« Mãn » – Kim Thúy


Après avoMãnir beaucoup aimé *Ru* le premier roman de Kim Thúy, j’ai éprouvé le besoin de poursuivre la découverte de cette auteure avec Mãn. Petite déception….. On suit l’auteure au Canada, après son arrivée, son mariage arrangé avec un restaurateur vietnamien qu’elle n’aime
pas, sa rencontre avec Julie, puis avec Luc restaurateur parisien, avec qui elle va ouvrir un restaurant dans lequel ils  « Revisitent ou réinventent des recettes de cuisines »  en mêlant épices ou modes de cuisson des uns avec les traditions de l’autre.
On en salive. 
Toujours cette construction faite de petits chapitres, mais qui m’ont paru plus désordonnés, plus difficiles à suivre, des petits chapitres articulés autour d’un mot clé vietnamien ..L’écriture est cependant toujours très agréable, souvent pleine de poésie. 
Petite déception par rapport à Ru mais aucun regret. 

L’Auteure : Kim Thúy


Extraits
  • « Il était de ceux qui ont vécu trop longtemps au Vietnam pour pouvoir devenir canadiens. Et à l’inverse, qui a vécu trop longtemps au Canada pour être vietnamien de nouveau ». (P. 14)
  • « Je t’offre 
    La vie que je n’ai pas vécue 
    Le rêve dont je ne peux que rêver 
    Une âme que j’ai laissée vide
    Pendant des nuits blanches d’attente
    Vers toi je porte en offrande
    Le poème que je n’ai pas écrit
    La douleur vars laquelle je me tends 
    La couleur du nuage que je n’ai pas connue
    Les désirs du silence » (P. 19)
  • « Maman a vu sa vie se renverser au son du premier tir d’une embuscade entre l’Est et l’Ouest, entre la résistance qui réclamait l’indépendance et le régime en place qui enseignait aux élèves aux yeux bridés  « nos ancêtres le Gaulois » sans y voir d’incohérence » (P.27)
  • « Les habitants ont appris à donner de l’argent aux fonctionnaires le jour, et du riz aux résistants la nuit » (P. 28)
  • Les livres sont déchirés au Vietnam et servent de papier d’emballage, l’auteure trouve des feuilles isolées : « De ces précieuses cueillettes, j’avais retenu le mot « lassitude » du livre Bonjour tristesse de Françoise Sagan, « langueur » de Verlaine et « pénitentiaire » de Kafka. Maman m’avait aussi expliqué le sens de la fiction par cette phrase d’Albert Camus dans l’étranger car il nous était impensable qu’une femme puisse manifester son désir »
  • « J’ai longuement cherché avant de retrouver le mauve de mon enfance, le mauve de tous les élèves vietnamiens durant les belles années. Pendant les temps durs, nous écrivions la première fois à la mine et la seconde à l’encre afin de réutiliser de cahier. Nous étions notés autant sur le fond que sur la forme, car la calligraphie traduisait aussi bien l’idée que l’intention et le respect » (P.86-87) 
  • « Maman me répétait souvent que, en cas de conflit, il vaut mieux se retirer qu’insulter quelqu’un, même si celui-ci se révèle fautif. Si nous éclaboussons l’autre, nous salissons notre bouche puisque nous devons d’abord la remplir de colère, de sang, de venin. Dès lors, nous cessons d’être belle.  » (P. 91)
  • « Ses mains s’étaient affaiblies, mais elles exprimaient encore tant de douceur, peut être parce que ses doigts noueux avaient écrit des centaines de lettres sans jamais se décourager de l’absence de réponse » (P. 95)
  • « Mon mari et moi n’avions pas adopté les baisers que les couples se donnent en guise de salutation ou de préliminaires. Nous demeurions pudiques même après les deux enfants, même après vingt ans de mariage. La langue nous contraignait probablement à cette retenue. Nous parlions des choses en évitant de les nommer. Il suffisait de dire « être proche » pour comprendre qu’il y a avait eu relation sexuelle. Il suffisait que mon mari se tourne vers moi pour que je comprenne mon devoir d’épouse. Il suffisait qu’il soit heureux pour que nous le soyons tous. Nous étions un couple sans histoire ni disputes » (P. 102)
  • En chinois :  » le caractère du mot « aimer » englobe trois idéogrammes : une main, un cœur et un pied, parce que l’on doit exprimer son amour en tenant son cœur dans ses mains et marcher jusqu’à la personne qu’on aime pour le lui tendre » (P. 115)
  • « Moi je possédais l’éternité parce que le temps est infini quand on n’attend rien » (P.137)
  • « Maman me répétait souvent que, en cas de conflit, il vaut mieux se retirer qu’insulter quelqu’un, même si celui-ci se révèle fautif. Si nous éclaboussons l’autre, nous salissons notre bouche puisque nous devons d’abord la remplir de colère, de sang, de venin. Dès lors, nous cessons d’être belle. »

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