
« Ce n’est pas seulement un procès, c’est une thérapie collective où l’histoire tente de reprendre son souffle après des années d’horreur. » (P. 45)

« Ce n’est pas seulement un procès, c’est une thérapie collective où l’histoire tente de reprendre son souffle après des années d’horreur. » (P. 45)

«Si les démocraties occidentales – à commencer par la France – veulent éviter le pire, il est donc grand temps qu’elle fassent preuve de lucidité-réalisme face aux mollahs » …dernière phrase du livre.
L’auteur précise : « Ce qui m’intéressait particulièrement, c’était de comprendre quels étaient les fondements religieux et idéologiques de la République islamique d’Iran, ce sur quoi ils reposaient et comment celle-ci s’était transformée en État mafieux. » (P. 38)
Un livre pas toujours aisé, mais surtout un livre courageux. Très courageux, car l’auteur risque sa vie en dévoilant les turpitudes du régime, les viols, les assassinats et disparitions de ceux qui en Iran aujourd’hui osent ou osaient s’opposer aux religieux qui gèrent le pays. Il sait qu’il est menacé.
Un livre également très documenté, quant à l’Histoire de l’Iran de ces cinquante dernières années.
Aujourd’hui, des religieux s’associent aux trafiquants de drogue, de toutes les drogues, Cocaïne et autres, et qui en font les ressources, les moyens de leurs actions.
Des moyens inépuisables.
Une économie et un régime qui ont d’autres moteurs, également très puissants : le pétrole, l’uranium….et l’antisémitisme dans une société très codifiée, et dirigée au carcan !
Ce livre traînait sur une table de la Médiathèque…sans doute un lecteur intéressé par le thème, l’a feuilleté et laissé, de peur d’affronter cette dure réalité, et les cauchemars qui pourraient s’en suivre. Car cette lecture n’est cependant pas toujours aisée, mais souvent dérangeante car très documentée.
Oui, il faut du courage pour décrire, chiffres et faits à l’appui, les risques que font courir au monde les mollahs qui à ce jour dirigent l’Iran…et les risques géopolitiques pouvant affecter le monde entier, notamment la gestion du Détroit d’Ormouz, par lequel transitent tant de cargos
L’Iran : un pays que j’ai vu évoluer – dans la presse – au cours de ma vie.
Il y a bien longtemps la presse nous présentait un Iran « bling-bling» celui du Shah d’Iran, qui avec son épouse s’étalaient régulièrement en premières pages de Paris-Match.. C’était un aspect qui plaisait dans les chaumières !
Papier glacé, photos bien cadrées, pas naturelles….bref du Paris-Match grand cru ! On devait sans doute, je le suppose retrouver les mêmes « infos » creuses dans Ici-Paris. Concurrence oblige !
Ou comment se moquer de ses lecteurs en leur offrant du vide.
Au moins ça nous permettait d’attendre les ciseaux du coiffeur….
Aujourd’hui, cette drogue qui transpire de partout, ces narcotrafiquants qui ont pignon sur rue et ce pétrole sont des armes très puissantes. Il y en tant en a tant et tant à disposition. Des avions gros porteurs sont même affrétés pour transporter des lingots d’or ! Dans d’autres paradis !
Ces « armes » sont présentes à toutes les pages ou presque. Elle sont les moteurs du pays de même que l’hostilité à l’égard de l’Irak.
Non contents de disposer de ces moteurs increvables, l’Iran travaille sur un autre moteur… le nucléaire…nucléaire iranien toujours géré et voulu par les religieux, un moteur entre des mains qui pourraient l’utiliser contre Israël. Un risque et un moteur freinés par l’Occident…Jusqu’à quand?
Oui, l’Iran disposerait de suffisamment d’uranium pour fabriquer plusieurs bombes!
Petit oubli…et non des moindres. L’Iran est un gros fournisseur d’armes, notamment de drones, dont la Russie de Poutine raffole par les temps qui courent pour tenter d’écraser l’Ukraine. Une Russie amie et alliée de l’Iran !
Un ouvrage pas toujours aisé à lire, mais qui a surtout la faculté d’attirer l’attention du lecteur sur ce pays, ses conditions de vie, ce régime de religieux, et les dangers de toute nature pouvant apparaître .
« La mort et les larmes, tout au long de ce voyage au cœur des ténèbres iraniennes, ont en fait été mes compagnes en chaque instant. » (P. 37)
« On n’imagine pas à quel point il y a des idéologues totalement mystiques au sein du gouvernement iranien, qui rêvent de l’affrontement final, et de déclencher le Jihad mondial. » (P. 125)
Une attention à ne jamais relâcher.
Coup de chapeau à l’auteur …. Au moins on ne pourra jamais dire « Nous ne savions pas ! »
« Ils font peur aux plus grands États de la planète » (P. 132)
Editions Cerf – 2024 – 208 pages
Lien vers la présentation d’Emmanuel Razavi
Quelques lignes
« Enquêter sur la face cachée du régime iranien, c’est s’exposer au mieux à des menaces de mort, au pire au risque d’être abattu d’une rafale de mitraillette en pleine rue» (P. 15)
« L’Iran des Mollahs est en réalité un État islamique qui tient du régime nazi et de la famille Corleone » (P. 15)
« ..la révolution islamique a été engendrée par un pervers psychopathe dont les disciples, encore à l’œuvre aujourd’hui, s’affranchissent de toute humanité au nom de ses préceptes aussi rétrogrades qu’odieux. » (P. 26)
« La mort et les larmes, tout au long de ce voyage au cœur des ténèbres iraniennes, ont en fait été mes compagnes en chaque instant. » (P. 37)
« Tous ces bourreaux ont une posture de concentration sérieuse. Ils sacrifient leur vie pour quelque chose de plus grand. Mais parmi eux, seuls quelques-uns sont de vrais sadiques. Les autres suivent. » (P. 39)
« …comme Khomeini dans sa jeunesse, les fondateurs des Frères musulmans étaient fascinés par le nazisme, et que par de nombreux aspects, les méthodes employées par les mollahs et leur police sont celles de Gestapo et la SS, ce qui n’est pas un hasard. » (P. 41)
« La force des mollahs a été de jouer sur une alliance avec des groupes marxistes et communistes pour se donner une image de gens ouverts, enclins à l’avènement de la démocratie au Moyen-Orient. Si bien sûr il y avait une demande populaire pour obtenir plus de libertés et préserver un certain nombre de traditions , la vision des opposants de gauche et de leurs soutiens était quand même très naïve. » (P. 57)
« Khomeini a tout fait pour donner l’illusion d’une démocratie, en confiant le vrai pouvoir aux institutions religieuses. » (P. 58)
« La République islamique […] va dès lors s’imposer au monde entier comme un État pratiquant le régime de la terreur sur le plan intérieur, amis aussi sur le plan international, la diplomatie du terrorisme. » (P. 66)
« La République islamique met la pression sur le gouvernement irakien pour qu’il expulse les opposants iraniens. » (P. 117)
« Les gardiens de la révolution et les mollahs sont en effet prêts à toutes les infamies pour préserver leur pouvoir, et surtout protéger les immenses fortunes que celui-ci leur a permis d’amasser depuis 1979. » (P. 117)
« Alors que les gens d’ici meurent de faim, et que des mères n’ont pas de quoi nourrir leurs enfants, les mollahs vendent des drones à Poutine pour tuer des civils en Ukraine, alors qu’ils détestent les russes. » (P. 124)

