« Sommeil » – Haruki Murakami

SommeilUn petit côté extraordinaire pour cette nouvelle de 78 pages dont la moitié de belles illustrations 
 
Une jeune femme, épouse d’un dentiste, mère au foyer d’un enfant, s’ennuie dans sa routine journalière : lever, déjeuner, départ du conjoint qui en partant au travail accompagne le petit à l’école, préparation des repas, sieste crapuleuse parfois, courses;.. Bref  rien de bien passionnant. Jusqu’au jour où elle fait un rève étrange, à la suite duquel elle décide, parce qu’elle n’en a plus besoin aussi, de ne plus dormir.

A partir de ce moment, elle ne vit que pour ses nuits blanches, au cours desquelles elle lit, et relit Anna Karénine. Elle va nous faire vivre ses 17 nuits de lecture, de bonheur. Nuits blanches qu’elle passe sans que son mari, sans que son fils ne s’en rendent compte.

 N’est-ce pas une forme de suicide? Elle sait que l’être humain ne peut supporter plus de 3 journées sans dormir. Une forme de suicide par ennui, parce que personne ne prête attention à elle? Une forme de suicide qui lui permettra de connaitre autre chose? 
 
« Et si je mourais » Dit elle. « S’il m’arrivait de mourir à présent, qu’aurait été ma vie? Évidemment, je n’avais pas la moindre idée de ce qu’était ma vie. Et la mort alors, qu’était -ce? »
 
Un livre qui se lit d’une traite si vous avez une insomnie…

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Extraits 
  •  « Dix-sept jours et dix-sept nuits. C’est très long. je ne me rappelle même plus ce que c’est que dormir; Je fermais les yeux pour voir. Essayai de me rappeler la sensation du sommeil. Mais il n’y avait rien d’autre que les ténèbres éveillées. Les ténèbres éveillées. Cela m’évoquait la mort. Et si je mourais. S’il m’arrivait de mourir à présent, qu’aurait été ma vie? Évidemment, je n’avais pas la moindre idée de ce qu’était ma vie. Et la mort alors, qu’était -ce? »
  • « Depuis que je ne dors pas, mes souvenirs s’éloignent de moi à une vitesse croissante. C’est très étrange. Chaque nouvelle nuit qui passe, il me semble que le moi du temps où je dormais n’était pas mon véritable moi, que mes souvenirs de cette époque ne sont pas de vrais souvenirs.Les gens peuvent donc changer à ce point, me disais-je, sans que leur entourage se rende compte de rien. Je suis la seule à savoir que j’ai changé. J’ai changé. même si j’expliquais aux autres ce qui m’arrive, ils ne comprendraient pas. Ils ne me croiraient pas. Et s’ils me croyaient, de toute façon, ils ne pourraient pas comprendre ce que je ressens. ils me verraient sans doute uniquement comme quelqu’un qui menace leur petit monde de déductions.

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