« Quand l’empereur était un dieu » – Julie Otsuka

Quand l'empereur était un dieu 7 décembre 1941, le Japon attaque les Etats Unis à Pearl Harbour.
Traumatisés par cette attaque les pouvoirs publics américains décident d’interner dans des camps les citoyens américains-japonais.
Cet internement dura jusqu’après la fin de la guerre et toucha essentiellement les citoyens de la cote Ouest
Le livre de Julie Otsuka par la voix d’un enfant de Berkeley nous conte ces 3 ans et 5 mois d’internement, la vie dans ces camps qui en rappellent d’autres, transport en train, barbelés, miradors, projecteur, faim, prisonniers abattus parce qu’il s’approchent des barbelés, séparation des familles, etc.

L’auteure, née en 1962 n’a pas connu ces camps, mais elle sait nous distiller au cours de ce roman les  différentes interdictions pesant sur ces citoyens de second ordre. Une réelle mise à l’écart de ces familles qui se soldat par une aide de 25 $ accordée à la sortie du camp, la même somme que celle qui est accordée aux prisonniers libérés. Cette mise à l’écart se poursuivit au retour de ces familles dépossédées de tout.

Une partie souvent méconnue de l’histoire de ce pays qui m’interroge : sans les médias, sans les possibilités d’informations actuelles, quelle aurait été la réaction des américains à l’égard des musulmans à la suite du second traumatisme du 11 septembre?.
150 pages qui se lisent d’un trait

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Extraits

 « Sa mère disait qu’il vous vieillissait. Le soleil. Oui, elle affirmait qu’il accélérait le vieillissement. Chaque soir, avant d’aller se coucher, elle s’enduisait la figure de crème. Elle la rationnait comme si c’était du beurre. Ou encore du sucre. C’était de la Pond’s, dont elle avait acheté un gros pot à la pharmacie la veille de leur départ de Berkeley.

– Il faut la faire durer, disait-elle – mais elle l’avait déjà presque terminée. J’aurais dû prévoir et en prendre deux.

– Ou peut-être trois, renchérit son fils.

Elle se tenait devant le miroir et suivait du doigt les rides qui lui sillonnaient le front et le cou.

– Est-ce la lumière, ou est-ce que j’ai des poches sous les yeux ? demanda-t-elle.

Elle indiqua un petit pli sur le côté de sa bouche.

– Tu vois ça ?

Il fit oui de la tête.

– Eh bien c’est nouveau. Ton père ne me reconnaîtra pas.

– Je lui dirai qui tu es.

– Explique-lui que…

Puis sa voix s’éteignit et elle se retrouva quelque part, loin d’ici, tandis qu’au-dehors, un vent chaud et sec qui soufflait du sud s’en venait balayer les hautes plaines désertiques. »

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