« L’arracheuse de dents » – Franz-Olivier Giesbert

larracheuse-de-dentsJe connaissais F.O.G chroniqueur politique, souvent hâbleur et beau parleur, je ne connaissais pas F.O.G écrivain.Hasard des mises en avant de l’actualité littéraire dans la médiathèque que je fréquente…je tombe sur ce livre, lecture en diagonale de la quatrième de couverture…pourquoi pas.
L’auteur, professeur aux Etats-Unis retrouve par hasard dans une vielle maison qu’il habite, le manuscrit des mémoire d’une femme, qui habita là autrefois….une femme Lucile Bradsock qui vécut mille vies et autant d’amours

Je ferme ce livre avec une impression mitigée. L’impression tout d’abord que l’auteur a souhaité écrire une farce, en mettant en scène une femme amoureuse du sexe et du crime, croisant pas hasard les grands personnages du XVIII ème au du XIX ème siècle, les faisant parfois succomber à ses charmes, les soignant pour leurs maux de dents, et participant à tous les grands événements  de la Révolution Française en passant par les guerres de Vendée, la traite des noirs, l’extermination des indiens d’Amérique, Waterloo et j’en passe. Et cette farce amusante au début devient de plus en plus lourde et assez lassante au fil des pages, si on ne s’arrête qu’à cet aspect du livre. 
Dentiste, espionne, repos du guerrier, assassin, elle aura tout fait. Elle aura croisé, aidé, séduit, aimé, été séduite, soigné, tué tant de personnages qu’on se demande si la face du monde n’aurait pas été bouleversée si Lucile Bradsock n’avait pas vécu.
Mais dans cette cette farce improbable, chaque moment de la vie de Lucile nous permet d »en apprendre un peu plus sur l’Histoire, la grande histoire. Des notes de bas de page nous indiquent les sources littéraires ou historiques mises en scène par F.O.G. Heureusement. Le travail de recherche de F.O.G est important, les détails sont nombreux, et surprenant parfois. Mais on en vient quand même à s’interroger et à se demander comment distinguer la partie historique de la partie romancée.
Une grande perplexité au final malgré l’humour de F.O.G.  

J’ai été heureux de fermer ce livre que j’ai eu de la peine à achever. Je n’arrivais plus à trouver du plaisir à suivre Lucile Bradsock. Je décrochais


Quelques extraits
  • « Contrairement à la légende, la vieillesse est le plus bel âge de la vie. Dommage qu’elle se termine mal. » (P. 24)‌
  • « – Il faut le comprendre, Lucile, ce n’est pas drôle de vivre avec une cocue.- Encore moins avec un gigolo. » (P. 42)
  • « Par la suite, Sitting Bull a souvent dit qu’il ne savait pas qui a tué Custer. Une façon de reconnaître que ce n’était pas un indien. Que le historiens veuillent bien prendre note : c’est moi Lucile Bradsock qui ai tué le boucher des Black Hills. Je l’ai fait avec fierté et préméditation, je le jure sur la tête de mon fils unique qui est fâché avec moi. » (P. 60)
  • « Les guerres entre les Blancs et les Indiens ont fait dix neuf mille morts chez les premiers et trente mille chez les seconds. Des chiffres qui ne veulent rien dire, si l’on ignore que la population indienne est tombée de dix millions de personnes, lors de la conquête de l’Amérique à deux doigts cent cinquante mille à la fin du XIXème siècle, au moment où j’écris ce chapitre. Si les mots ont un sens ça s’appelle une extermination. »(P. 66)
  • « Les hommes quittent volontiers les femmes mais ils ne supportent pas que celles-ci les quittent. Apres ils veulent toujours les reprendre. C’est une règle non écrite : le mâle décide, la femelle suit. A moins qu’elle menace de prendre la tangente, transformant alors l’homme en caniche. » (P. 173)
  • « Vous n’avez qu’une vie. S’il y a des gens qui ont décidé de vous la gâcher, résistez-leur, n’espérez pas que ça s’arrangera un jour, n’attendez pas la prochaine vie pour vous rattraper, car il n’y en aura pas. Dieu est très économe, ne l’oubliez pas : il nous a donné une seule assiette et il ne repasse jamais les plats. » (P. 182)
  • « L’expérience m’a appris qu’en besognant leur femme, les hommes pensent souvent à autre chose. Il y a ceux qui pensent à la gloire, à leurs affaires, à leur épouse qui les attend ou au fricot qu’ils vont manger le soir. » (P. 186)
  • « Quand le Mal et le Bien se battent, ils ne sont jamais à égalité. Le premier a la haine. L’autre n’a que son bon droit. » (P. 192)
  • « Il ne faut jamais épouser de femme jalouse. Elles sont si infernales qu’on ne peut pas s’empêcher de les faire cocues. » (P. 266)
  • « Le cynisme est le commencement de la sagesse. Dans l’Histoire, il a toujours fait moins de morts que les opinions arrêtées » 

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