« Ne dis rien à papa » – François-Xavier Dillard

« Tous morts, les os réduits en petits morceaux. Ils ont tous fait leurs études ensemble, jusqu’à leur internat. »

D’habitude en cas d’épidémie, on a l’habitude de dire que les malades tombent comme des mouches. Très vite vous découvrirez que là, ce sont les médecins qui avalent leur extrait de naissance…oh pas de façon naturelle, ce serait trop simple surtout par les temps qui courent…

Toujours de façon violente, très violente. Dérangeante !

Hasard ? Sans doute non, puisque tous ont fait leurs études dans la fac parisienne Denis Diderot.

Leur meurtrier n’y va pas avec le dos de la cuillère…tortures variées et sadiques, éviscérations, membres brisés…C’est parfois assez pénible…pour le lecteur, mais François-Xavier Dillard sait vous prendre par la main, vous balader avec ses plus de soixante courts chapitres..

…..vous balader, vous faire douter de vos suppositions et vous perdre parfois: « qui c’est celui-la?, quel rapport avec les autres ? »

On s’y fait, on se prend au jeu, on se promène violemment d’un continent à l’autre, d’un personnage à l’autre, d’un taré à un autre, d’une mort à l’autre…un puzzle. Dérangeant et/ou à la limite du possible parfois…également…par certaines situations et par le côté surhomme de certains personnages, par certaines familles.

Un puzzle qui prend forme, mais il faut attendre les derniers chapitres pour tout assembler, pour se rendre compte que le montage que nous envisagions n’est pas tout à fait le bon.

Ce n’est sans doute pas le genre de livre qui convient à mon coté calme, affectionnant les voyages dans des mondes méconnus.

Mais bon, une fois de temps en temps !

Éditeur : Belfond (Pocket) – 2018 – 313 pages


Lien vers la présentation de François-Xavier Dillard


Quelques lignes

  • « Il a dû apprendre à une de ses patientes que, pour elle, seule l’adoption serait la solution pour être enfin mère. C’est toujours un diagnostic difficile, compliqué. Faire le deuil de la maternité est une épreuve dont il mesure la dureté chaque fois qu’il doit l’annoncer. Il voit les yeux de ces femmes, la vague de tristesse qui balaie leurs traits et les fait vieillir en un instant. Il a si peu d’arguments pour atténuer leur chagrin. » (P. 97)
  • « Elle lit les premiers mots et elle a l’impression que son cœur va exploser. Elle ne veut pas croire ce qu’elle est en train de lire, mais les mots sont là, malhabiles et cruels. Elle se lève d’un bond, renversant la chaise de métal, qui s’abat sur le sol dans un bruit de tonnerre. Puis, s’emparant de la lettre, elle se met à courir vers le salon, la déchire et jette les petits morceaux de papier dans la cheminée. Elle vide la bouteille d’allume-feu et gratte une allumette qui s’éteint aussitôt. La deuxième provoque ce qu’elle souhaite, une boule de feu qui carbonise en quelques instants l’enveloppe et son contenu. Les yeux vides, suffocante, elle voit les cendres rougeoyantes qui finissent de se consumer dans l’âtre. Elle scrute les volutes de fumée qui s’élèvent vers le conduit de la cheminée et disparaissent peu à peu comme des fantômes apeurés. Elle pose ses mains sur ses yeux avec l’énergie du désespoir, jusqu’à se faire mal. Elle essaie de toutes ses forces, avec tout ce qui lui reste de volonté, de retenir ses cris, quand soudain de violents soubresauts commencent à l’agiter. Des plaintes déchirantes s’échappent bientôt du fond de sa gorge, du fond de son cœur.  » (P. 134)
  • « Professeur Jacques Jakubovitch, docteur François Hans, professeur Ivan Tardi… Tous morts, les os réduits en petits morceaux. Ils ont tous fait leurs études ensemble, jusqu’à leur internat. Et tous à l’université de Paris-VII, entre 1984 et 1991 ! Enfin, notre cher disparu, le professeur Marc Beaufils, pas encore mort, peut-être, mais sûrement mal en point, fait partie de la petite bande… » (P. 177)

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