« Un ami si dévoué » – Catherine Monroy

« Remarque passer de loser à serial killer, c’est une putain de promotion en tout cas ! Tuer, c’est la première fois qui coûte, après, c’est comme le serial killer….C’est la routine. » (P. 51)

Après bien des années de galère, Tom vient enfin de trouver un travail de DRH dans une entreprise de fabrication de drones…un beau job qui devrait lui permettre de briller un peu auprès des amis et amies de la famille que le couple a invités pour quelques jours dans les Cévennes…ils doivent de plus leur annoncer que Marianne, épouse de Tom attend un enfant…à 40 ans.

Enfin la galère leur tourne le dos !

Tous leurs copains sont plus épanouis qu’eux… plus aisés aussi . Ce sont JR -Jean-Robert, ami de Tom depuis la fac, ancien HEC, il est celui qui a réussit et qui a une belle situation, Karen quant à elle va d’amant en amant, un peu comme Charlotte, Julie quant à elle est plus coincé et pense parfois à en finir avec la vie. Puis il y a Ben, ami de Tom depuis toujours et enfin Fred, médecin qui fut, un temps, amant de Marianne.

Tout devrait bien se passer mais…Oui ce week-end est source de tensions, de jalousies aussi…et de disparitions.

Tout n’est pas si simple que ça, d’autant plus qu’un serial-killer sévi dans les environs…la gendarmerie est sur les dents. Le contexte est alléchant et prometteur…On reconnait là, dans la construction du texte, les compétences de scénariste pour la télévision de l’auteure, les chapitres relativement courts se succèdent en développant de nouveaux points de vue, en mettant en scène le passé ou les caractères de certains des personnages, qu’on abandonnera pendant plusieurs pages pour les retrouver plus tard… des chapitres pour découvrir des relations nouvelles ou anciennes entre les uns et les autres…bref, les soirées ou après-midi du feuilleton se succèdent, et comme le spectateur, le lecteur ne doit pas en rater une pour ne pas être perdu…d’autant plus que certaines scènes ou actions sont un peu (voire pas mal) tirées par les cheveux…à mon goût !

Alors on retrouve toutes les ficelles, souvent un peu grosses de certains feuilletons qui font les après-midi  ou débuts de soirées de certaines chaînes…un coté « bling-bling » qui impose au scénario des Porsche, Audi, ou Lexus, des montres Rolex, des polos Ralph Lauren, des coucheries, des trahisons, du sang, des rancœurs, des disparitions, des cadavres, des gendarmes…

J’entends parfois certains de ces clichés, toujours les mêmes, ces conversations sans toujours beaucoup de relief, ni trop de profondeur, alors que dans mon coin j’essaye de lire ….j’en suis parfois perturbé…je le fus aussi à cette lecture qui m’a beaucoup trop rappelé ces feuilletons, mêlant bon et moins bon, ces situations parfois un peu trop tirées par les cheveux et un tantinet irréalistes…à mon goût.

Bref, le départ était prometteur…mon engagement de lire ce livre proposé dans le cadre d’une opération Masse critique, a été scrupuleusement respecté…mais ce n’était pas tout à fait le genre de livre qui convient à mon caractère, à ma réserve, à ma solitude de lecteur, aux faits de société ou à caractère historique qui me passionnent…

D’autres apprécieront bien plus, j’en suis certain.

Aussi ce livre va partir vers une nouvelle vie, vers de nouvelles rencontres dans une boite à livres ou va être donné à une médiathèque…il donnera sans aucun doute du bonheur à d’autres lecteurs ou lectrices.

C’est l’essentiel !

Merci à Babelio et aux Éditions Larousse

Éditeur : Larousse romans – 2021 – 359 pages


Lien vers la présentation de Catherine Monroy


Quelques lignes

  • « T’auras pas le choix, tuer ou être tué…il faut choisir » (P. 51)
  • « L’essentiel était que j’avais gagné mon pari. Fred allait disparaître de ma vie, c’était acquis. » (P. 87)
  • « En donnant la vie à ce bébé qui est là dans mon ventre, poursuivit-elle d’une voix caverneuse, je sais que je vais donner la vie à quelqu’un qui va mourir un jour…C’est horrible de penser que quelqu’un va mourir parce que je vais lui donner la vie. » (P. 250)
  • « …des billets pliés soigneusement en six comme le font les pauvres… » (P. 255)
  • « Je sais maintenant qu’un ami, c’est le monstre que l’on apprivoise chez l’autre, une créature débarrassée de ces oripeaux, qui se montre dans son effrayante nudité, que l’on persiste à aimer et à qui l’on pardonne tout. Ses névroses, ses défauts, son mauvais goût, sa connerie, ses trahisons, parce que c’est lui, parce que c’est vous, comme dirait l’autre. Et en retour, il y a une forme de  servitude volontaire, une forme de masochisme consenti à accepter le regard cru et parfois cruel que l’autre porte sur soi. » (P. 354)

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