« Le gang des rêves » – Luca Di Fulvio

le-gang-des-revesSa mère a tout fait pour que sa fille Cetta, jeune ouvrière agricole italienne de 15 ans, ne soit pas violée, comme elle, par son patron…mais Cetta croisera dans un champ un homme plus boiteux qu’elle, et accouchera d’un beau garçon, Natale. Et comme beaucoup d’Italiens du début du XXème siècle elle ne trouvera son salut qu’en émigrant avec son fils aux États-Unis…
Pas d’argent….Ce n’est pas un problème pour le capitaine du bateau qui lui proposera, pardon… lui imposera la seule monnaie d’échange qu’une femme sans ressource peut donner…Monnaie d’échange parfaitement reconnue et appréciée dans les bas-fonds de New-York aussi, et qui lui permet de trouver de quoi faire vivre ce fils qu’elle adore. 
Je ne vous en dis pas plus.

Et j’ai bien peur qu’une fois ce livre ouvert, vous ne puissiez plus le refermer, malgré ses 700 pages. 
Roman noir me direz-vous, pas du tout…
Roman de l’immigration, des quartiers pauvres, de la débrouille. Natale, rebaptisé Christmas par les services de l’immigration devient un gamin de la rue, qui s’élève seul ou presque pendant que maman « travaille » . Avec un prénom de « nègre », et une mère prostituée il doit se faire respecter, et son imagination, sa débrouillardise lui permettront de survivre, d’être écouté, respecté.
Hâbleur, à l’affût de tout il fera son chemin, il profitera de chaque hasard de la vie, de chaque  rencontre, « Le hasard, c’est un coup ce pied dans le cul que la vie te donne pour te faire avancer. Le hasard, dans le monde des adultes, c’est une possibilité qu’il ne faut pas gâcher. »
Un chemin dont il sera le héros, le personnage principal du livre, un chemin qui lui permettra de croiser la vie d’une gamine et d’une famille riche, des petites frappes et des grands mafieux, qui vous transportera des bas-fonds de New-York, au luxe de Los Angeles, des quartiers sordides aux villas luxueuses, de la pauvreté à la gloire, de la « Ford T » aux « Cadillac huit cylindres »…vous croiserez ces vedettes des films muets, des riches, des pauvres…Toute la diversité américaine, le rêve américain avec son coté fleur bleue parfois.
L’auteur, Luca Di Fulvio est un homme de théâtre  habitué à la mise en scène…… Il nous propose avec le Gang des rêves le scénario d’un film, ayant pour thème l’immigration aux États Unis, la débrouille qui permet d’en sortir, l’intégration de ces émigrés et va même jusqu’à écrire le script du film, en nous proposant chacune des séquences, leur enchaînement chronologique, en insistant sur les lumières, les décors, les dialogues, les costumes. Il y a les bons, les brutes, le salaud, les tueurs, les filles, la violence, le fric, le sexe…Ces films sans « prise de tête » dont on sort heureux d’avoir passé un bon moment, en disant, « je n’ai pas vu passer le temps »
Le lecteur est au cinéma, Il se laisse emporter, il se laisse prendre par la main, scène après scène

Si vous avez envie de passer un bon week-end, en boule, sur le fauteuil, devant la cheminée, alors que l’hiver est là dehors, laisser vous prendre par la main, même si la fin… 


Qui est Luca Di Fulvio


 Quelques extraits
  • « Elle se raconta l’histoire d’une petite fille de quinze ans qui s’enfuyait de chez elle, toute seule, avec son petit bâtard pour aller rejoindre le royaume des fées. » (P.26)
  • « Un garçon avec un nom de nègre, qui ne savait pas trop qui il était. » (P.37)
  • « -Comment s’appelle le pays des juifs?
    – Les juifs n’ont pas de pays à eux.
    – Et alors comment on fait pour être juif ?
    – C’est une question de descendance. Nous conservons notre sang. C’est lui qui nous distingue des autres. » (P. 159)
  • « L’Amérique ne donne rien [….]. Ce qu’elle promet, tu l’obtient pas par le travail, comme on nous le raconte :tu dois le prendre par la force, même si tu y perd ton âme. L’important c’est d’arriver et pas comment tu y arrives. Seuls les couillons discutent de comment on y arrive. » (P 224)
  • « Tu sais ce que c’est l’amour ? C’est réussir à voir ce que personne d’autre ne peut voir. Et laisser voir ce que tu ne voudrais faire voir à personne. » (P. 301)
  • « Pour les blancs, les noirs étaient tous pareils. Comme un connard de chien sur le trottoir, qui ressemblait aux millions de connards de chiens sur tous les trottoirs de New-York. » (P. 380)
     

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s