« Rue des voleurs » – Mathias Enard


Rue des voleursP
arce que Lakhdar, jeune marocain de 20 ans est surpris nu avec sa cousine, il reçoit une raclée magistrale de son père qui le chasse de la maison. Il n’héritera pas de l’épicerie familiale
.. . Du jour au lendemain,  il est condamné à errer, à manger des fruits pourris, à trouver sa voie, à faire sa vie, dans un Maroc pauvre, avec peu de possibilités d’emplois. Il trouve après 2 ans d’errance, un emploi de libraire grâce aux islamistes. Il aime les livres, il est amateur de séries noires….
Dans un Maroc qui bouge, mais moins que les autres pays arabes, qui vivent le Printemps Arabe, les seules filles possibles sont soit les filles de la famille, interdites, soit les touristes qu’on regarde sans pouvoir les toucher.. le baiser public est puni. Un Maroc dans lequel les tentations islamistes se développent, qui n’offre pas de possibilité à sa jeunesse, sauf l’exil vers l’Europe.Ce gamin qui s’évadait par le rêve, grâce aux livres, de son Maroc écrasé par la tradition, va s’évader physiquement vers l’Europe après un court passage à Tunis.

Boulots d’exilés, sales boulots, exploitation, passeports conservés par l’employeur, pas de permis de travail, la débrouille, fantasmes amoureux sur les filles qu’on ne peut guère toucher… Exilé dans une Europe en crise qui elle aussi est sur le point d’éclater.

Un livre d’actualité, attentat de Marrakech, Indignés, crise en Espagne, Mohammed Mera, arrivée de la gauche au pouvoir en France, tentations islamistes.
Un livre « Coup de poing » empreint de pessimisme, le pessimisme d’une jeunesse qui cherche sa voie, des 2 cotés de la Méditerranée, qui peut basculer vers la violence, qui se cherche.
Comme Lakhdar …….
Un livre qui ne laisse pas indifférent, loin de là. A lire

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Extraits
  • « Il est certes surprenant que Tanger soit avant tout fameuse pour ceux qui l’ont quittée » (P.65)
  • « Je n’avais plus de famille depuis deux ans, plus d’amis depuis deux jours, plus de valise depuis 2 heures » (P.78)
  • « Ce que je cherchais dans les livres c’était plutôt oublier ma chienne de vie à moi …. Je suis sorti un peu triste de ne pas avoir trouvé une compagnie, un livre inconnu qui ait le pouvoir de changer le cours des choses, de remettre le monde en ordre « 
  • Sur Paris : « Rien, rien à faire, personne ne t’aide là bas, surtout pas les Arabes, ils pensent qu’ils sont déjà trop nombreux, qu’un pauvre bougnoule de plus c’est mauvais pour tout le monde. La Révolution tunisienne, ils trouvent ça très beau de loin, ils disent « mais justement, maintenant que vous avez fait la Révolution, restez-y, dans votre paradis de jasmin plein d’Islamistes et ne venez pas nous emmerder avec vos bouches inutiles » » (P.193)
  • Sur les touristes à Barcelone « l’or rose bronzage » « Si Al-Qaïda permet d’égorger les infidèles, je ne vois pas pourquoi il serait interdit de les détrousser..’ (P.194)
  • « L’unité du monde arabe n’existait qu’en Europe » (P.202)
  • « Je ne pourrai jamais retrouver celui que j’étais avant (…..) la vie a passé depuis, Dieu a déserté, la conscience a fait son chemin et avec elle l’identité – je suis ce que j’ai lu, je suis ce que j’ai vu, j’ai en moi autant d’arabe que que d’espagnol et de français, je me suis multiplié dans ces miroirs jusqu’à me perdre ou me construire, image fragile, image en mouvement » (P.236)
  • « Je ne suis pas un assassin, je suis plus que ça. Je ne suis pas un Marocain, je ne suis pas un Français, je ne suis pas un Espagnol, je suis plus que ça. Je ne suis pas un musulman, je suis plus que ça. Faites de moi ce que vous voulez. » (P.250)

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