« Même si le mot t’est encore inconnu, à dater de ce jour et pour le restant de ta vie, comme cent trente mille autres, désormais tu es un «Malgré-nous» » (P. 92)
Difficile de compter les ouvrages ayant pour cadre la 2 ème guerre mondiale. Romans, livres à caractère historique, collaboration, contexte politique, débarquement, camps de travail ou de concentration….etc. Nombreuses sont les approches prises par ces auteurs, qu’on ne compte plus….
Et chacun de nous lecteurs, peut de mémoire en citer quelques uns. Mais il y en a tant !
Nazisme, collaboration, résistance, sur fond d’amour parfois ou non….les approches sont nombreuses et finalement, nous avons souvent l’impression de relire ce qu’on savait déjà, et en partie, de ne rien découvrir. Bref d’avoir perdu du temps dans une lecture qui ne nous a pas apporté grand-chose !
Sentiment tout à fait différent avec ce titre, lu d’une traite. En ce qui me concerne !
Enfin une découverte !
Certaines parties de notre territoire, L’Alsace et La Lorraine sont historiquement des terres de tension entre France et Lorraine… des terres impossibles à partager !
En 1870, en 1914, on chantait déjà « Vous n’aurez pas l’Alsace et la Lorraine »…et pendant 60 ans ce chant était enseigné sans doute dans les écoles. Territoires français pour un temps, repris pour devenir allemand, quelques décennies après, puis…Des territoires et hommes brinquebalés selon les décennies au gré des victoires et des défaites..
Les populations de ces territoires contestés de part de d’autre, étaient allemands pour un temps puis redevenaient français, à l’issue de la guerre suivante…1870, 1914, 1945…Ce n’était pas le grand amour entre ces deux peuples !
Au gré des périodes, des années, les habitants furent français puis allemands puis redevenaient français…
L’auteur évoque la dernière période, celle s’étirant de 1939 à 1945,…Un aspect familial et un aspect historique…deux aspects, deux approches qui, en se percutant, furent sources de tensions morales et familiales ! Fortement dérangeant
La famille française de l’auteur parlait le « Platt », un dialecte local pourtant bien plus proche de l’allemand que du français. Aussi quand la deuxième guerre mondiale fut déclarée et au fur et à mesure de l’avancée et de l’occupation allemande, ce territoire devint plus allemand que français…Et les hommes en âge de faire la guerre, furent donc enrôlés de force dans l’armée allemande…certains comme bidasses classiques, mais d’autres furent forcés de porter des sinistres uniformes noirs à tête de mort, ceux des SS !
Ce fut le cas de son père !
Des « malgré-nous » qui n’eurent pas le choix, qui firent toutes les batailles y compris sous ces sinistres uniformes noirs !!!
Engagés dans toutes la batailles et toutes les saloperies.
Ce fut le cas de son père qui fit l’aller-retour jusqu’en Russie à l’occasion de cette guerre…
Un père qu’il ne défend pas, qu’il n’accable pas non plus. Un « Malgré Nous » enrôlé de force. Un homme qui n’eut pas le choix. Il y en eut tant d’autres comme lui. Il fit la guerre du mauvais côté et jamais ne sera un héros admiré.
Dérangeant…mais pouvait-il faire autrement…
A-t’il tué? S’est-il sali les mains et l’âme? La réponse viendra…Une réponse dans les dernières pages.
L’auteur préoccupé sans doute par l’attitude de son père pose publiquement la question et s’interroge : « Peut-on vraiment faire la guerre sans jamais tuer quelqu’un ?»
Il apporte la réponse…chiffres en main ! Sourire !
Une lecture qui n’a pu laisser indifférent le lecteur que je suis .
La découverte de cet auteur m’incite à mieux le connaître. J’espère en reparler prochainement
Editions Buchet Chastel – 2024 – 235 pages
Lien vers la présentation de Joël EGLOFF
Quelques lignes
«Chaque fois que les Allemands passaient par là, ils déplaçaient la frontière un peu plus loin vers l’ouest , au prétexte que c’était là qu’elle aurait dû se trouver depuis toujours. Tout naturellement, on devenait allemands. A la fin de la guerre ; ou à la suivante, on leur demandait de tout remettre en place comme avant, et on leur faisait promettre de ne plus jamais recommencer. Et l’on redevenait français. » (P.14)
« Tu es un enfant de la « Zone rouge ». Tu as grandi à l’étroit entre la ligne Maginot et la frontière, coincé entre deux pays, deux langues et deux guerres. » (P. 21)
