« Comedia infantil » – Henning Mankell

ixComedia infantilJosé Antonio Maria Vaz, boulanger est assis sur le toit d’un théâtre aux cotés d’un enfant qui vient de mourir. Il l’a trouvé sur la scène du théâtre  Ils ont passé ensemble ces neufs nuits d’agonie, neufs nuits fantastiques, neuf nuits au cours desquelles Nelio le gamin racontera sa vie à son sauveur…
Une mise en scène qui donne un petit air de conte à « Comedia infantil »…
Nelio est l’un de ces nombreux gamins africains, orphelin, car des hommes armés ont détruit son village et tué sa famille, sa mère a été enlevée et violée, et il a été recruté pour devenir l’un de ses enfants soldats. Ces enfants qui tuent sans état d’âme…Il a vécu dans des trous sordides avec d’autres gamins, orphelins comme lui.
Mais Nelio a une âme, une âme pure qui lui donne une conscience et une sagesse, presque cette sagesse des vieillards africains.
Une sagesse et une philosophie de vie qui lui permettront d’échapper à cette condition de tueur.

Au cours de chacune des nuits d’agonie, le gamin de dix ans racontera à son sauveur sa vie d’enfant africain, une vie de drames, de violence et de poésie parfois. Une courte vie de courage au cours de laquelle il aura eu à affronter mille périls pour espérer survivre.
Un conte pas du tout larmoyant, mais plein d’espoir et de poésie au contraire, par lequel Mankell décrit cette Afrique malheureusement gangrenée par la violence, la colonisation, la barbarie, les guérillas. Une Afrique sujette à des superstitions ancestrales qui n’arrive pas à surmonter la pauvreté et la misère.
J’avais aimé Mankell auteur de romans policiers, il nous dévoile une autre partie de son talent.

Un talent d’humaniste philosophe.


Qui est  Henning Mankell


Quelques lignes
  • ‌ »Avoir peur c’est souffrir d’une faim impossible à assouvir, alors que s’inquiéter c’est offrir de la résistance à l’inquiétude. » (P. 11)
  • « Les blancs n’ont jamais compris l’importance des esprits dans la vie d’un être humain. ils n’ont jamais compris la nécessité de maintenir de bonnes relations avec les âmes de nos ancêtres. Ils n’ont jamais compris que la vie d’un homme est une lutte incessante pour parvenir à garder les esprits de bonne humeur. D’ailleurs, c’est probablement la raison pour laquelle les Blancs ont fini par perdre la guerre et ont été obligés de quitter notre pays. » (P. 46)
  • « Pour quelle raison la barbarie porte-t-elle toujours un visage humain. » (P. 72)
  • « Celui qui marche vers un endroit précis peut difficilement faire route avec celui qui ne va nulle part. […..] Un sentier dont on a rêvé et qui vous conduit au bon endroit ne peut pas être proche. Ce qui est important est toujours difficile à trouver » (P. 75)
  • « Quand Dieu a créé la mer […], il a fait preuve d’une grande sagesse. Pour éviter que les hommes ne boivent toute son eau bleue, il l’a salée. » (P. 81) 
  • « Dans la vie, il n’y a que deux chemins à suivre […]. Celui de la folie qui te mène droit à ta perte. C’est le chemin que l’on prend quand on agit à l’encontre de ses convictions. C’est l’autre qu’il faut choisir. Celui qui mène vers le bon endroit. » (P. 86)
  • « L’idée lui vint que ceux qui sont chassés de chez eux par une guerre, une épidémie ou une catastrophe naturelle ont une deuxième maison qui les attend quelque part. Pour la découvrir, il suffit de marcher jusqu’à l’épuisement. Et c’est là, à l’endroit où l’extrême fatigue se transforme en un étau enserrant les derniers sursauts de volonté, que se trouve cette maison dont on ignorait jusque-là l’existence. » (P. 90)
  • « Ce n’est pas facile de mourir. C’est la seule chose que personne ne peut nous apprendre. » (P. 189)
  • « Finalement, l’unique chose que la vie nous offre gratuitement, à nous les pauvres, aux gens comme Nelio et moi, c’est la mort. Nous sommes forcés de consommer la vie à l’état brut. Et après….il n’y a plus que la mort qui nous attend. » (P. 221)
  • « Mon père qui était un homme sage, m’a appris à me tourner vers les étoiles quand la vie est trop difficile. Tout ce qui paraît insurmontable devient alors petit et simple. » (P. 224)

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