« La transmission » – Eugène ÉBODÉ

« On harcelait l’armée des colons. Ils avaient les moyens, et nous, nous avions le temps. Ils redoutaient la mort ; nous, nous y allions sans nous poser de questions. »

Le vieil homme du Pays des Crevettes se confie à son fils…..il lui parle des différentes armées d’occupation qui les ont privés de leur liberté, l’armée allemande, puis les Français et les Anglais.

Il sait que la mort va venir et souhaite, dans ses derniers moments, que son fils s’acquitte d’une veille dette …il n’a jamais payé la dot de son épouse et qu’il paye donc pour lui la dot due à ses beaux parents.

Le fils accepte, afin que cette honte ne retombe pas sur ses épaules…Ah! la tradition !

Son père était Karl Kiribanga Ébodé, il était infirmier et appartenait au maquis de New-Bell lié au mouvement d’insurrection nationale. Là, il était Docta…un surnom qui lui avait donné parce qu’il était infirmier.

D’autres l’avaient surnommé le Patrouillard, parce qu’il prenait souvent beaucoup de risques. Il va même jusqu’à lui faire des confidences peu glorieuses…Le règlement de cette dot le met face au passé de son père, de ses luttes pour l’indépendance….toute cette part d’histoire du Cameroun constitue la partie  intéressante du roman.

Cependant je l’ai trouvé assez brouillon et peu clair, bien moins passionnant que les autres titres de l’auteur que j’ai eu l’occasion de lire.  Du fait de problèmes personnels, je n’étais peut-être pas dans les meilleurs dispositions possibles pour lire ce titre…..il faudrait peut-être que je le relise….

Cette lecture présente cependant bien des intérêts, un dépaysement d’une part et d’autre part la possibilité de découvrir d’autres cultures, et d’appendre une partie du passé du Cameroun …de connaître une partie des racines de l’auteur.

Alors pourquoi « Cameroun »….le pays des crevettes…?

Parce que Cameroun vient du portugais Camerões qui signifie crevette. En effet, Fernando Po marin portugais accosta en 1472 sur les rives du Wouri , et s’étonna de la présence de nombreuses crevettes qui s’y trouvaient. Il baptisa l’endroit Rio dos Camerões…..« fleuve de crevettes ».

Ce qui avec le temps deviendra Cameroun….

« Je te recommande de ne jamais désirer que ce qui te rend libre. »


Lien vers la présentation d’Eugène ÉBODÉ


Quelques lignes

  • « Si par malheur la mort les emportait, le règlement de la dot devenait impossible. Il ne me resterait plus qu’à subir, toute une vie durant, les reproches et les accablements que le fantôme de mon père m’infligerait. Tout me pressait dès lors à agir vite. » (P. 30)
  • « Mon père était arrivé à Douala au moment où la bataille faisait rage entre partisans et adversaires de l’indépendance. La puissance coloniale s’accrochait à son pouvoir tandis que les anciens tirailleurs nègres, revenus de la Seconde Guerre mondiale, revendiquaient plus de considération. » (P. 83)
  • « Les Ébodé ne sont pas difficiles à diriger. Il faut leur indiquer les tâches à accomplir, les rudoyer souvent pour qu’ils ne cèdent pas à leur indiscipline et ils se rueront toujours au travail. La nature les a dotés d’une force de buffle. » (P. 93)
  • « Durant cette période de mise à distance de mon désir d’écriture, je compris aussi combien les mots pouvaient devenir traîtres. Ils vous échappent, vous torturent, se prêtent à de multiples interprétations et combinaisons. Leur utilisation doit être précise, mais y parvenir n’est guère aisé tant l’univers auquel ils renvoient se révèle aussi ondoyant et fuyant qu’un mirage. » (P. 141-2)
  • « — Je crois rêver, il dit qu’il y a trop de foutoir dans les commissariats, trop de bastonnades, trop de je-m’en-foutisme et trop de gardes à vue arbitraires. Mais c’est un gauchiste ou quoi, ce mec-là ? Les conditions d’hygiène dans les cellules seraient horribles ! On ne devrait plus tirer dans le dos d’un malfaiteur, etc. Mais c’est un con, celui-là !… ». » (P. 180)
  • “L’Occident, disait-il, ne doit se préoccuper que de commerce dans son rapport à l’Afrique. Sans états d’âme. Des esclaves aux trains de bois, du pétrole aux minerais, des tirailleurs aux ouvriers, du trafic d’organes humains aux vaccins contre les pandémies, voilà tout ce qu’il y a à entreprendre avec l’Afrique. Le reste est du chewing-gum.”(P. 218) 

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