« Mon traitre » – Sorj Chalandon

Mon traitreAprès avoir dévoré  « Retour à Killybegs, j’ai souhaité lire dans la foulée « Mon traître ».
Lui aussi je l’ai dévoré. Oui, on retrouve les mêmes personnages, les mêmes situations,mais le plaisir reste identique.
Dans « Retour à  Killybegs », le narrateur est le traître qui nous présente le coté « politique » de sa trahison, son cheminement au sein de l’IRA, sa trahison,, la manipulation qui l’a poussé à trahir, sa
vie de combattant, ses amitiés. 
« Mon traître », est un livre sur l’amitié, l’amitié qui se crée entre le petit français luthier parisien qu’on a connu dans « Retour à  Killybegs » et le traitre Tyrone Meehan vétéran de l’IRA « vétéran de tous les combats, de tout ce qui fait que nous buvons un thé tranquillement, et presque en sécurité »

Un livre sur cette amitié au cœur de cette sale guerre, amitié que nous voyons se créer, amitié déçue par le coup de massue de la trahison, mais amitié qui persiste malgré cette claque. Et c’est cette amitié qui est le fil conducteur du ce roman, parallèle à « Retour à Killybegs ». Interrogations de l’ami : « Pourquoi a t’il fait ça, comment a t’il pu trahir ses amis politiques, sa familles, comment a t’il pu me trahir? » « Personne ne naît tout à fait salaud. Le salaud, c’est parfois un gars formidable qui renonce »
Chacun, ami, famille, IRA, narrateur restera sur sa faim, chacun attend les réponses que le lecteur connait en partie s’il a déjà lu « Retour à Killybegs ». 
Et c’est justement parce que ces deux livres ont une approche radicalement différente : amitié, rapports humains, pour « Mon traitre » , coté plus politique pour  « Retour à Killybegs », que le plaisir du lecteur reste identique, et qu’il me semble important de les lire tous les 2. Mais aucun ne précède l’autre chronologiquement 
Deux très beaux livres, qui auraient mérité certainement une meilleure reconnaissance que celle qui a été décernée par l’Académie Française à « Retour à Killybegs ». 
Quant à l’auteur, journaliste à Libé lors de l’écriture de ces deux livres, lauréat du prix Albert Londres notamment pour ses reportages sur l’Irlande, on perçoit son admiration pour ces combattants de l’IRA, son amour pour le peuple irlandais. Et il nous les fait partager.

N’était-il pas quelque part le petit luthier, celui qui fut ami avec ces combattants de l’IRA?


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Extrait
  • « Et Tyrone Meehan a parlé. Il a dit que certainement des gens ici m’avaient déjà vu. Qu’ils m’avaient croisé sans trop savoir qui j’étais. Et qu’il fallait qu’aujourd’hui ils le sachent. Voilà. Je m’appelais Antoine, j’étais français et luthier. Alors que les Britanniques lui infligeaient les tortures et la mort, moi, j’offrais à l’Irlande ses plus belles musiques. Il a dit que je fermais les yeux lorsque je jouais. Et que mon violon devenait la colère. Et que c’était ma façon d’être. Et mon combat. Et ma beauté. Et mon courage. Et ma valeur. Et que chacun devait aider l’Irlande comme il le pouvait. » (p 96) 

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