« En attendant le vote des bêtes sauvages » – Ahmadou Kourouma

En attendant le vote des bêtes sauvagesAu cours de 6 veillées organisées pour les 30 ans de présidence de Koyaga des conteurs louent les qualités du dictateur Koyaga, depuis son accession au pouvoir

Six veillées qui permettent aussi bien de faire le portrait de Koyaga, de connaitre son histoire, de faire le portrait d’autres dictateurs africains, qui ont tous aidé Koyaga ou dont il s’est inspiré, des dictateurs jamais nommés, des pays imaginaires mais tous reconnaissables…Bokassa, Hassan II, Selou Touré, Idi Amin Dada…;Un portrait de l’Afrique, de la colonisation, de ces hommes partis comme soldats dans les guerres de colonisation que mena la France, et qui revenus avec des grades de sous officiers se proclament empereurs à la suite de coups d’état. Un regard sans complaisance sur cette Afrique dirigée par des dictateurs soutenus par l’Occident parce qu’ils étaient un rempart contre la menace  communiste, et ceci malgré les crimes contre leurs peuples, les tortures contre les opposants. Qu’importe que ces dictateurs ne fassent pas de différence entre Caisses de l’État et caisse personnelle, ils vivent dans les palaces financés au détriment du développement de leur pays et de leur peuple : « L’Afrique est de loin le continent le plus riche en pauvreté et en dictatures »…jusqu’au jour où…..  

Marabout et griots coups d’états, les servent, Des proverbes africains savoureux émaillent les propos des conteurs.

Un livre dérangeant parfois : 
« Pour que l’argent du pays n’aille pas aux Libanais, aux hindous, aux Ouest-Africains et Hassouas, l’Empereur avait été obligé de tout entreprendre et de s’attribuer tous les monopoles. Le monopole de la photographie des cérémonies de l’Empire, celui de la gestion des hôtels de passe et des bars des quartiers chauds, celui de la production de la pâte d’arachide, ceux du ravitaillement de l’armée en viande, riz, manioc,  de l’administration en papier hygiénique, de la fourniture des tenues des écoliers, des parachutistes et des marins, etc. L’Empereur faisait tout pour tout le pays et, au lieu de l’aider, les habitants allaient marauder des ses champs »
-« Ingérence humanitaire, c’est le droit qu’on donne à des Etats d’envoyer des soldats dans un autre Etat pour aller tuer des pauvres innocents chez eux, dans leur propre pays, dans leur propre village, dans leur propre case, sur leur propre natte. »

Connaitre Ahmadou Kourouma


Autres extraits
  • « Quand tu rencontres un mulâtre, tu es en face d’un homme malheureux de ne pas être un Blanc, mais heureux de ne pas être un Noir » (P. 99)
  • « Les soldats français étaient les supérieurs et mille règles,avaient été instituées pour que les indigènes restent des inférieurs » (P. 125)
  • « Un serviteur ne devait jamais s’attacher à l’enfant dont il n’était que le père géniteur » (P. 128) 
  • « La vérité et le mensonge ne jamais loin l’un de l’autre et rarement la vérité triomphe » (P. 156)
  • « Dans la vie quand tu as à choisir entre deux hommes rallie toujours celui qui ne croit pas à l’homme, celui qui n’a pas de foi » (P. 163)
  • ‘La politique n’a ni yeux, ni oreilles, ni cœur; en politique le vrai et le mensonge portent le même pagne, le juste et l’injuste marchent de pair, le bien et le mal s’achètent ou se vendent au même prix » (P.164)
  • « L’empereur voulait que le colonel ait, avant de crever, c’était la règle, bu ses urines et mange ses excréments » (P. 203) 
  • « Pour que l’argent du pays n’aille pas aux Libanais, aux hindous, aux Ouest-Africains et Hassouas, l’Empereur avait été obligé de tout entreprendre et de s’attribuer tous les monopoles. Le monopole de la photographie des cérémonies de l’Empire, celui de la gestion des hôtels de passe et des bars des quartiers chauds, celui de la production de la pâte d’arachide, ceux du ravitaillement de l’armée en viande, riz, manioc,  de l’administration en papier hygiénique, de la fourniture des tenues des écoliers, des parachutistes et des marins, etc. L’Empereur faisait tout pour tout le pays et, au lieu de l’aider, les habitants allaient marauder des ses champs » (P. 209)
  • « Un mulâtre, un sang mêlé, une race hybride. Konga est un métis. Pour le colonisateur, un métis est un bantou amélioré mais un blanc dégradé. Un noir demi-menteur, demi-idiot mais un blanc semi-voleur et semi-intelligent. Un métis pour un noir est à la fois un compatriote, un étranger et un traitre. C’est là une loi naturelle et universelle. « (P. 231)
  • « Le Nègre  est un peuple sans écriture. Ce sont les colonisateurs, les curés et les marabouts  qui l’ont alphabétisé. Ses maîtres lui ont inculqué le respect de l’écrit ; le papier est un fétiche, une croyance. Une croyance qui, comme tous les textes des livres sacrés ou les ordres du colonisateur blanc, dépasse l’entendement du Nègre, ne se vérifie pas, ne se contredit pas » (P. 329)
  • « La vie est toujours douloureuse pour les gens qui aiment ceux qui les excluent et méprisent ceux qui les acceptent. »
  • « Un pet sorti des fesses ne se rattrape jamais ».
  • « Quand la force occupe le chemin, le faible entre dans la brousse avec son bon droit. »
  • « L’Afrique est de loin le continent le plus riche en pauvreté et en dictatures »

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