« Le long séjour » – Régine Detambel

Pour décrire la vie en maisons de retraite, Régine Détambel se met à la place de trois personnes âgées, hébergées, un vieux monsieur de 88 ans qui perd la mémoire, visité seulement rapidement pas sa petite nièce, une vieille dame qui a tout eu dLe Long Sejourans sa vie, des beaux tailleurs, de l’argent, de la considération, regardant le monde de haut et refusant qu’on l’appelle Mamie, et un quasi centenaire, mascotte de la maison de retraite dans laquelle il vit depuis plus de 23 ans. Le personnel vouvoie les 2 premiers, et tutoie le troisième.
Chacun d’eux, tour à tour décrira ses conditions de vies, les pertes de mémoire des uns, ou la lucidité de l’autre, le manque de respect du personnel, les repas, la perte de goût, de la vue, les lunettes…

Trois personnages, trois étapes vers la déchéance totale…la notre tôt ou tard peut être
Un livre que tout futur soignant devrait connaître,  dans lequel on retrouve des situations que chacun de nous qui eut un parent en maison de retraite a connu…des situations douloureuses….on reconnait un parent…et on se reconnait aussi dans ce visiteur faisant sa B.A, pressé de repartir et n’ayant pas grand chose à dire à part des banalités


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Extraits
  • « Vous ne savez pas ce que sont les trois huit. Vous pensez à huit cent quatre vingt vingt huit et ce nombre ne vois dit rien qui vaille. Vous avec huit cent ans de moins que le nombre qui ne vous dit rien. » (P. 10)
  • « Vous avez peur de retourner à l’hôpital et la prochaine fois que vous souffrirez vous vous tairez le plus longtemps possible par ce que vos veines ne supportent plus les cathéters, par ce qu’on a dilaté vos narines avec des tuyaux, tourmente votre sexe avec des canules. Vous vous êtes juré de ne plus jamais vous plaindre. C’est beaucoup trop dangereux » (P. 13)
  • « Lorsque vous tombez, c’est tout seul, dans le couloir » (P. 22)
  • « Voir de près, voir de loin. Pour lire le journal par exemple il vous faut les lunettes pour voir de près. Mais pour aller chercher le journal qui se trouve sur la table, il faut chausser celles qui permettent de voir de loin. Et avant de chasser les lunettes, n’importe laquelle de ces paires de lunettes, il faut pouvoir faire son choix. On ne vous comprend pas. Rappelez vous la fille qui vous avait grondé comme un enfant parce que vous aviez collé un petit morceau de sparadrap à vous lunettes de presbyte. Pour vous c’était l’évidence. Un point de repère, un détail qui frappe, un gain de temps. » (P. 23)
  • L’ombre de l’armoire dans le coin, l’ombre de la commode, le demi jour d’une veilleuse permanente, la pénombre de la penderie, le couvert d’une étagère, le clair-obscur d’une rangée de livres dorés sur tranche, l’obscurité du lavabo, le secret du tiroir, le mystère de la télévision en panne, le contour d’une fille, l’image d’un tableau, la silhouette d’une bouteille, le reflet d’un rasoir, l’apparence d’un vêtement, la chimère d’une pomme, le simulacre d’une cuillère, l’âme d’un téléphone, le double d’une facture, le fantôme d’un porte-monnaie de cuir noir. Et puis parmi ces ombre, l’ombre de vous-même » (P. 25)
  • « Restez donc assis et cessez de vous trémousser. Et puis tenez vous droit » (P. 30)
  • « Comme on prend bien soin de toi, on passe autour de ton ventre une sangle noire qui te ligote au fauteuil. Tu ne risques pas de tomber. Ton langage confus. Tu consens. Tu n’exige rien. Tu es de ceux dont on dit en se composant un visage qu’il doit être heureux puisqu’il ne se rend plus compte de rien. » (P. 67)
  • « Vos déclinez leur bassesse et la vulgarité de leur esprit….vous allez regagner le refuge de votre intransigeance. Dure, juste et sans passion vous réintégrerez votre impitoyable rigueur. Jamais vous ne vous pardonnerez d’avoir voulu mimer ces extravagances. A coups de discipline vous oublierez la résurrection à laquelle vous aviez osé penser. Vous accepterez votre échec. Vous mettrez sur le compte de l’ivresse tout ce qui vous a égarée. Puis vous vous rachèterez en nettoyant vos vêtements tachés de graisse est de viande. Vous retrouverez votre dessert ou les désirs ne s’éveillent pas. Vous rappellerez la coiffeuse » (P. 122)

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