« Extrêmement fort et incroyablement près » – Jonathan Safran Foer

Extrêmement fort et incroyablement prèsExtrêmement….Incroyablement…
Serait-ce donc un livre superlatif ?…Il enchante les uns déçoit les autres…Presque pas de demi mesure…
En tout cas, c’est un livre original, mettant en scène un gamin de neuf ans, Oskar, avec un k…sans doute, me suis-je dis, parce que ce gamin est un cas…Un gamin qui a perdu son père, écrabouillé, disparu dans l’effondrement de l’une des deux tours jumelles le 11 septembre. On ne retrouvera pas son corps, un cercueil vide sera inhumé. 
Pas banal, pas du tout larmoyant, malgré tout.
Oskar, gamin curieux, vif d’esprit, plein de fraicheur et d’humour retrouve dans les affaires de son père un vase bleu, contenant une enveloppe sur laquelle est écrit « Black » à l’encre rouge…étrange d’écrire ce mot à l’encre rouge… A l’intérieur, une clé qui n’ouvre aucune des portes de l’appartement, une clé d’une forme bizarre….

Début d’un long jeu de piste souvent surréaliste du gamin qui va faire l’école buissonnière, à la recherche de la serrure qui sera ouverte par cette clé. Une recherche à la fois sur Internet, mais aussi chez tous ceux qui se nomment « Black » à New-York… la quête d’une aiguille dans une botte de foin.
Trouvera..Trouvera pas ? 
Au fil des pages on découvre un gamin créatif, inventif, se posant des questions sur tout, et imaginant des réponses à tout…des tours qui s’écarteraient automatiquement devant les avions, « des avions glacés, qui seraient à l’abri des missiles à tête chercheuse thermique », « des pistolets avec des senseurs dans la crosse qui détecteraient la colère ? Si on était en colère, ils ne tireraient pas, même si on était policier. » 
Bref, un gamin d’une grande maturité préservant sa mère des appels de détresse de son père enfermé dans les tours… je ne vous dis pas tout. Un gamin perspicace et j’en passe..
Dans certains chapitres, des personnages nous parlent de Dresde…ville bombardée, détruite…un parallèle avec la destruction des tours. On découvrira alors les grands parents du gamin, un gamin qui n’est pas le seul à s’exprimer.
Alors qu’en penser?
C’est un livre original tout d’abord car il prend pour fil conducteur l’acte terroriste, vu avec les yeux d’un enfant qui a perdu son père, un gamin qui se relève de sa peine et qui décide que la vie continue, que l’humour n’interdit pas le souvenir… Avec son regard et ses mots d’enfant, et presque un certain détachement, il nous  parle de ce manque, de ce drame, et de son amour pour ce père dont il veut poursuivre la mémoire…
Un livre chargé d’émotions sans être larmoyant
Original aussi du fait de la conception graphique de certaines pages, mots encadrés de rouge, mots en couleur. Original également du fait de la distance prise par l’auteur avec les règles de mise en forme de certains textes,  plusieurs pages avec un seul mot, voire vierges, ou devenant de plus en plus illisibles et noires du fait de la superposition de plusieurs textes…J’avoue que j’ai décroché, que je n’ai compris cette créativité de l’auteur qui m’a dérouté.
Original aussi du fait des photos, certaines floues, d’autres psychédéliques presque, dont on se demande ce qu’elles viennent faire, si ce n’est nous rappeler l’esprit créatif du gamin et certaines beaucoup plus dérangeantes de corps tombant des tours…
J’ai aimé et j’ai été très agacé. 
La fraîcheur de certaines réflexions du gamin, sa tendresse pour son père disparu, pour sa mère, sa vivacité d’esprit, le scénario du livre m’ont plu, même si certaines situations sont un peu tirées par les cheveux! Mais n’est-ce pas le propre des contes de notre enfance? …
Trop « classique » sans doute je n’ai pas vu l’intérêt de certaines mises en pages ou photos, j’en ai même été agacé.
En tout cas depuis que je lis, c’est le premier livre que je lis, qui s’écarte de bien des sentiers tracés. 

Donc un livre qui ne peut pas laisser indifférent

Éditions de l’Olivier – Traduction : Jacqueline Huet et Jean-Pierre Carasso –  2003 – 425 pages



Quelques lignes
  • « Message deux. 9 h 12. C’est encore moi. Vous êtes là ? Allô ? Pardon si. Il commence à y avoir un peu de. Fumée. J’espérais qu’il y aurait quelqu’un. À la maison. Je ne sais pas si vous avez appris ce qui s’est passé. Mais. Je. Voulais vous dire que moi, ça va. Tout. Va. Bien. Quand vous aurez ce message, appelez grand-mère. Pour lui dire que ça va. Je rappelle dans quelques minutes. Espérons que les pompiers. Seront arrivés quand. J’appellerai. » (P. 91)
  • « « Les humains sont le seul animal qui rougit, qui rit, qui a une religion, qui fait la guerre et qui embrasse avec les lèvres. Alors en un sens, plus on embrasse avec les lèvres, plus on est humain.
    — Et plus on fait la guerre ? » » (P. 131)
  • « La timidité c’est quand on détourne la tête de ce qu’on veut. La honte c’est quand on détourne la tête de ce qu’on ne veut pas. » (P. 232)
 

4 réflexions sur “« Extrêmement fort et incroyablement près » – Jonathan Safran Foer

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