« Les silences du marais » Hervé Hugen

« Je voudrais vous voir… »

…le message lui a été transmis par Florence Parot…. le journaliste Claude Guillemet la connaît, elle préside Octobre rose.

Alors il va la rencontrer.

Elle lui parle du meurtre de Léna Tigréat, morte il y a 15 ans. Romain Métayer avait été alors accusé parce que son ADN avait été trouvé sous les ongles de Léna, à la suite d’une dispute d’amoureux.

Malheureusement Romain a été tué, dans la cour de la gendarmerie par le père de Léna…

Coupable ou innocent ? « Affaire classée. Trop vite peut-être. Bâclée… »

Il n’en faut pas plus pour que le journaliste parte à la chasse. Et tente de comprendre.

Romain et Léna s’étaient disputés…une dispute d’amoureux. La jeune fille avait été retrouvée dans le marais.

Claude Guillemets va partir à la chasse…une chasse aux renseignements qui fera surgir bien des problèmes familiaux, bien des secrets et des rancœurs entre ces familles, ces taiseux.

Des témoins ont menti, d’autres qui auraient dû être interrogés ne l’ont pas été. Certains sont morts. L’affaire a été classée…bien trop vite sans doute.

Claude Guillemet fait part au commissaire Nazer Baron de ses doutes, de ses interrogations, et des incohérences qu’il a relevées. Nazer Baron, personnage que l’on retrouve semble-t-il dans d’autres titres d’Hervé Hugen, se met sur la piste, et interroge les témoins survivants, plus rapides à s’enfermer dans leurs silences, qu’à étaler sur la place publique leurs animosités.

« C’était son métier de mettre bout à bout des morceaux de puzzle éparpillés, certains encore invisibles. »

Pas facile de démêler le vrai du faux entre ces familles qui se haïssent, de comprendre alors que des témoins ont disparu, emportés par l’âge. Pas facile d’interpréter et de comprendre ces silences.Ce ne sont pas des méridionaux…eux gardent le silence, d’autres disparaissent, on ne retrouve que leur vélo.

Belle découverte d’un auteur régional qui était avocat. Il savait sans aucun doute trouver les failles dans un dossier, faire émerger des hypothèses, relever des contradictions dans un dossier…pour cela, il va dans les détails, dans les plus petits détails….ceux qui font émerger la vérité, qui sauvent un coupable aux yeux de tous.

« Les détails font la perfection, et la perfection n’est pas un détail » disait Leonard de Vinci

Je ne connaissais pas Hervé Hugen. Merci aux éditions Palémon à Babelio et à l’opération Masse critique qui, tous, par leur travail et leurs choix, font connaître des auteurs régionaux , des auteurs peu connus.

Hervé Hugen mérite sans aucun doute d’être lu et mieux connu.


Lien vers la présentation de Hervé Hugen


Quelques lignes

  • « Les réseaux sociaux étaient un cancer qui banalisait la violence » (P. 26)
  • « L’histoire l’intéressait. Il savait faire. Fouiller des archives et croiser des données, interroger des témoins, ne pas se contenter de Wikipédia pour développer une thèse mais se forger sa propre idée avec un minimum d’esprit critique  […] Il avait appris qu’une histoire totalement anecdotique pouvait parfois cacher un événement prodigieux. »(P. 35)
  • « Abattu par le père de sa victime avant d’avoir été jugé, Romain resterait définitivement innocent aux yeux de la justice, mais pas à ceux des hommes. » (P. 83)
  • « Chacun avait enfoui au plus profond de son crâne le petit bout de vérité qui lui faisait honte. » (P. 204)
 
 
 

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