« Kinderzimmer » – Valentine Goby

KinderzimmerEncore un livre sur la déportation seriez vous tenté de dire…oui mais un livre indispensable…

Une jeune fille Mila est déportée pour raisons politiques : elle a été arrêtée pour faits de résistance par la Gestapo et déportée avec sa cousine Lisette vers le camp de Ravensbruck, camp réservé aux femmes… Conditions de survie terribles : appels par tout temps, en toutes saisons à 3 h30 du matin, faim, poux, dysenterie et typhus, lutte pour une place, pour un brin de chaleur sur ces châlits …et ces règles qui du fait des privations, disparaissent progressivement pour la majorité des déportées…

Mais pour Mila, ses règles ont disparu dès son arrivée … est elle enceinte?  Elle ne le sait pas…..elle ne grossit pas, elle ne sent rien en elle…et puis un jour un accouchement rapide : « La femme dit elle perd les eaux, la petite accouche. Perdre les os. Des os vont franchir son col. Elle tient son ventre, terrorisée, à Teresa qui la soutient elle demande quels os et respire par saccades entre les contactions de l’abdomen. Quelque chose se passe et qui ne concerne pas sa volonté, de l’eau, des os »….et un bébé fripé tout menu, devient nouveau pensionnaire d’un camp de mort et on lui affecte le même numéro que sa mère

Un regard sur un aspect méconnu des camps: qu’advenait il des femmes enceintes lors de leur  déportation et de leurs bébés, des bébés naissants dans ces camps faits pour tuer

Et le livre devient encore plus terrible, plus dérangeant, plus ignoble…La vie de ces bébés eux aussi soumise à la faim, à la proximité, à la saleté, les langes souillés…. une espérance de vie de quelques mois au plus….Lutte de la maman pour elle-même et pour allaiter ce bébé malgré sa propre faim,  ce bébé qui lui est confié quelques heures par jour….des mamans impuissantes, confrontées à la mort qui rode autour d’elles et sur le berceau de leurs enfants …Quand cette mort arrive tristesse bien sur mais aussi une certaine forme de passivité….une mort parmi tant d’autres… un mieux être pour ces bébés. Mais des bébés qui donnent à ces mamans une lueur d’espoir une envie supplémentaire de voir le lendemain, de lutter

Mais comment des hommes peuvent-ils être aussi ignobles, comment peut-on infliger de telles souffrances à des bébés…très dérangeant

Et  Mila témoigne :  » Il faut des historiens pour rendre compte des événements ; des témoins imparfaits qui déclinent l’expérience particulière ; des romanciers pour inventer ce qui a disparu à jamais : l’instant présent »

Un livre à lire, des phrases courtes et percutantes…Une belle découverte


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Extraits

  • « Sélection, le mot définitif » (P. 110)
  • « La femme dit elle perd les eaux, la petite accouche. Perdre les os. Des os vont franchir son col. Elle tient son ventre, terrorisée, à Teresa qui la soutient elle demande quels os et respire par saccades entre les contactions de l’abdomen. Quelque chose se passe et qui ne concerne pas sa volonté, de l’eau, des os. »(P. 113) 
  • « C’est Noël, un des 365 jours de l’année régulière, les SS comptent les prisonnières, les recomptent sous les projecteurs et la nuit verse dans le jour, à l’égal des autres nuits (P. 154)
  • « Qu’est-ce que ça veut dire, gagner ou perdre? Tu perds seulement quand tu abandonnes » (P. 162)

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