« À crier dans les ruines » – Alexandra Koszelyk

Drôle d’idée que de vouloir partir en bus vers Tchernobyl ….

Léna se rend à Pripiat, une ville proche de Tchernobyl. Elle à payé 500 $…Elle y a vécu dans cette ville devenue ville fantôme depuis ce sinistre 25 avril 1986.

Ses parents ont tout quitté dans les jours qui suivirent cette catastrophe, et sont partis emportant quelques bagages d’objets de valeur ou de première nécessité et abandonnant tout ce qui faisait leur vie, et surtout les plus vieux, parents et grands-parents. 

« Déroute…débâcle…nature…radiation……famille…France…Paris…nouvelle vie »

La France les a accueilli, et ils y ont refait leur vie.

Léna, a quant à elle abandonné Ivan, son amour d’ado, un gamin qu’elle connaissait depuis son enfance, un gamin qu’elle espère retrouver. Au moment de la quitter, elle lui a donné son pendentif en ambre. En retour il lui a donné deux petites figurines qu’il a sculptées.

Allers-retours entre cette vie d’avant la catastrophe, la vie de Léna en France et celle d’Ivan, entre leurs souvenirs communs et leurs propres vies en France et à Pripiat…

Ce roman me tendait ses pages sur le présentoir de la Médiathèque alors que je rendais « La supplication«  le livre de Svetlana Alexievitch…pourquoi pas rester dans le thème?…

Oui, mais…!

C’est, sans aucun doute, bien écrit, mais j’avoue que j’ai failli lâcher ce livre, qui ne m’apportait rien de plus, sauf cet amour réciproque d’ados, qui malgré toutes les épreuves de l’un et toutes les tentations occidentales de l’autre, ne se sont jamais oubliés.

Des ados devenus adultes.

Un roman qui, en ce qui me concerne, m’a peu apporté. 

Il pourra par contre sensibiliser les lecteurs peu informés de cette catastrophe, sur la vie dans cette ville de Tchernobyl, et ses environs dans les jours qui ont suivi ce drame et aujourd’hui, les lecteurs jeunes, pas nés en 1986, n’ayant pas eu à connaître les reportages et émissions spéciales, diffusées en boucle, les alertes quant au nuage radioactif qui s’arrêta heureusement à nos frontières…. 

Éditeur : Aux forges de Vulcain – 2019 – 251 pages


Lien vers la présentation de Alexandra Koszelyk


Quelques lignes

  • « Chaque petite fille avait la même coiffure : de fines tresses qui se terminaient par un ruban du même rouge que le drapeau soviétique. Les garçons, la main sur le cœur, portaient un foulard, savamment noué. » (P. 16)
  • « Dans la forêt, la nature souffre. Elle économise ses souffles : elle amasse ses dernières forces pour se battre contre la bêtise de l’homme. Le particules malignes, torrent de boue invisible à l’œil, nu se déversent. Les radiations sont là, elles ont la force d’une armée de l’ombre insidieuse : aucun radar militaire ne peut les détecter. » (P. 44)
  • « Les nettoyeurs, recouverts de protections hasardeuses, entreraient dans la ville contaminée comme ces soldats de première ligne que la guerre sacrifie et appelle vulgairement de la «chair à canon». » (P. 58)
  • « Tu vois, c’est ce qu’on appelle « la fente de timidité ». Les arbres ne se touchent pas. ils se regardent de loin, mais ils gardent leur distance. Ce n’est pas de la méfiance, mais du respect. La nature sait ce qui doit être. Les feuilles ne s’étouffent pas entre elles, tout le monde a sa place, de façon harmonieuse. Ni domination, ni soumission. La nature enseigne tout à celui qui la regarde vraiment. » (P. 186)
  • « L’homme a trois chemins devant lui : la technologie, l’amour et la nature. Les négligences de la première ont brisé ma patrie, le second m’a oublié, il ne me restait plus que la troisième voie. La nature et sa forêt de bras. » (P. 227)
  • « En 1986, il y a eu une autre catastrophe : l’explosion de «Challenger». Il parait que cela a fait perdre vingt ans au programme spatial international. tout ça pour sept morts. Et Tchernobyl ? Combien de morts ? Combien d’années cela a-t-il fait perdre ? Aucune. Dans le monde, les réacteurs nucléaires ont continué de proliférer, comme si tout le monde avait détourné le regard. Comme si notre ville avait été enfouie sous le tapis. L’humanité ne peut pas gérer ce genre de vérité. » (P. 233)

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