« Cristallisation secrète » – Yôko Ogawa

Cristallisation secrèteCe roman fantastique a pour cadre une île du Japon, une île isolée du reste du monde : le ferry ne fonctionne plus. Des objets disparaissent brusquement de cette île et de la mémoire des habitants : les parfums, les oiseaux et tous les documents relatifs aux oiseaux, les roses, les graines, les livres brûles en autodafés…. On ne sait pas pourquoi ces disparitions arrivent, qui les décide…chaque disparation s’accompagne d’un trou dans les cœurs. Tous acceptent ces états de faits, sauf quelques irréductibles qui se cachent et qui conservent secrètement les objets disparus, interdits, et qui surtout conservent la mémoire de ces objets ou êtres vivants disparus.

Des « Traqueurs de mémoires » sévissent, font des descentes à toute heure du jour et de la nuit, sinistres avec leurs bottes et leurs grands manteaux toujours neufs et propres, leurs voitures puissantes…. tout le contraire du peuple. Quand ils trouvent quelqu’un qui conserve la mémoire ou un objet disparu, celui-ci disparaît, ainsi que sa famille.  Ils partent de nuit en camion…. Nul ne sait où. Certains, dont la narratrice,  acceptent avec de grands risques de cacher ces résistants à l’effacement des mémoires.
Une île et un régime dans lesquels l’homme y perd finalement sa qualité d’homme, devient une chose sans ressemblance physique avec l’homme.
On comprend le message de Yoko Ogawa, cette dénonciation des totalitarismes, la déshumanisation de ces régimes, cet effacement voulu du passé.
Ce roman fantastique, allégorique, est séduisant au début , puis progressivement, cette fable devient de plus en plus grosse, malgré la poésie des situations et des descriptions, et perd à mes yeux un peu de son intérêt, du fait de la nature des disparitions, mais aussi de longueurs dans le récit.
Sans doute aussi peut être parce que « j’accroche » moins à cette littérature, ainsi qu’au cinéma fantastique
Un livre à lire malgré tout. 

Présentation de Yôko Ogawa


Quelques lignes
  • « C’est triste de voir les nourritures disparaître, quelles qu’elles soient. Autrefois, le camion ambulant débordait de choses à manger, alors que maintenant il était plein de cavités » (P.59)
  • « Sur cette île il y a une proportion beaucoup plus grande de choses qui disparaissent que de choses nouvelles qui arrivent » (P.67)
  • « Ceux qui brûlent les livres finissent par brûler les hommes » ( P.231)

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