« Je, François Villon  » – Jean Teulé

30 mai 1431, Jeanne la Pucelle vient d’être brûlée par les anglais qui occupent encore Paris, François Villon voit le jour, alors que son père, qu’il ne connaîtra pas, vient d’être pendu pour le vol d’une chemise. À 6 ans le gamin est confié à un

Woodcut Les pendus

Woodcut Les pendus

chanoine par sa mère qui doit être suppliciée pour un vol qu’elle n’a pas commis.

 

Le gamin peu attiré par les études, se lance très tôt dans la poésie, et devient un Maître es blague de potaches. Il évite très tôt des condamnations.

 Ses fréquentations l’amènent pourtant très vite au vol et au crime. Vie de larron qu’il mènera toute sa vie, vie de larron qui inspirera ses poèmes, ses écrits, vie de larron qui lui fera dire au roi de France : « Pourquoi m’appelez-vous larron? Pour quelques pauvres vols, pour quelques pauvres crimes?…Si, comme vous, j’avais eu une armée pour massacrer des peuples, pour piller les richesses étrangères,vous m’appelleriez  sire !! »
 
Échappant aux condamnations, par chance, par ses relations, parce qu’il était connu et reconnu, il connaîtra cependant la torture et banni, quittera Paris. Et personne n’entendra plus jamais parler de lui.
 
À aucun moment, Jean Teulé ne parle de François Villon, comme le ferait un biographe. Au contraire, il laisse parler son personnage, qui nous conte sur ces 400 pages, sa vie, ses rencontres, ses vols, ses crimes, ses trahisons, les tortures qu’il a subies à la suite de son arrestation.
 
Jamais Jean Teulé ne juge François Villon. C’est au lecteur de s’attacher ou non au personnage François Villon.
 
C’est  également François Villon qui présente les scènes de la vie au Moyen âge, la vie des puissants comme celles des pauvres, les scènes de la vie,  la ville, ses marchés, sa vie après des prostitués qu’il fréquente.
 
On frémit devant le raffinement des bourreaux lors  de certaines exécutions capitales, souvent seules distractions du peuple. François Villon est effrayant quand il raconte les crimes auxquels il participe.
On rit comme François Villon et ses amis, des répliques qu’ils se lancent lors de certaines exécutions, y compris elles de leurs amis, et on se surprend aussi à rire devant l’horreur de certaines scènes, notamment devant la façon dont est nourri le cochon Franc Gontier…..
 
Villon nous décrit le Moyen Âge, période entièrement vouée à Dieu, dirigée par l’Eglise et ses hommes, période où la vie humaine ne comptait pas beaucoup.
 
Les scènes, les rencontres sont rythmées par les poèmes en vieux français et traduits par Jean Teulé.
On « rame » un peu au début de l’ouvrage, mais petit à petit, on arrive à mieux les comprendre, sans toutefois atteindre « l’expertise » de l’auteur, qui nous aide en les traduisant.
 
Jean Teulé a effectué sans aucun doute un important travail de recherche documentaire. Encore un livre qui nous fait découvrir l’étendue de son talent, une facette nouvelle de ses possibilités et surtout une période, le Moyen Âge, et un auteur.

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