« Si les hommes n’ont pas été mobilisés, ou s’ils n’ont plus l’âge d’être soldats, s’ils ont trop d’enfants à nourrir pour aller mourir au front, alors c’est ici qu’ils feront la guerre, en creusant les profondeurs de la terre pour en extraire du charbon. Du charbon pour les hauts-fourneaux et les forges. Les forges pour les canons. L’immuable rengaine. » (P. 34)
« Ils étaient déjà là avant leur arrivée, ces trous. Ils ont toujours intrigué Maman. Maintenant seulement elle comprend toute leur utilité. Lorsqu’elle se retrouve, au sous-sol, blottie contre ses sœurs, dans la pénombre, elle se dit que c’est une bonne idée. On se sent moins seul. Solidarité des trottoirs, en surface, et solidarité des caves, sous terre. Comme à la mine, tous dans la même galerie, tous dans la même galère. On partage la menace des bombes, comme on partage celle des coups de grisou. On partage sa peur, surtout, mais les parts ne sont jamais égales. » (P. 58)
Ce qu’elle garde en mémoire, ce sont ces routes encombrées de somnambules, ces flots de gens et de véhicules. Elle se rappelle ces visages défaits, ces yeux rougis, et ce vieil homme qui poussait sa femme dans une brouette. » (P. 60)
« Ici, désormais, c’était le Reich et vous en preniez pour mille ans. A chaque pas, chaque regard, à chaque coin de rue, jour après jour, on allait se charger de vous le rappeler, on allait vous faire regretter de l’oublier. » (P. 80)
« Vous êtes partis de France et vous rentrerez en Allemagne. Mais peu importe, puisque c’est «chez vous», et «chez vous» c’est plus fort qu’une histoire de frontière. «Chez vous», c’est là où sont nés vos parents et les parents de vos parents. «Chez vous», ce n’est ni l’Allemagne ni tout à fait la France. C’est à la fois beaucoup plus simple et plus compliqué. «Chez vous», c’est là où vous serez en sécurité. Du moins vous le pensez. C’est votre maison, votre jardin, votre village et votre clocher, ce sont les voisins d’en face et ceux d’à côté, ce sont les mines où vous vous épuisez, ce sont vos champs et vos bêtes, cette vieille outre en chêne qui vous sert de banc les soirs d’été. [..]. Et par dessus tout «chez vous», c’est votre langue, le platt, que l’on parle ici depuis des siècles. Voilà votre refuge, votre identité. » (P.75-6)
« En dehors des valeurs du Reich, point de salut. C’est ainsi qu’on vous lavait le cerveau, même le dimanche, jusqu’au fond des salles obscures » (P. 95)
‘C’est une bataille hors du temps et hors du monde, des combats sans piété, à travers les plaines et les vallées, àtravers les villages, ou ce qu’il en reste, à travers les rues et les ruelles, les jardins et les vergers. C’est une bataille où les forêts volent en éclat sous le feu de l’artillerie. Une bataille, d’un autre temps, où les sapins déchiquetés éclatent en mille fragments de bois acérés, comme autant de flèches mortelles. […] C’est une bataille avec du beau monde, aussi : Capa, Salinger, Hemingway…Pourtant ; tu ne els a pas vus, ni de près ni de loin. On ne te les a pas présentés. Ce n’est pas pour toi non plus, que Marlène Dietrich a chanté. » (P. 178)
« C’est une bataille hors du temps et hors du monde, des combats sans piété, à travers les plaines et les vallées, à travers les villages, ou ce qu’il en reste, à travers les rues et les ruelles, les jardins et les vergers. C’est une bataille où les forêts volent en éclat sous le feu de l’artillerie. Une bataille, d’un autre temps, où les sapins déchiquetés éclatent en mille fragments de bois acérés, comme autant de flèches mortelles. […] «
C’est une bataille avec du beau monde, aussi : Capa, Salinger, Hemingway…Pourtant ; tu ne les a pas vus, ni de près ni de loin. On ne te les a pas présentés. Ce n’est pas pour toi non plus, que Marlène Dietrich a chanté. » (P. 178)
« La seule chose immuable au-delà des frontières c’était le langage de la guerre. L’ennemi changeait de visage et d’uniforme, mais quel que soit le fusil, quelle que soit la balle, ou la langue du soldat, qui te l’adresserait, le résultat serait le même. Mourir ici, pourtant, serait bien pire encore que d’avoir été tué dans les Ardennes, car jamais tu ne t’étais senti aussi loin des tiens et de leurs pensées. » (P. 193)
« …la seule motivation, maintenant, pour bon nombre d’entre vous, c’est de ne pas tomber aux mains des Russes. On ne se bat jamais mieux que lorsqu’il s’agit de sauver sa peau. » (P. 202)

