« Femme du ciel et des tempêtes » – Wilfried N`Sondé

« … la sépulture devait dater de la préhistoire. Or jamais personne n’avait imaginé la possibilité d’une présence humaine sur ce territoire à une période si reculée. Pour une fois, la hausse globale des températures présentait un avantage. » (P. 30)

À la suite d’un glissement de terrain dû au réchauffement climatique, un chaman découvre la tombe d’une femme à peau noire…une reine sans doute revêtue de bijoux et de riches habits, une reine venue du néolithique …le genre de découverte qui ne peut qu’interroger le lecteur…mais que venait donc faire une femme noire sous ces climats froids de la péninsule du Yamal?…J’ai ouvert mon atlas…Sous le cercle polaire ! D’ailleurs faisait-il si froid que ça à cette époque?

Un sépulture qui a sans doute plus de 10 000 ans…

Il faut protéger ce site, tant cette découverte remet à plat toutes les connaissances antérieures.

Notre chaman contacte donc un ami, scientifique français, Laurent Joubert…qui, quant à lui sollicite Cosima Meyer-Yamazaki, expert médical, médecin légiste d’origine japonaise…dont il a été amoureux.

La découverte intéressante de cette sépulture sur le plan scientifique, ne peut peut qu’entraver les projets et agacer vivement Serguei, un industriel au lourd passé de truand, associé à des gangsters. Il a signé un contrat d’exploitation gazière.

Lutte du pot de terre contre le pot de fric, lutte sans état d’âme de la part de Serguei, aidé par son pitbull chéri.

Réchauffement climatique qui fait fonde la glace des pôles, besoin toujours plus avide d’énergies pour faire fonctionner notre monde, le fric, le fric, le fric sans état d’âme…la reine des glaces est bien vite oubliée…Oubliée la possibilité de nous transporter dans le temps, de nous faire effectuer un voyage de poésie…

Non, on en reste à notre sinistre actualité, le fric, la consommation avide d’énergie, la destruction de notre planète…

Et pourtant ! cette idée qui peut apparaitre comme délirante de faire apparaître une femme noire sous le cercle polaire n’est pas si loufoque que ça.

En 2019, le magazine GEO mentionnait la découverte d’un « chewing gum » fait à partir d’écorces de bouleau et vieux de 5700 ans dans le sud du Danemark. Les chercheurs ont réussi à en extraire le génome complet de sa propriétaire, une femme du Néolithique qui avait probablement la peau sombre et les yeux bleus.

Réalité de notre monde actuel, de cette faim d’énergie, de cette soif de fric qui l’emporte sur la protection notre climat, du « je m’enfoutisme » quant à l’avenir que nous laisserons à nos enfants…un roman vite lu, mais qui m’a un peu lassé sur ma faim…j’aurais aimé un peu plus de poésie, de rêve..je n’ai eu que ce combat entre fric et nature…au final la morale est sauve, mais combien de temps?

Cette histoire de Chewing-gum……

https://www.geo.fr/histoire/un-chewing-gum-vieux-de-5700-ans-revele-le-genome-dune-chasseuse-cueilleuse-199115

Éditeur : Actes-Sud – 2021 – 266 pages


Lien vers la présentation de Wilfried N`Sondé


Quelques lignes

  • « De son sanctuaire, la femme plongeait le chaman dans le souvenir d’un peuple très ancien. » (P. 16)
  • « Bien que cet étranger, professeur d’université, ne soit pas archéologue, Noum espérait que la découverte d’un tombeau vieux de plusieurs milliers d’années attiserait sa curiosité, peut-être lui donnerait-elle un argument de poids pour organiser une nouvelle expédition avec des spécialistes en paléontologie et en anthropologie. » (P. 25-6)
  • « … la sépulture devait dater de la préhistoire. Or jamais personne n’avait imaginé la possibilité d’une présence humaine sur ce territoire à une période si reculée. Pour une fois, la hausse globale des températures présentait un avantage. » (P. 30)
  • « Cette mystérieuse femme constituerait un formidable prétexte aux suppositions les plus folles, aux débats les plus violents et aux interprétations les plus audacieuses. Une opportunité inespérée pour un chercheur en manque de reconnaissance. » (P. 46)
  • « Lorsque, partout dans le Nord, la “civilisation” avait commencé à ronger leur habitat naturel, dans certaines régions, le mazout avait pollué des hectares de pâturages. Le coup de grâce avait été donné par l’épidémie de peste des rennes qui avait décimé les cervidés les plus faibles, une hécatombe. » (P. 137)
  • « La nature sauvage échappe souvent à la logique, d’où peut-être cette tendance des humains à constamment vouloir la dompter. » (P. 208)
  • « En héritage, elle léguait à Laurent l’idée que la gloire personnelle n’était qu’une quête superficielle et passagère, au contraire de l’engagement sincère et passionné qui nécessitait de la hauteur d’âme, de la patience et de la persévérance. » (P. 263)

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