« Tabou » – Ferdinand von Schirach

TabouJ’ai été intrigué par cette couverture, qui ressemble beaucoup à celle du film « l’Aveu »….J’avais dans « Coupables » apprécié l’auteur avocat Ferdinand von Schirach….Il n’en fallait pas plus pour me tenter.
Indéniablement il s’agit bien d’une similitude voulue. 
Pendant deux premières parties qui peuvent paraître un peu longuettes, l’auteur nous fait découvrir Sebastian von Eschburg son personnage central, jeune homme né dans une famille autrefois aisée, et traumatisé par le suicide de son père.
Il découvre par hasard la photo et en fait son métier. Il travaille pour le compte d’entreprises, d’architectes, et met en valeur leurs produits, leurs bâtiments par la qualité de ses photos d’art. Des photos qui n’ont rien à voir avec celles que nous faisons, elles sont mises en scène, travaillées, manipulées…Il devint célèbre avec les photos artistiques de sa maîtresse dénudée, Sofia….: « Eschburg devient célèbre parce que les personnes qu’il photographiait l’étaient… » 

Bref pendant près de la moitié du livre, on se demande ou l’avocat Ferdinand von Schirach veut nous conduire…
Tout s’accélère d’un coup, quand notre homme avoue un meurtre sans cadavre. Le romancier Ferdinand von Schirach alors endosse sa robe d’avocat sous les traits de Konrad Biegler avocat de Sebastian….compléments d’enquête, recherche des éléments juridiques ou factuels permettant de bâtir sa plaidoirie et de défendre son client,  plaidoirie….se succèdents
Du grand art d’auteur et d’avocat…
Chacun de trois premiers chapitres du roman porte le nom d’une couleur, Vert, Rouge, Bleu…comme la toupie que j’avais reçue à Noël il y a plus d’un demi-siècle…Quand elle tournait très vite, le Blanc apparaissait…les trois couleurs donnaient naissance au Blanc…qui n’est pas une couleur..
Blanc est le titre du quatrième chapitre du livre…Un chapitre qui n’en est pas un …à peine une page.
Ne manquez pas l’appendice de trois lignes…et les 12 dernières pages…TAbou couleurs-primaires
Alors coupable ou non coupable ? Aveux, justice, culpabilité, manipulations, plaidoirie se télescopent. 
Beau coup de cœur !
Editions  Gallimard, coll. « Du monde entier » – Traducteur Olivier Le Lay – Première parution : 2013 – 2016 – 224 pages 

 Quelques mots sur Ferdinand von Schirach


Quelques lignes
  • « Petit à petit, il obtint des contrats, réalisa des photos pour des catalogues de vente par correspondance, de petits photoreportages consacrés à des immeubles modernes, se chargea de quelques prises de vue pour tel ou tel musée de la ville. » (P. 67)
  • « Au fond c’est fort simple : j’ai compris un beau jour que l’homme n’appartient qu’à lui-même. Et non à un Dieu, à une Eglise, à un Etat -rien qu’à lui-même. Telle est sa liberté. Elle est fragile, sensible, vulnérable. Le droit seul peut la protéger.. » (P. 178)
  • « En justice, on ne pose pas de question dont on ne connaisse déjà la réponse. » (P. 188)
  • « Saviez-vous que la plupart des personnes qui se suicident se tirent une balle en pleine tête, quand elles ont la possibilité ? Pas dans le cœur, non, en pleine têt . C’est l’effroi que suscite notre propre personne. Nous ne supportons pas la culpabilité qui est la nôtre. Nous parvenons à pardonner à tout le monde. A nos ennemis, aux traîtres, aux êtres qui nous trompent. Mais il nous est impossible de nous absoudre nous-mêmes. Nous nous cassons les dents sur ce que nous sommes. » (P. 189)
  • « Chaque procès tient en partie de la pièce de théâtre, non? Nous rejouons les faits à grand renfort de mots, de preuves, de requêtes, d’auditions de témoins. Nos ancêtres pensaient que le Mal perdrait ainsi tout pouvoir sur nous. Ce n’était pas si bête. » (P. 207)

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