« C’est eux qui sont terribles. On les appelle les « incasables»…enfin dans les dossiers on écrit pas ça , hein, on écrit «cas complexes ». Ils peuvent exploser à tout moment, tu vois ? Deux grenades que plus personne ne veut et que tout le monde se refile. Ils sont violents et ils foutent le bordel partout où ils passent. » (P. 91)
L’enfance, est le sujet de ce texte dérangeant, ou plutôt les enfances
Oh ! pas l’enfance heureuse vécue dans une famille unie, une famille des beaux quartiers….non, l’auteur souhaite évoquer l’enfance souffrante, l’enfance écartée du milieu familial, placée chez nous, dans des établissements spécialisés, ainsi que celle « dé-placée » sous d’autres latitudes…Deux enfances cachées, qu’on évite de mettre en avant, d’évoquer…deux enfances vivant sans repère, sans parents, et devant à tout prix se débrouiller pour s’en sortir !.
Des enfances souffrantes du fait d’adultes….. une constante selon les latitudes.
Une belle claque en tout cas, qui m’a ému. Et qui m’a bousculé
Deux enfances dont on évite de parler…quelques entrefilets dans la presse et c’est tout !
Un livre construit sur deux parties à peu près égales en taille et bien distinctes…on passe de la France à la Russie, à l’Ukraine…on en arrive à se demander pourquoi ces deux parties si éloignées…en apparence !
On pourrait même lire l’une en oubliant l’autre….2 romans sous le même titre ?
Ben est un SDF fiché par la police. Il éprouve de grandes difficultés pour se nourrir.
Heureusement qu’il trouve de quoi subsister en se servant à la fin des marchés.
Il parvient à devenir intérimaire dans une institution pour enfants placés ou abandonnés , une institution qui « déborde » de cas sociaux…il a beaucoup cherché et accepté ce travail de nuit essentiellement pour se rapprocher de son frère, Jimmy.
Ben n’est là que pour repartir avec son frère !
Quelques années plus tard, Ben poussé par son grand cœur et surtout par ses valeurs morales, sa probité, mais aussi une certaine naïveté, décide de traverser l’Europe afin de rapprocher d’autres populations souffrantes, celle d’Ukraine notamment, en proie à l’occupation russe, mais surtout en proie aux exactions russes, du fait de cette occupation.
Exactions qui là encore s’exercent essentiellement contre des gamins. Là-bas des gamins sont arrachés à leurs familles, à leur pays, à leur histoire …ukrainiens aujourd’hui, mais russes demain…Entre temps, les soldats russes les ont déportés ! Ces gamins sont devenus russes. Adieu l’Ukraine et ses valeurs. Ils devront dorénavant combattre au sein des lignes russes. Ils sont devenus russes, de vrais russes sur lesquels l’État russe compte pour accroître sa puissance et sa domination.
Un excellent moyen pour que les Ukrainiens n’oublient jamais qu’ils sont d’abord et avant tout des russes…Tout ça par la volonté de Poutine.
Par la volonté et le vice de Poutine, ces gamins participent à la re-création de l’ex-Urss, un état qui avait « avalé » les États limitrophes et leurs populations devenues russes par la volonté de ces leaders russes
Diabolique !
La presse évoque ce point politique : la volonté semble-t-il de Poutine de re-créer la grande URSS, mais il nous est difficile, d’en apprécier l’importance. Ce point fait l’objet de la deuxième partie du roman s’étalant sur une dizaine d’années…Aide sociale à l’enfance d’un côté et volontés hégémoniques d’un leader politique de l’autre….
« Je pense que la non-violence est la seule façon de lutter contre la violence » (P. 165)
« Á tous les responsables, demandez-le. Exigez la réponse. N’arrêtez jamais. Exigez la réponse. N’arrêtez jamais Demandez et demandez encore, demandez toujours. Si vous ne voulez pas périr dans la honte, dans le parjure, et participer au crime, demandez : où sont les enfants. « (P. 275)
Albin Michel – 2024 – 280 pages
Lien vers la présentation de Véronique Olmi
Quelques lignes

