« L’arabe »- Antoine Audouard

L'arabe« L’Arabe »…Ce titre lu par hasard, la tête de coté dans les rayons d’une bibliothèque m’a envoyé une claque : un titre qui fleure le racisme, le rejet, la différence de l’étranger, de l’autre.
L’Arabe, c’est celui dont on se méfie. Il est celui accusé de faire ses coups en douce, accusé de mille défauts et rejeté…Que de soupçons, que de sectarisme, derrière ces mots : « C’est un arabe !!! ».

Sud de la France, pas loin de la mer et des étangs, un fleuve…il appartient au lecteur de situer le lieu de l’action, selon ses préjugés ou ses connaissances. Chacun se fera sa propre idée. L’Arabe personnage central du roman, dont on ne connaîtra jamais ni le nom ni le prénom – ça n’intéresse personne – vit dans une cave et travaille dans un chantier d’extraction de granulats. Il conduit son dumper et est apprécié de son patron et de ses collègues…mais pas de sa voisine Mamine qui l’espionne par un petit trou entre son logement et la cave de l’Arabe.
Je n’en dirai pas plus…
Alors le jour où un événement grave se produit, mettant en émoi le village…on trouve de suite quelqu’un à soupçonner…l’étranger au village, celui qu’on méprise, qu’on rejette, l’Arabe, celui dont le frère est accusé et emprisonné pour terrorisme.
Racisme quotidien.
Au fil des pages l’action, les réactions des uns et des autres deviennent de plus en plus dérangeantes…..heureusement quelques personnages du roman en sortiront grandis. 
Quelques heures de lecture salutaire…Il est bon de temps en temps d’être dérangé par un roman bien écrit, décrivant page après page cette banalisation du racisme, cette montée du racisme « culturel » qui s’invite en politique !
Banalité de l’exclusion, du rejet de la différence, de la peur de l’autre, de la rumeur, des amalgames…
Éditions de l’Olivier – 2009 – 259 pages

Quelques mots sur Antoine Audouard


Quelques lignes

  • ‌ »La différence, c’est les Arabes. Des Italiens, des Espagnols, des Portugais, des Normands, un Polonais, un Breton, des Indochinois et même un Noir il y a eu au village et, ma foi, on est toujours là. Mais les Arabes, comme avait dit José, c’est pas pareil, c’est pas du racisme, c’est culturel. » (P. 14)
  • « …on sait qu’un boulot mal fait c’est un boulot d’Arabe, on sait qu’un braquage ou un viol, c’est les Arabes, on sait que les primes elles sont pour les Arabes, on sait qu’un trafic de drogue à la ville dans le sous-sol d’un parking, c’est les Arabes, et on sait qu’un avion qui explose dans une tour c’est encore les Arabes, on le sait bien. » (P. 42-3)
  • « – Tu te souviens que tu n’as pas le droit de sortir du pays ?
    L’Arabe se mit à rigoler.
    -Avec le mal que j’ai eu à y entrer, c’est pas demain la veille que j’en sors. » (P. 143)
 

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