« Au sud de la frontière, à l’ouest du soleil » – Haruki Murakami

Au sud de la frontière, à l'ouest du soleilJe viens de découvrir une nouvelle facette de Murakami. Il a réussi à me faire lire un livre d’amour. 
C’est plutôt un livre sur la recherche de celui ou celle qu’on a croisé quelques instants, quelques mois, et qui a laissé une trace dans notre vie et qu’on cherche à retrouver : cette personne qui a fait partie de nous-même et qui a laissé un vide, créé un manque.

Hajime a rencontré Shimamoto-San à l’école primaire. Ils se sont plus, ont connu ce besoin d’être ensemble, de partager tout y compris les silences, puis la vie les a séparé. Après d’autres aventures, il s’est marié avec une femme qu’il aime; mais il connait, comme son amie d’enfance toujours ce manque, certes non obsédant mais présent quand même. La vie leur permet de se retrouver. 

 Thème classique du roman d’amour, mais écrit sans cette mièvrerie que je reproche à ce type de littérature. 
 
Murakami a su décrire ce manque de « l’être idéal » que l’on a laissé passé, laissé partir, que l’on a croisé, cette recherche hors de notre cadre de vie, « au sud de la frontière » ou à « l’ouest du soleil ». 
 
Il a pris le sentiment amoureux pour décrire la quête de l’homme d’un idéal absolu. Au delà d’un livre d’amour banal, ce livre est à mon avis un livre de réflexion et de questionnement  sur le destin, le temps, l’impossible retour en arrière, mais aussi le rêve, « l’avidité d’autre chose », la recherche du « merveilleux » ….sur fonds de la musique de Nat King Cole 

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 Extraits
  • « Il me semble que j’ai toujours essayé d’être quelqu’un d’autre. Il me semble que j’ai toujours voulu aller vers des gens et des lieux nouveaux et différents, pour m’inventer une vie nouvelle, devenir un être au caractère différent. […] Mais pour finir, je ne suis arrivé nulle part. Je suis demeuré moi-même. Mes défauts restaient irrémédiablement les mêmes. Les paysages avaient beau changer, les échos, les voix différer autour de moi, je n’étais toujours rien d’autre qu’un être humain imparfait. J’avais les mêmes manques en moi, qui suscitaient une violente avidité d’autre chose. Une soif et une faim insatiables me torturaient, comme, certainement, elles continueront de le faire. Parce que, en un sens, ces manques font partie de moi-même. Je le sais maintenant. « 
  • « En écoutant cette mélodie belle et légère, je me rappelais toujours cette période de ma vie. On ne peut pas dire que j’étais très heureux alors. Pourtant, le souvenir de cette époque m’emplissait de nostalgie. j’étais plus jeune, plus affamé, plus solitaire que maintenant. Mais j’étais vraiment moi-même. A cette époque, je ressentais en profondeur chaque note de musique que j’écoutais, chaque ligne des livres que je lisais, comme si elles pénétraient intimement en moi. »
  • « -Pourquoi ne lis tu rien de moderne? -Peut être parce que je n’aime pas être déçu. Si je lis un livre qui m’ennuie, je me sens vraiment flouéAvant c’était différent : j’avais du temps à revendre, et je retirais toujours quelque chose d’une lecture, même ennuyeuse. Maintenant j’ai l’impression d’avoir perdu mon temps. Peut être que j’ai vieilli »
  • « Quand on ne réfléchis qu’au moyen de gagner de l’argent, la vie s’use avant qu’on ait eu le temps de s’en rendre compte »
  • Tout ce qui a une forme finit par disparaître, mais certaines pensées laissent des traces éternelles »

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