« Il se dit que les humains pourraient apprendre des abeilles. Les abeilles, grâce à leur discipline et leur travail, avaient construit le communisme dans les ruches. Les fourmis, elles, étaient parvenues à un vrai socialisme naturel. N’ayant rien à produire, elles avaient juste appris à maintenir l’ordre et l’égalité. Mais les humains? Il n’y avait chez eux ni ordre ni égalité. Et même leur police se tournait les pouces. Se contentait de faire le pied de grue devant des palissades. » (P. 311)

« Nous avons besoin d’un auteur de talent pour rédiger des nécrologies, un spécialiste des histoires courtes. Il faut que ce soit concis et assez original. […]Vous serez chargé de créer de toutes pièces un registre de «petites croix », c’est le nom des nécros ici, au journal. Elles porteront sur des gens encore en vie, allant des députés aux criminels en passant par les artistes les plus connus. »

Ecrivain japonais …

….les livres, comme nous le dit si bien Luba Yakymtchouk, ne servent pas seulement en temps de guerre, à barricader les fenêtres. Les livres sont aussi des armes. » (P. 13).

« Les ukrainiens sont prêts à mourir pour l’Ukraine. Ils le font tous les jours. Mais l’Ukraine va survivre, se reconstruire et aller de l’avant, toit en gardant cette guerre en mémoire pour des siècles et des siècles. » (P. 101)

« Les grands crimes contre la nature demeurent totalement muets. Et sans doute est-il trop tard pour y penser. » (P. 252)