« Léon l’Africain » – Amin Maalouf

Léon l'AfricainNous suivons pendant presque 40 ans Al Hassan al Wazzan devenu Léon l’Africain, 40 ans d’un moyen âge troublé par les guerres, 40 ans de lutte entre le monde chrétien et le monde musulman, 40 ans de voyages depuis Grenade où il naquit puis à Fès où sa famille se réfugia après la prise de la ville par les rois catholiques. Après des études religieuses à Fès, il devint marchand, diplomate et poursuivi ses voyages vers Tombouctou, le Caire puis Constantinople et Rome où il est offert en cadeau au pape Léon X qui l’adopte, le fait baptiser et utilisant sa grande culture, en fait un émissaire papal. Il rencontre les premiers hommes prêchant les idées de Luther et assiste aux plus belles heures de la Renaissance, en compagnie de Michel Ange, de Raphaël  et finalement au sac de la ville par les troupes de Charles Quint.

Le narrateur dit de lui « De ma bouche, tu entendras l’arabe, le turc, le castillan, le berbère, l’hébreu, le latin et l’italien vulgaire, car toutes les langues, toutes les prières m’appartiennent. Mais je n’appartiens à aucune. Je ne suis qu’à Dieu et à la terre, et c’est à eux qu’un jour prochain je reviendrai »

Riche de rencontres, ce livre dense nous fait vivre les grands conflits religieux, le passage du moyen  âge à la renaissance. Amin Maalouf a effectué un énorme travail de recherche et de vulgarisation, chacun de ses chapitres nous fait vivre une année de la vie de Léon l’Africain

Bien que destiné aux adolescents et étudié dans les collèges, j’ai pris un grand plaisir à la lecture de ce livre fouillé et précis. Amin Maalouf a écrit un grand conte dans l’esprit des Mille et une Nuits. Il est parti, semple t’il,  de la vie d’un personnage réel et nous a pris par la main afin que nous l’accompagnions pendant son périple autour du bassin méditerranéen.


Connaitre Amin Maalouf


Extraits

  • « La richesse ne se mesure pas aux choses que l’on a mais à celles dont on sait se passer » (P.61)
  • « Dans toute guerre ordre et désordre sont complices (P.151)
  • « Si la mort n’était pas inévitable, l’homme aurait perdu sa vie entière à l’éviter. Il n’aurait rien risqué, rien tenté, rien entrepris, t’en inventé, rien construit. La vie aurait été une perpétuelle convalescence. …..remercions Dieu de nous avoir donné en cadeau la mort, pour que la vie ait un sens; la nuit pour que le jour ait un sens ; le silence pour que la parole ait un sens ; la maladie pour que la santé ait un sens ; la guerre pour que la paix ait un sens, la fatigue et les peines pour que le repos et les joies aient un sens » (P.171) 
  • « Je ne te souhaite pas d’avoir de l’intelligence, car tu devras la mettre au service des puissants ; je te souhaite d’avoir de la chance pour que les gens intelligents soient à ton service » (P 218)
  • « Si quelqu’un te dit que l’avarice est fille du besoin, dis lui qu’il se trompe. Ce sont les impôts qui ont engendré l’avarice « (P.253)
  • « On demanda un jour à une bédouine lequel de ses enfants elle aimait le mieux. elle répondit: « le malade jusqu’à ce qu’il guérisse, le petit, jusqu’à ce qu’il grandisse, le voyageur, jusqu’à ce qu’il revienne » (P.280)
  • « La richesse et la puissance sont ennemies du bon jugement. Lorsque tu observes un champ de blé, ne vois tu pas que certains épis sont droits et d´autres courbés? C’est parce que les premiers sont vides ! « (P.317)

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