe […] leur bateau s’était échoué sur l’île en route vers l’Australie. »
J’ai par contre lu une belle histoire d’amitié entre deux enfants, lu leur peur, différente, peur du père en ce qui concerne Raj, peur de David face à l’incertitude de l’avenir, lu l’innocence de l’enfance.
Cette histoire en fait un livre tendre, plaisant à lire y compris par les ados, un livre qui fait voyager et rêver le lecteur.

Un roman détente. 


 

Qui est Nathacha Appanah


 
Quelques lignes
  • « Les tombes surmontées de l’étoile de David sont alignées par rangées de dix, face à la mer bleu électrique-métallique dirait peut-être mon fils. Avec les arbres autour, on a l’impression que ces étoiles attendent que descende le ciel. » (P. 14)
  • « Il a dix ans, à jamais. Encore une fois, c’est moi qui ai survécu et je me demande bien pourquoi. » (P. 16)
  • « Ma mère rentrait en fin d’après-midi et mon père, lui, eh bien, il rentrait quand il rentrait, toujours saoul, tremblant et bégayant, lançant ses bras et ses pieds comme une marionnette désarticulée. » (P. 21)
  • « Le soir tombait vite, les hommes rentraient du champ et commençait alors une autre vie pour nous et notre pauvre mère, remplie de cris, de relents d’alcool et de pleurs. Tous les hommes du camp buvaient, je ne sais où et quand ils achetaient cette boisson puisque personne ne mangeait à sa faim. » (P. 26)
  • « Je ne me souviens pas du moment exact où j’ai remarqué David. Peut-être était-ce quand il a marché vers les barbelés. J’ai d’abord vu ses cheveux magnifiques, cette masse qui flottait autour de sa tête, et qui pourtant était bien à lui, comme jamais quelque chose n’a été à moi, ces boucles qui cachaient son front et la façon dont il avançait, guindé, pas en boitant, non, il donnait l’impression d’être fait de bois et de fer et que ses mécanismes n’avaient pas été huilés depuis un bon moment. » (P. 55-6)
  • « Je ne sais pas si je dois avoir honte de le dire mais c’es ainsi : je ne savais pas qu’il y avait une guerre mondiale qui durait depuis quatre ans, quand David m’a demandé, à l’hôpital, si j’étais juif, j’ai dit non parce que j’avais la vague impression que juif désignait une maladie puisque j’étais dans un hôpital, je n’avais jamais entendu parler de l’Allemagne, je ne savais pas grand-chose en réalité. J’avais trouvé David, un ami inespéré, un cadeau tombé du ciel et en ce début d’année 1945, c’est tout ce qui comptait pour moi. » (P. 88)
  • « Ma mère a été la chance de ma vie, ce que l’existence m’a offert pour me garder dans les rails, sur le bon chemin, un piler de force, de bonté, de constance et de renoncement, pour me faire comprendre qu’il y avait autre chose sur terre et, avec elle à mes côtés pendant mon enfance, je ne suis pas devenu ni fou, ni méchant, ni désespéré. » (P. 103)
  • « Finalement, cette prison de Beau-Bassin où étaient enfermés des Juifs refoulés de Palestine ressemblait à ce qu’elle était vraiment : une chose monstrueuse. » (P. 108)
  • « Je pensais qu’à mon grand âge je regarderais ma vie avec indulgence, car je sais que regretter ne sert à rien, qu’il faut beaucoup de chance pour accomplir ses rêves, que la meilleur façon de vivre est de faire du mieux qu’on peut à chaque instant, et qu’il y a tellement de choses qui se font sans nous quand bien même nous passons notre temps à courir comme des fous, à croire que nous pouvons y changer quoi que ce soit. » (P. 160)
  • « Nous passons notre temps à essayer de lire les lignes de la nature.Je crois que de tout temps les hommes ont été comme cela, à guetter des réponses, des signes, des avertissements, des punitions et des récompenses qui viendraient de l’au-delà. » (P. 181)

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