Gérard Mordillat

« …j’ai pensé que seul un très petit nombre de livres méritait que l’on s’y plonge jusqu’à s’y perdre ou s’y trouver. A la réflexion, je crois que cela vaut pour tous les livres. Parce que le livre en soi n’est rien, il n’est que le support du mot. Et, que ce soit un roman de gare, un traité de géographie ou Le Capital, la vérité de ce que nous sommes peut sortir de n’importe quel mot lu dans n’importe quel livre. » (La brigade du rire – P. 349)

« La brigade du rire » – Gérard Mordillat

La brigade du rireIls étaient six copains, copains depuis le lycée, copains depuis qu’ils ont gagné ensemble un match de handball, ce qui leur valut quelques honneurs dans la presse. Bob, l’un d’eux les a quittés, en tombant d’une falaise, ou plutôt en se jetant d’une falaise. Il est toujours présent dans leurs mémoires. 
Kol, quant à lui était salarié dans une imprimerie, qui vient de fermer. Syndicaliste et porte parole des grévistes qui voulaient sauver leur emploi, il a été licencié. Un journaliste, Pierre Ramut, écrivant dans le journal « Demain le jour » et auteur de « La France debout »  s’est emparé de cette affaire de fermeture d’usine. Oh, non pas pour sauver cette affaire et aider les grévistes, mais au contraire pour l’enfoncer. Ce type qui porte nœud papillon et montre à 50 000 € prêche chaque semaine dans ses éditoriaux  la baisse du coût du travail, défend l’accroissement de la durée du travail, et a été plus ou moins responsable de la mort de Bob…

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« Mille soleils splendides » – Khaled Hosseini

mille-soleils-splendidesAh ! Si j’étais un fondamentaliste religieux convaincu, qu’est-ce que j’aimerais clouer au pilori ce mécréant de Khaled Hosseini qui met deux femmes afghanes à l’honneur ! Mais je ne suis qu’un vieux lecteur aimant les femmes, adorateur de leurs beautés (physique et morale), adorateur de la liberté, adorateur des droits de l’Homme et donc de celui des femmes, et pas uniquement des droits de l’homme….alors je vais dire tout le bonheur que j’ai eu avec cette lecture de « Mille soleils splendides ». 
Il a bien des années Khaled Hosseini m’avait régalé avec les Cerfs volants de Kaboul – qu’il faut que je relise. Il renouvelle ce bonheur de lecture avec Mariam, une gamine afghane de 14 ans que son père Jalil a eu avec Nana hors mariage.

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Khaled Hosseini

Khaled Hosseini.jpgAuteur et médecin américain né à  Kaboul, (Afghanistan) en 1965

Il a passé son enfance en Iran, puis à Paris, déménageant au gré des affectations de son père fixées par le ministère afghan des Affaires étrangères. 

En 1980, alors que l’Afghanistan est occupé par l’armée soviétique, les Hosseini obtiennent le droit d’asile aux États-Unis 

A été nommé ambassadeur par l’agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), en 2006

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« Ebène – Aventures africaines » – Ryszard Kapuściński

Ebène - Aventures africainesRyszard Kapuściński a arpenté l’Afrique noire de long en large, des années 50 aux années 70, en qualité de journaliste correspondant d’une agence de presse polonaise… Il n’a fréquenté ni les Hilton ni les palaces africains, il n’a jamais voyagé en classes affaires dans des avions luxueux. Peut-être que les moyens mis à sa disposition ne le lui permettaient pas, mais surtout, je crois, il voulait être au plus près des Africains, connaître et partager leurs conditions de vie, leurs misères, leurs difficultés, afin de proposer à ses lecteurs des reportages sincères et vrais. Alors il dormait dans des masures, sous la tente, voyageait dans des autocars surpeuplés, non climatisés, bien sûr, et patientait sous le soleil, en plein désert, dans l’attente que le chauffeur répare pour la énième fois son vieux camion déglingué. Etre humble et vivre comme eux était indéniablement le meilleur moyen pour lui de se faire accepter des Africains, de recueillir leurs mots, de connaître leurs maux.

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Ryszard Kapuściński

Ryszard KapuścińskiHistorien,  journaliste  reporter,  publiciste et photographe polonais né à Pinsk (Pologne) en mars 1932 et décédé en janvier 2007 à Varsovie

Il est célèbre pour ses reportages réalisés au cœur de l’Afrique et de ses populations, ses analyses sur le régime du Shah d’Iran, ses descriptions de l’Europe communiste, et une biographie du Négus.

(Plus sur Babelio)
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« Cris » -Laurent Gaudé

crisL’année du centenaire de la Guerre de 14-18 se termine….Quelques célébrations, et puis, on passe à autre chose. Oubliés ce passé, cette émotion !
L’actualité nous pousse…..on ne va pas ressasser en permanence ces horreurs. La veste bleue horizon n’est plus à la mode, elle est depuis remplacée par des gilets aux couleurs jaunes … un jaune cocu, je le crains. 
Hasard de la vie…je lisais ce premier livre écrit par Laurent Gaudé, alors que les Champs Elysées étaient mis à sac, qu’était vandalisé l’Arc de Triomphe, sous lequel repose un soldat inconnu mort au cours de l’une de ces batailles que Gaudé met en scène dans « Cris ».
Hasard qui donna encore plus de poids, encore plus d’émotions à ma lecture, encore plus de tristesse et d’indignation devant notre monde…Cette lecture de Cris faisant passer pour bien vains, pour bien mièvres et bien futiles les combats, les violences, les cris de notre XXIème siècle. 

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« Leurs enfants après eux » – Nicolas Mathieu

Leurs enfants après euxHeillange en Lorraine…. vous connaissez ? Non ? Alors cherchez Hayange….!
Certainement pas le coin où l’on réserve une coquette maison pour y passer des vacances.
Avant il y avait les aciéries, le bruit, la fumée des hauts fourneaux, jour et nuit, y compris les jours de fête. 
Il y a toujours « les cités » comme on les appelle, ces rues faites de maisons toutes identiques, des rues de maisons de 4 pièces, d’autres de maisons de 5 pièces, toutes avec le jardin derrière. Et le quartier des maisons beaucoup plus cossues, celles des contremaîtres, des cadres, des directeurs. Ce pays est dorénavant boudé par le travail et par les entreprises, depuis que les aciéries et les entreprises liées à celles-ci ont fermé les unes après les autres.
Les seules distractions pour les jeunes sont les courses en scooter, les bords des étangs nés dans les gravières, la fumette. Pas de boulot, pas d’avenir ! Il faut y être né pour y vivre….

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